OBSERVATION XLII
Otto Brennecke, 1890 (Inaug., Dissertat. Gotingen, in-8°)
Enfant, de près de 13 ans, fils d'un fermier, entre à l'hôpital le 29 décembre 1888.
D'après les affirmations du père de l'enfant, celui-ci a fait une chute d'une hauteur de huit pieds, où il s’est blessé du côté droit du nez. La blessure paraît avoir saigné abondamment, mais on ne trouve pas de corps étrangers ôu d'autres impure-— tés dans la blessure. On avait lavé la blessure avec de l’eau, et l'épistaxis avait cessé, Le lendemain le patient aurait eu des nausées et des vomissements. Le surlendemain, son état se serait amélioré, et le patient aurait de nouveau fréquenté l’école. Le nez serait resté huit jours après l'accident, gonflé, et le père affirme n'avoir remarqué aucun changement de la blessure, qui est restée sans être pansée. Le 25 décembre l'œil gauche est devenu plus petit que l'œil droit. Le 26 décembre le patient s’est plaint de mâcher difficilement, et le 27 ‘octobre il accusait des raideurs musculaires, surtout aux jambes.
Etat actuel. — 30 décembre à midi. — La face droite du malade est tout à fait unie; la moitié du front droit est égale-
ment sans rides. L'œil droit est plus largement ouvert que l'œil
gauche. La commissure des lèvres est tordue vers la gauche et la pointe du nez également.
Le pli nasolabial gauche est très prononcé, tandis que celui de droite est totalement disparu. Pendant les mouvements de la face, la commissure des lèvres et le nez se dévient encore davantage vers la gauche, tandis que le côté gauche du front se plisse en fortes rides. La joue droite etla moitié du front restent complétement unies. L'œil droit peut être fermé, mais pas volon-
‘tairement. Appliquant à la joue droite des piqûres d’épingles, c'est celle de gauche seulement qui se contracte. Toute la face paraît turgescente, mais pas d'œdème proprement dit. Les joues sont rouges, les paupières bleuâtres, mais les lèvres et le nez ne sont pas cyanosées. Les pupilles sont égales et réagissent bien à la lumière. Du côté droit, entre la joue et le nez, on voit une cicatrice mince longue d'un demi centimètre, rouge et couverte de croûtes. La peau avoisinante n’est ni rouge ni adhérente avec l'os, cependant on ne peut pas la manipuler aussi librement que de l’autre côté, au niveau de la cicatrice ily a très peu de mobilité, clleest un peu sensible à la pression, mais le malade se plaint que toute la face est aussi sensible à la pression, la sensibilité est conservée partout. La bouche ne s'ouvre que très peu (2-3 millimètres).
Des deux côtés les masséters sont contracturés fortement. Celui de gauche, semble plus épaissi que celui de droite, Les muscles temporaux sont contracturés des deux côtés et durs comme de la pierre.
Le patient est couché sur le dos, la tête en arrière.
Les muscles cervicaux des deux côtés sont très apparents.
Avec difficulté on arrive à faire pencher la tête en avant, Le
malade ne peut remuer.
Les mouvements des bras, très difficiles ne sont pas douloureux, leur sensibilité est conservée. Aux jambes même contraction, pas de troubles de sensibilité. Les réflexes tendineux patellaires sont exagérés des deux côtés.
Ce n’est qu'au pied droit qu'on réussit à produire le clonus du pied, Contractures du tronc pendant cet examen; on ne détermine pas de secousses convulsives ; le patient étant debout on constate que tous les muscles du corps sont contractés et durs.
Il se tient les jambes largement écartées, et marche les genoux raides, le haut du corps fléchi en avant.
En se recouchant, il se produit une forte contracture dans
la nuque, et dans la moitié gauche de la face. Ecoulement d'un
peu de salive.
Température normale, fréquence du pouls, 92 battements dans la minute. Le pouls est vigoureux; fréquentes respirations (2/4 à la minute). Le patient peut avaler des aliments liquides, sans convulsions, La peau par moments se couvre de sueur. En essayant la chloroformisation, on donne une violente attaque tétanique, pendant laquelle la respiration s'arrête presque totalement, et ilse produit une forte cyanose. Le soir à 9 heures et à 10 heures crises tétaniques très violentes, la première sans aucune provocation et la seconde probablement à la suite de la difficulté qu'il éprouva pour prendre du bromure. Dans la nuit, pas d’attaque.
Le 31 décembre. — Evacuation spontanée d’urine, qui con— tent un peu d'albumine et de sucre, L'examen électrique détermine des contractions dans toute la région du nerf facial.
Par l'excitation indirecte avec le courant galvanique, on
produit à droite la convulsion avec seize éléments au moins