CHAPITRE VI
Types pour le beau et pour le biens difformités
et excès.
La théorie que je vais exposer sommairement me forcera de revenir sur quelques idées émises dans les deux livres précédents, dont ce chapitre forme en quelque sorte le résumé. Je tâcherai toutefois de me resserrer dans les bornes les plus étroites possible.
Nos différentes qualités sont soumises à des fluctuations plus ou moins grandes ; mais ces fluctuations ne sont pas toutes de même nature; plusieurs se font autour d'un état moyen constant^ et ne subissent que l'influence des causes accidentelles. Ce sont ces qualités qui vont nous occuper d'abord.
Prises dans leur état normal et telles que la nature nous les a . données , elles peuvent être considérées comme le type de la perfection ; ce n'est que dans leurs plus grands écarts par rapport à l'état moyen , qu'elles présentent des défectuosités; et ces anomalies deviennent d'autant plus choquantes que les écarts sont plus considérables.
268 UY. m. — DB L'HUliAmTÉ.
Trop ou trop peu de taille, trop ou trop peu d*embonpoint constituent des difformités aa physique. Nous avons déjà vu en effet que, pour arriver à cet état , il faut non-seulement s'écarter de T unité qui sert de type, mais encore altérer les rapports de grandeur : ainsi, le géant aura la tête trop petite relativement à sa taille; et le nain, au contraire, Taura trop grande.
Chacun des membres de rhonune a une proportion normale , et se trouve en rapport avec Tensemble du corps ; quand cette proportion est dépassée, nous en sommes péniblement affectés, soit que Thabitude de voir et de comparer imprime en nous Tidée d'un type, soit que cette idée y préexiste et souffre d'être blessée.
Je considère donc l'homme moyen comme étant, au physique, le type de la beauté , et les hommes les plus difformes sont ceux qui s'en écartent le plus. Il est bien entendu que ce type n'est pas le même à chaque âge.
Cette assertion est vraie aussi pour nos organes. Ainsi , notre vue a une certaine portée normale; et, quand cette portée n'est point atteinte ou se trouve dépassée , l'homme est myope ou presbyte, défectuosités dont la science est heureusement parvenue à corriger les inconvénients.
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. En général, tout ce qui, chez rhomme, est susceptible d'une appréciation exacte , et les qualités physiques sont dans ce cas, présente évidemment un état normal et des fluctuations plus ou moins étendues autour de cet état. Ces fluctuations dépendent, comme nous Tavons dit, d'une même loi, de la loi des causes accidentelles.
L'état normal , pour quelques-unes de nos qualités , est facilement saisissable , pour celles par exemple , qui tombent sous le sens de la vue ; aussi en avons-nous une conscience si intime qu'elle équivaut en général à un sentiment inné. Il n'en est pas tout à fait ainsi quand il s'agit de se prononcer sur des qualités que nous sommes habituellement moins à même d'apprécier et de comparer entre elles.
Le sentiment nous manque tout aussi bien que l'expérience pour distinguer ce qui est normal et ce qui est beau, de ce qui est anomalie ou difformité.
Qui pourrait expliquer pourquoi la portée de la vue , dans l'état normal et pour obtenir la vision distincte , ne va pas au delà de huit pouces? Qui nous dira le motif pour lequel, chez l'homme adulte, le nombre des battements du pouls s'élève à soixante-dix? Avons-nous une idée préconçue de ce dernier nombre ou