AVANT-PROPOS
Avant d'aborder notre sujet, nous ne saurions manquer à une respectueuse et juste tradition, à un devoir qu'il nous est agréable de remplir car, pendant le cours de nos études médicales, nous avons contracté vis-à-vis de nos maîtres dévoués, une dette de reconnaissance, dont nous tenons à laisser ici le témoignage.
Que MM. les D' Delabost, directeur honoraire de l'Ecole de médecine de Rouen, Brunon, directeur de l'Ecole, Pennetier, Tinel, Cerné, Nicolle, A. Martin, Dumont, veuillent bien croire à toute notre gratitude pour leur excellent enseignement.
Que MM. les professeurs Olivier, François Hue, Ch. Bataille, que nos maitres dans les hôpitaux de Rouen, MM. Petitclerc, Gargam, Didier, Chaboux,
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acceptent la meilleure part de notre reconnaissance pour leurs conseils et leurs leçons.
Que nos maîtres des hôpitaux de Paris, MM. les professeurs Lannelongue et Pinard, MM. Champetier de Ribes et Caussade, veuillent bien agréer l’expression de notre souvenir respectueux et dévoué.
Nous ne voudrions pas oublier non plus notre parent, le Dr de Massary, nos amis, le D' Guillain et M. Lortat-Jacob, qui nous ont aidé de leurs conseils.
Nous prions respectueusement M. le professeur Landouzy de croire à nos sentiments de reconnaissance pour le grandhonneur qu’il nous fait en acceptant la présidence de cette thèse.
But de la thèse. — Nous n’avons pas la prétention, dans ce travail, de faire une revue générale de la forme rare mais intéressante de tétanos que nous - allons étudier, et que, momentanément tout au moins, nous maintiendrons avec le Dr Villar sous le nom de {élanos céphalique avec paralysie faciale, dénomination, qui n’est pas parfaite, mais qui étiquette assez exactement cette variété de l'infection tétanique, localisée au début à la région céphalique et dont Ia symptomatologie bien caractérisée est dominée principalement et constamment par une paralysie faciale, qui en est en somme le signe pathognomonique.
Le but modeste que nous nous proposons est simplement, à l’occasion d’une observation inédite due à l’obligeance de M. L. Lortat-Jacob et de plusieurs autres assez récemment publiées, mais éparses, que
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nous avons pu retrouver (plus encore à l'étranger qu’en France), de faire bien connaître cette forme clinique du tétanos, qui, si elle constitue encore une rareté pathologique n’est cependant passi exceptionnelle qu'on ne puisse avoir chance de la rencontrer dans sa carrière et dont, par conséquent, la symptomatologie ne doit pas rester ignorée du praticien ; d'autant plus, et c'est un point sur lequel nous insisterons, car il mérite d’être retenu, que le traitement précoce, le seul pouvant être efficace, dépend d’un diagnostic fait au début, alors qu’il n’y a même pas encore de symptômes tétaniques bien caractérisés, et que parfois la paralysie faciale seule,avec sa symptomatologie particulière, pourra mettre sur la bonne
voie.
Voici le plan que nous adopterons :
Dans l'introduction, avec une définition aussi exacte que possible, nous décrirons les variétés. de tétanos, qui par leurlocalisation à la tête, se rapprochent de celle qui doit nous occuper.
Dans les chapitres qui suivront, et qui certainement pourront paraître fastidieux malgré leur utilité, nous retracerons d’abord très rapidement l’historique de la question, ce travail étant déjà fait et bien fait en grande partie, puis un chapitre sera consacré aux observations que nous reproduirons en quelques lignes pour celles déjà rassemblées dans les derniers travaux (Villar 1888, Albert 1890, Janin 1892, Hou-
ARS TEE ques 1894, LeDard 1896), avec un peu plus de détails pour celles qui ont paru depuis.
Nous aborderons alors la partie clinique de la maladie, quis’appuiera naturellement sur les observations précédentes, faisant une place prépondérante à l'étude de la paralysie faciale, qui nous occupe surtout.
Dans les derniers chapitres, nous décrirons rapidement l’étiologie, l'anatomie pathologique, la marche, les complications et le pronostic. Nous mettrons un peu plus de soin pour le diagnostic du début principalement, et nous insisterons peu sur le traitement. Nous dirons cependant un mot de la pratique, en somme logique, des injections de sérum dans le voisinage de la porte d’entrée de l’infection, sans vouloir le moins du monde soulever la question des injections intracérébrales, dont la cause est jugée. Enfin, comme corollaire, nous tenterons de déduire de cette étude quelques conclusions.
Nous pensons ainsi pouvoir rendre service, en leur facilitant la tâche, à ceux, plus autorisés, qui voudraient, dans l’étude de cette affection rare, pousser plus avant les investigations.