‹ Du système industrielChapitre 6 sur 23 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

Dans rétat présent de la civilisation, la première capacité politique est la capacité en administration ; lè ministère le plus important est celui des finan-* ces , et le gouvernant qui acquerrait la plus grande réputation , serait celui qui produirait le meilleur projet de budget ; c*est-à-dire le projet de ce genre le plus conforme aux intérêts des cultivateurs , des négocians et des manu&cturiers.

'' Oi^ , les industriels sont de tous les Français ceux qui ont fait les meilleures études en administration.

*J Ts-IimÈêI

l>»ree ^ue kmr« tcapilAux «ont tonjmiffs en aoûriié, parQe>pi« \fi lefipittui^ qu^iU font valoir sont^ par l'effet de leur crédit ^ tripla de ceux qu'ils possèdent, de manière que les fautes qu'iU -commettent en administration se Irbuvent avoir soixante fois plus d'iacony^aieiis qw f elles dans lesquelles tombent les autres dtoyaaa qui , dans toutes les directions publiques et privées, n'ont habituellement que des revenus à gérer.

Et il résulte évidemmeot du £ait que les iaidos-

nistration :

I®. Que c'est un industriel qui doit être chargé de concevoir le projet du budget ;

2^ Que les industriels les plus éclairés doivent être chargés de discuter ce projet avant qu'il soit soumis à l'examen des chambres ; (i)

3®. Que tout citoyen employé dans ks admi-

(i) J*ai examiné , dans mon travail sur la loi des élections , la question de la capacité des industriels , et de cet examen il est résulté Téclaircissement d'un fait du plus haut degré d'importance en politique.

Ce fait est que la richesse est , en général , une preuve de capacité chez \t% industriels , même dans le cas où ils ont hérité de la fortune qu'ils possèdent; tandis que , dans les autres classes de citoyens, il est toujours vraisemblable que les plus riches sont inférieurs en capacité à ceux qui

nistrations' publiques doit avoir fait son appren* tissage dans les administrations industrielles.

Tai Thonneur d'être ,

McSSIflURS,

' Votre très humble et très

obéissant serviteur.

ont reçu une éducation égale à la leur , et qui ne jouissent que d*une fortune médiocre.

- ' Cette vérité , je le répète , jouera un rôle très importai)^ dans la politique positive.

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IIP LETTRE.

ESSIETJR

Péjà depuis long-temps les indastriels sont individuellement libres: ils sont entièrement indé* pendans des individus attachés aux autres classes de la société ; mais leur corporation porte encore le joug qui lui a été imposé d'abord par les militaires ,* ensuite par les. légistes.

Pour s'affranchir de la domination des militaires

et des légistes ( de ces hommes dont les travaux ne sont plus que d'une utilité passagère ou secondaire ) 2 la première chose que les industriels ont à faire , ainsi que je tous Tai dit dans ma dernière Lettre , c'est d'acquérir conscience claire de leurs forces, de leurs moyens et de leur capacité politique.

Celui qui se croit subalterne l'est en effet. — Celui qui se sent capable de jouer le premier rôle est le s el qui donne à ses facultés tout le développement dont elles sont susceptibles. — Si vous vous faites mouton, le loup vou» mangera.

La première chose que les industriels ont à faire, c'est de se convaincre , par quelques bonnes ré-

fissions faites le matin , la tête sur leur oreiHer, que ce sont les cultivateurs , les negocians , ainsi que les manufacturiers, quîsoot appelés, exclusivement à tous autres tîitoyen^ , à concevoir et à combiner les moyens de faire prospérer d'une manière générale la culture, le oommeroe et la Ëibrication.

