SECONDE OBSERVATION
Messieurs,
En mettant de côté les rapports qui ont existé jusqu'à ce moment entre les Bourbons et les industriels, en ne considérant que leur position présente, on s'aperçoit facilement qu'ils ont un «grand intérêt à s'unir et même à se liguer complètement ensemble ; car c'est le seul moyen pour eux d'obtenir ce qui peut faire l'objet de leurs désirs raisonnables en politique.
Et^entffct, UmaisoD de Aoari^if délfM^lîéées^ sairement de donner le plus pitWptemeat- p e wftBtf è' la plus grande soHdité imagtnaMe à son nonfeaii trône, à son trdne conslitiitiiNfiMk •• » *'^i< '■u Or, d têt évident «fu'elle n'n pài eneor^^prb fe* bons moyens pour atteindre ce but ; il est i^iiàmlt i|tt'èlle n'a poiitt encore analyié sa posMoti -àc* loeUe; il èst^évident, enfi», ^'elte n^e eiiow# éeoiiié iftte des dènseillers ignorans , inca^abléev •«:pet€des.
Que le Rot prenne le peme^examiner Itii-méitie le fond des dioses, et cet examen lui prouvera que. Fancienne noblesse ainsi que la tiouvelie, qnè^ IVsiiIre judieiaiiie eirnî que le dktgiî ne S6kit potM des alliés assez puissans pour mettre les Botirbôii!^ à l'abri des entreprises des factieux ; et qu'il» peuvent d'autant moins garantir la famille royale des factions, qu'ils sont eux-mêmes les factieux les plus dangereux pour elle: «
' Le Roi reconnaîtra queies industriels, possédant htHMx sèiils> ainsi que je l'ai prouvé dans une Lettre pvécédente, p4us des neuf dixièmes de la éap'acité edoiinistretive-, de la 'force physique, de la force |iécuniaire^ et de la forée d'intelligenee acquise qui existe dans la nation ^ l'industrie est le seularc^ bèiitant sttffisammetat solide fM>Uf que le trône des Courbons pi^isse y être adossé avec sécurité.
t tfX $^Ifojest4<x)»elttra néceseairement que , pour
e|L^tc^,«aiisin4quiétjLide le pouvoir toyal eu Fraticei
le seul noyen consiste à gouverner pour Içs indut*
triels tt par les indnstnels.
i, Psmowà à r^uiâen de ce qui concerne Tin*
dMstrie^*
Depuis plus, de trente taaè que la révolution est cèëimenoée ^ les kiduslariels ont été constamment le jouet des intrigans. Cela est provenu évidemment de ce qu'ils n'ont pas pris la peine de faire une combinais^ ^poKti^M ayant pour objet direct la prospérité de la culture, du commerce et de la fabrication. Cela est provenu de ce qu'ils n'ont poinl ftNrmé un. pMti qmi fût le leur, c'est-à-dire UO; parti .qui ne fût, composé que de cultivateurs^ de négocians et de. manu£icturiers ; un parti qui eût pour chefs des cultivateurs , des* négocians et des &briqa9SL
Les industriels reconnaîtront, dès le moment qu'ils auront prisi la peine, de réfléchir sur Leur position actuelle, qu'ils doivent, sans perdre uo seul io^a^t , entrer en activité politique sous deux rapports, «et pi?endre les deux partis suivans :
Ils -recannaitront qu'ils doivent, d'une part, se déclarer franchement les amis, les partisans, les défenseurs de la maison de .Bourbim , afin d'oter tout espoir; à la action qui désire un diangement
àt dynastie, afin aussi d'ôter* tout pretette^au ministère pour' prolonger la dva^éfi des lois d'eK*^ ception. ^ .• : / t. ... / .
Ils reconnaîtront, d'une autre part, qu'ils )ieti^ vent demander hardiment au Roi de confier lesoia de former le projet de budget à un comité c6in^ posé d'industriels de profession, puisque cette disposition sera également utile à là royauté -et ib^ki nation. ' .-;u;*;
TROISIÈME OBSERVATION. : n- j
Messi:^urs,
Les Bourbons et les industriels se sont prêté rtii
mutuel appui depuis le onzième siècle jusqu^à
Fépoque de la révolution , et ib ont prospéré peu-'
^ dant tout ce long espace de temps. - ^
La ligue entre les Bourbons et les industriels contre les prétentions du clergé et de la noblesse ne s'est point rétablie lors de la rentrée du Roi i et il est résulté de cette désunion le mal pour les Bourbons qu'ils ont eu, et qu'ils ont encore, a combattre une faction puissante , qui travaille ayec activité à opérer un changement de dynastie; '•L'inconvénient pour les industriels, i**. d'èlrc? écrasés d'impositions ; 2°. que les impositions énorde recombiner leurs forces politiques, et de se
d^une manière utile pour la culture , pour le commerce et pour la fabricatioii.
Il est de l'intérêt des Bourbons et des industriels de recombiner leurs forces politiques, et de se liguer de nouveau contre les prétentions du clergé, et contre celles de la noblesse , tant ancienne que nouvelle.
