Chapitre XI. Colonies > 5,858,ooo
C'est ici le lieu de parler d'une somme de 1,200,000 applicable à des essais de culture au Sénégal. Nous n'en propos serons pas la suppression totale sans examen, parce qu'il faut craindre d'entrayer ce qui peut, à la rigueur, être utile, quoique jusqu'ici on ne nous en ait pas démontré tous les avantages: le philosople et l'ami de l'humanité , voient avant tout l'impossibilité de transplanter des Européens^ même des criminels dans ce climat brûlant, ce qui détruit toute espérance d'y coloniser les forçats, et de fermer , du moins par ce moyen , ces égouts impurs de la société. Quant aux Africains, l'abolition delà traite des noirs, de ce trafic infâme contre lequel réclamèrent trop long->temp8 en vainla morale et la religion , ne permet guères de compter sur eux pour exploiter ce pays au profit de notre patrie : s'ils sont libres, c'est pour eux seuls qu'ik voudront tous les fruits de leurs sueurs et de leurs travaux , et vous n'aves plus ni le droit ni le pouvoir de leur ravir la liberté. 11 est donc difficile au bon sens d'adopter l'idée que les essais du Sénégal puisseot jamais rendre à la France ce qu'ils lui
( loi )
auront coûté; et nous prierons le ministère/ qui s'est procuré sans doute à ce sujet des documéns positifs , de les publier ^ pour l'instruction de la nation intéressée à ces résultats. Nous le prierons aussi d'insérer à l'avenir dans son budget quelque chose de plus détaillé sur les colonisations pour lesquelles il demande dans ce chapitre une somme de ôoo^ooo : persuadés que des raisons yictorleuses répondront à notre scepticisme , nous laisserons cette somme figurer cette année au budget y en en réclamant d'avance la suppression pour l'année prochaine, si l'on trompait nos vœux par un silence prolongé , ou des renseignemens incomplets. Mais la première partie de ce chapitre, fut -elle véritablement utile , les essais de culture au Sénégal présentassent-ils des chancesplijis avantageuses que nous n'osons le supposer, toujours est il vrai que la so^me demandée à cet effet, excède la mesure prescrite-par notre situation: la réduire à moitié ne paraîtra pas sans doute une prétention trop déraisonnable : écononûe 600,000.
La crainte d'entraver le moins du monde un service qui négligé si long-temps , a besoin d'améliorations et de développemens, a du rendre très-circonspect sur les économies à proposer, et l'on reconnaîtra sans doute, que nous avons laissé à toutes les branches du service utile toute la sève qui leur est nécessaire ; nous n'avons abattu que quelques rameaux parasites, dont la chute ne peut ni altérer la vigueur de l'arbre , ni contrarier les efforts Ae son accroissement. La marine est un des services les plus négligés depuis long-temps *, il est utile , il est patriotique, en augmentant les fonds à lui consacrer, de lui préparer, au moins pour l'avenir, un surcroit de développement.
( aoa )
ftéGapilulâiion des é^^ttomies à obtenir sur le bndgirf particulier de la mariite.