C'est Tignonmce dans laquelle ib but été jusqu'à ce jour de ce fait important, qui les a empdchés jusqu'à présent de faire la démarche simple et qiiî 4eur était dictée par le setis commua, de ^irè aa Roi : < Si vous désirez sincèremetit que la culture^ que le commerce et que la fiibrieation prospèrent ^dmis vos états , le seul et unique mèyeii eovsisie à placer l'âdnrintstrattôn <le6 {^ires pobliqiies dans les mains des industriels^

• Enfin , Messieurs , la pnennère chose que ler- m^ dustriefe ont à faire , ^'est de s- appropria: TopimoQ xfail n*exisle' aMime Ibrce qui puisse s'opposer efficacement à Tadmissioa des nesures qui seront jugées convenables par les cultivateurs, paroles ^negocians et par les manufiictiiiriers , pour .frire prospérer la cuknre, iecomiDerceetlafiibrication.

En un mot, ht première chose que les ladastriels ont à faire ,est de se hioi persuader que les diffi^ cultes politiques qti'tk ouftà vainere ne sont poîiift: tau dehors , mais qu'elles existent au dedans même de leur corporatiom '• - v • ,.^

La secondé choM dont les industriels doivent s'occuper 9 c'est de se fiimiliariaer avec les oJbservatioBS suiyaales ^ parce . que ces £uts , quand ils se les seront appropriés j accroîtront en euK le senti» meiit du droit qu'ils ont de jouir du premier degré d'importance politique et sociale.

PREMIÈJRE OBSERVATION.

Messceurs,

. Vexkîeno^: politique générale de la maison de Bourbon en France, et celle des industriels, oat commencé à k. même époque.

C^est dans le onzième siècle que les ancêtres dek Boarboisi^ ont pla<^ la couronne de France sur leur tête j et c'est aussi dans le onzième siède que Taf^ iraochissenfeent des industriels est devenu «neme* aure de politique générale dans notre pa}Gs.

Un chose importante à remarquer , et qui est l'objet de cetâe première <^>servation , c'est que , depuis cette* époque juscpies et compris le cornjnencement de la révolutian actuelle , les Bourbons fit les- indastriels se sont prêté un mutod appui. '

Que leaBomliQiis comparent leur existence politique présente^ avec celle des pix5miera rois de leur djnastie , avee celle de Hugues^pet et de ses premiers descendons, qui n'étaient à l'égard des grands barons que primi ùUer pares ^

Qtie les BouiiionS' réfléchissent sur la RiaÉière dont s'est passée la lutte qui /('est engagée ètiire eux et la noblesse, lutte en résultat de laquelle^ ils sont parvenus à obtenir la totalité du pouvoir exé^ cutif et la presque totalité du pouvoir législatif qui s'exerce dans toute la France , • Et les Bourbons reconnaîtront que leurs préten* tions ont toujours été chaudement soutenues pair les industriels , et que c'est à l'appui qu'ils ont continuellement reçu d'eux qu'ils sont redevables du haut degré de puissance auquel ils sont par*venus.

La maison de Bourbon doit donc beaucoup* de reconnaissance aux industriels.

Que , de leur côté , les industriels fixent leur attention sur la position civile et politique de leurs devanciers , au commencement de la troisième race , ils seront forcés de s'avouer que leurs pères étaient dans l'esclavage.

Qu'ils descendent ensuite, par la pensée, dans les siècles qui se sont écoulés depuis cette époque , &a observant l'amélioration successive de leur existence sociale , et en remarquant les causes qui ont principalement déterminé l'accroissement de leur i/oaportance civile et politique ,

Et ils acquerront la conviction que c'est en partie à la protection continue quj leur. a été accordée par la maison de Bourbon contre les seigneurs qui

s'étaient -constitués leurs maîtres, qu'ils doirent attribuer les succès qu'ils ont obtenus.;

Ainsi les industriels doivent éprouver un sentiment de reconnaissance pour la maison de Bourbon; ils doivent lui être attachés, ils doivent lui donner des preuves: de leur attachement.

Messieurs , d'après ce qui vient d'être dit , il est parfaitement clair que les Bourbons et les industriels s^ doivent réciproquement de la reconnaissance , et qu'ils doivent par conséquent éprouver de l'afFeclion les uns pour les autres;

Et il est également clair qu'ils doivent partager entre eux les avantages qui sont résultés des conquêtes qu'ils ont faites en commun sur le clergé ^ 3ur la noblesse.

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