‹ Du système social et des lois qui le régissentChapitre 39 sur 86 · SECT. III. — DES QUAUTÉS INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

SECT. III. — DES QUAUTÉS INTELLECTUELLES

ment de leur talent. On conçoit que cette précocité de quelques années peut tenir au caractère des études nationales, à la facilité de faire représenter les ouvrages sur la scène et à bien d'autres causes. 11 est aisé de reconnaître néanmoins que les phases du développement sont les mêmes, que le génie producteur se manifeste vers 20 ans et commence à baisser insensiblement vers 55 ans, après avoir passé par un état maximum.

Cest entre 20 et 55 ans qu'ont été produits tous les chefs-d'œuvre de la scène française ; en dehors de ces limites, on ne trouve plus que des ouvrages de second ordre ; et il en est de même en Angleterre. Ces trente-cinq années forment donc, en quelque sorte, la carrière de l'auteur dramatique.

J'ai déjà fait remarquer que le talent de l'auteur tragique arrive à sa maturité plus tôt que celui du poète qui consacre son talent à la haute comédie. Pour le premier, le maximum se prononce entre 30 et 40 ans ; et, pour le second, entre 40 et 55. Cette observation subsiste non-seulement en ayant égard à la fécondité du talent, mais encore au mérite des ouvrages.

La méthode que j'ai suivie pour constater ces résultats, suppose qu'on ait égard à la fois

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au nombre et à la valeur des ouvrages produits à chaque âge. C'est la méthode indiquée par le bon sens, mais régularisée autant que possible par la science.

Ces résultats, une fois connus, semblent pouvoir s'expliquer de la manière la plus naturelle. La tragédie met plus particulièrement en jeu les passions et l'imagination du poète; la comédie exige un développement plus grand de la raison, une connaissance plus approfondie des hommes et cet espi:it calme que l'observateur ne peut guère posséder qu'après avoir vu s'amortir le jeu de ses propres passions.

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