‹ Du système permanent de l'Europe à l'égard de la Russie et des affaires de lChapitre 8 sur 19 · CHAPITRE \h · texte numérisé non relu

CHAPITRE \h

La France par rapport à la Russie^^

Éloî^ement, peu de relatibos commér-^ ciales^ tel est l'ëtat des^deux pays à Tégard l'un de Tautr^. Il faudrait que le glaive russe perçât bien des* cuirasses ayant d'atteindre k France; sa sûreté est garantie pour un long, temps encore ^ et dans tout ceci il n'est rien qui l'ihtéresëe personnellement : à son égard>. rien n'est absolu ^ tout est relatif. Dans cette question, la France n'entre que comme partie du corps social de TEurope^. et alors tout se réduit^ à son égard ^ à demander s'il loi iiti-^ porte qu'en ïhirope , il y ait indépendance, sûreté pour ies petits cœnme pour les grands , protection suffisante contre la pr^poténce d'un seul ; s'il est bon que là loi soit faite par le fort àrm.é ; que tous soient oblij^és de s'enqué-* rir sans eeSise si leurs actes seront du goût dé cC: maître, s'il y apposera son visa^ et^i l'on sera réduit à Attendre son exequatur. C'est prwiséi^ént rétat dins lequel Rom6 aSraft rédiiii le

monde; cest celui dont on a accuse Napolëotf de menacer l'Europe ; et c'est cette meuace qui a décidé l'Europe aux efforts qui l'ont renversé. Mais Napoléon n'était qu'un homme, sujet à tous les coups du sort, et qui les a éprouvés dans leur' plus extrême sévérité, au lieu qu'avec la Russie , c'est la domination des choses qui se fait ressentir ; le changement des hommes ne les changerait pas,, il est beaucoup plus probable qu'il les aggraverait. Dans cette position, le rôle de la France est bien facile à assigner : soutenir tout ce qui peut être attaqué ou menacé par la Russie. Du lieu de sûreté qu'elle occupe , la France peut conserver le sang-froid qui aide à apprécier justement les choses, à bien juger les dangers. Le rôle de la France est celui de désintéressement , et par là même propre à inspirer la confiance; car elle ne peut, dans son assistance , avoir en vue que les intérêts généraux de l'Europe, et nullement son intérêt privé. Celui -ci ne se re-, trouve pour elle .que dans une vue générale, celle de la préservation des avant-murs qui.

la couvrent; car les choses ont été amenées au point que tout ce qui affaiblit les autres nu loin, affaiblit aussi auprès. -Ainsi la viola-i

tîon des frontières autrichiennes ou prussiennes f dans la èause commune à tous , se ferait ressentir aux frontières de la France; les remparts de Strasbourg seraient ébranlés par le canon qui renverserait ceux de Breslaw ou d'Olmutz. La puissance russe a tout lié et tout rapproché dans l'occident de l'Europe , elle l'a réuni et comme fondu dans une même cause ; il n'y a plus de maison d'Autriche en rivalité avec la maison de France; il n'y a plus que des têtes, sous des noms diflFérens, à préserver du même joug , du joug russe qui les menace toutes, un peu plus tôt, un plus tard, et qui toutes, ne peuvent trouver de garantie que dans l'union la plus intime. La France sera le lien le plus solide de cette union indispensable, car elle joint un grand pouvoir matériel aux avantages de position qui manquent aux autres ; elle doit laisser à l'Angleterrç le soin de soutenir la défensive de l'Europe par des subsides. Pour la France , c'est par des arnâées qu'elle doit agir; elle en possède une nombreuse, qui dépasse les besoins de son intérîeur. De sévères leçons l'ont guérie à là fois de la manie des conquêtes et de celle des interventions; il lui reste à

If

employer ses forcés d\me manière mieux Mculée, et cet emploi ne peut plus être que la

coopération à la défense commune de l'En^ rope ; d'après levidence de ce besoin , on peut dire que les armées de la France sont aussi européennes que françaises ^ et appar-^ tiennent autant à l'Europe qu'à la France ellemême. Le militaire français peut apprendre l'allemand ; car il est destiné à se porter sourent vers les contrées germaniques , non plus, pour les conquérir, mais pour les défendre.

Les vainqueurs dléna et d'Austerlitz seront vus. souvent combattant contre les soldats du nord y à côté de ceux qu'ils terrassèrent dsms cescbamps glorieux. Telle est la direction que l'approche menaçante de la Russie vers l'occident trace à la France; il n'y a pas plus à hésiter qu'à s'y méprendre. La vue du danger est trop distincte pour permettre la moindre incertitude. Il apparu tient à la France , et cette destination est pleine d'une solide gloire, celle de soutenir les forts^ d'encourager les faibles, de rassurer les timides, de porter dans toute l'Europe la vie et la lumière. Ce rôle n'a rien d'offensif contre la Russie; en se considérant elle-même, elle ne peut qu^en reconnaître la légitimité, que se demander ce qu'elle ferait à la place de la France , ce qiAille a fait quand on a fait prévaloir la pen«^ sée que la France était à la place qu'elle occupe

elle-même; la Russie trouvera également dans son jugsnent et ifaitKSfts soureniis l'apob^gie de 4a directioa de laTrance ; et si deux lob celles:! inspira des craintes aux libertés de TEurope , par l'effet des circonstances nouvelles, par une direction éclairée , la France rachètera ces alarmes, en servant à jamais de garJien et de défenseur à ces mêmes libertés, dans une sphère beaucoup plus étendue.

fVWWWWWVWVkWVWW

Page 1