PRÉFACE
Ce n'est pas dans un ouvrage de la nature de celui-ci y qu'il serait possible de donner à l'examen de notre système financier tous les développemens dont est susceptible un pareil sujet. Pressé par la discussion qui s'approche , et voulant soumettre à l'attention publique quelques observations sur chacune des parties de la fortune nationale ^ avant que les Chambres aient statué définitivement sur le budget qui les rassemble , j'ai dû me borner à des idées simples , et renoncer à toute discussion étrangère ^ux détails positif de la loi financière de 182a. On chercherait donc en vain dans cette courte analyse des plan^ nouveaux , ou des couiibinaispns approfondies 3ur les changemens réclamés par notre situjitipQ. Je n'ai pu qu'indiquer les réformes a mesure que le sujet auquel elles se rattachent
semblait les indiquer lui-même. C^est ainsi qu'en parlant de la nécessité de changer complètement le mode de perception de l'impôt , je n'ai point spécifié celui que je croirais pouvoir lui être substitué avantageusement. 11 faudrait des volumes pour traiter avec toute la profondeur qu'elles réclament, des questions d'un ordre aussi important. Il faudrait surtout des connaissances qui me sont étrangères , et des recherches qui demanderaient , pour les mettre en œuvre, des publicistes plus exercés , et des financiers plus habiles. Mais quand tous les contribuables s'élèvent avec tant de raison contre l'augmentation toujours croissante des budgets y quand la possibilité de réformes en cette partie est l'évidence même , j'ai cru pouvoir indiquer d'abord celles qui ne peuvent souflBir ni contestation ni délai , et faire entrevoir dans l'avenir celles que nous devons obtenir infaillible- , ment du progrès des lumières , et de la naturç tnême du gouvernement représentatif. Quand les abus dé la fiscalité sont venus au point d'arracher
aux contribuables , dans un état de paix qu'ils n'ont plus à payer par des sacrifices extraordinaires , des sommes plus considérables qu'au milieu des guerres les plus prolongées, et par conséquent les plus dispendieuses y on rougit de ne proposer que des réductions peu proportionnées à un état de choses aussi désastreux. Mais si malgré la médiocrité des économies réclamées, iL est encore impos* sible de les obtenir , que résulterait -il, à plus forte raison, d'un scrupule plus exigeant? quels fruits pourrait-on recueillir d'une plus grande sévérité 7 Les débats qui vont s'ouvrir prouveront trop , je le crains, que loin d'être resté en deçà de la discrétion, j'en ai encore trop reculé les limites , et il se trouvera définitivement que j'aurai peu demandé pour ne rien obtenir.
If. B. Aux pages ai , a4 et a8 , la loi portant création d'annuités pous le remboarsement du i*' 5^ des reconnaissances de liquidation est mentionnée tous la date du 8 mars iii4, Ivsgst : 8 mars i8ai.