Les Bourbons et les industriels ont, dans le mo« ment présent , tous les moyens nécessaires pour se prêter mutuellement un solide appui ; et , en employant convenablement leurs forces , ils assureront leur commune prospérité.
"Voilà, Messieurs, trois vérités incontestables, et que je crois avoir suffisamment établies dans les deux observations précédentes; maintenant il est de mon devoir, comrïle publiciste, de proclamer une quatrième vérité qui mérite de fixer Tattention des vrais amis de la maison de Bourbon.
Cette quatrième vérité est qu'il existe , sous un rapport très important , une grande différence entre la position des industriels et celle des Bourbons.
Les industriels sont certains d'atteindre leurbu ; un peu plus tôt ou un peu plus tard; c'est-à-dire, ils sont certains d'obtenir que l'administration des affaires publiques soit organisée de la manière la plus convenable pour la culture, pour le commerce et la fabrication.
et c*est leur désunion qui a donné au clergé et à la noblesse le moyen de se refaire une existence politique ; c'est elle qui a donné naissance au parti anti-royal et anti-nationâl qui s'est formé dans ces derniers temps , et qui s'oppose de tout son pouvoir à rétablissement d'un ordre de choses stable. Si la maison de Bourbon, d'une part, si l'indiMtrie , de son coté , ont suivi une mauvaise route, o!est par la raison qu'elles n'ont pas développé rénergie qu'exigeaient les circonstances , et qu'elles ÔDt pri$ des guides , tandis qu'elles devaient choisir elles-mêmes le chemin qu'il leur convenait de suivre pour atteindre une position avantageuse et solide.
' Il a' existé une époque à laquelle les militaires .ont dû dominer la société; et ils ont,. en effet, exercé mt elle un grand empire. Cette époque a été celle, de l'ignorance.
Les métaphysiciens et les légistes ont dû jouer ensuite le premier rôle; car ce sont eux qui ont mis en évidence les vices de la féodalité , et ils ont, en effet , fixé la principale attention de la société sut leut;s discours et sur leurs écrits. Cette époque a- été celle .de la demi-science.
: Mais, Messieurs, le progrès des lumières à enfin amené le régime du sens commun,, et le cens com* mun n'est ni violent, ni bavard; il n'est ni mili* taire » ni légiste»
Les organes naturels , les seuls véritables organes du sens commun , ou de l'intérêt commun , sont les industriels, par la raison que la force des choses contraint les cultivateurs, les négocians , ainsi que les fabricans , à mener de front la combinaison de l'intérêt général avec les calculs relatifs à leurs intérêts particuliers.
Ainsi , le Hoi doit placer définitivement sa confiance dans les industriels ; il doit les char« ger de la direction générale de l'administration
publique.
Maintenant , Messieurs , c'est au Roi que je vais m'aldresser. Bans Un écrit que je vais faire imprimer, et que j'aurai l'honneur de vous envoyer, je démontrerai clairèibent à Sa Majesté que son intérêt, que l'intérêt de sa dynastie , et même que l'intérêt de la royauté, exigent que l'administration des affaires publiques soit dirigée par des industriels de profession.
A l'a suite de ce travail , j'exposerai , tant à Sa Majesté qu'à vous, Messieurs, les mesures à prendre pour terminer immédiatement la révolution , en commençant l'organisation du régime le plus favorable à la prospérité de la culture , du commerce et de la fabrication.
Je prouverai à Sa Majesté :
I^ Que l'adoption de ces mesures est le meilleur
et ntoe lé seul moyen qu^elle puisse employer pour donner de la solidité à son trône ;
a^. Que l'adoption de ces mesures n'éprouvera de la part de la nation aucune difficulté, et que ces mesures seront même accueillies par elle avec enthousiasme.
Et à vous , Messieurs , je vous prouverai :
I ^. Que l'adoption de ces mesures satisfera tous les désirs politiques raisonnables des cultivateurs ^ des négocians et des manufacturiers ;
a^. Qu'il vous sera facile, par des moyens paci-^ fiques et légaux , de déterminer Sa Majesté à adopter ces mesures , dans le cas oit elle en serait détour* née par des personnes ignorantes ou mal inten«^ tionnées.
J'ai dû faire précéder l'exposition des moyens à employer pour terminer la révolution, d'une part, des considérations préliminaires que je vous ai présentées; et , d'une autre part, de celles que je vais soumettre à Sa Majesté; parce que, sans cette précauticm, le plan que j'ai conçu n'aurait pas suffisamment fixé votre attention, ni celle
du Roi.
Les choses les plus simples sont, Messieui^, celles m^on trouve les dernières. Vous serez , j'ose le dire , 4lmué de la simplicité des moyens que je vous présaMemi pour terminer la révolution : le seul bon MtKra pour les apprécier ; le seul bon sen^
suffira également pour les mettre à exécution; et cependaut le succès en sera parfiûtement certain.
Tai l'honneur d*étre ,
Messisues,
Totre très hoaifale et très
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