OBSERVATION XLIX
Von Spanje (Nederl. Tijdsche. V. Gencesk), Amsterdam, IS91I.
Homme, 60 ans.
Plaie de la paupière supérieure gauche.
Au huitième jour, trismus ét paralysie faciale gauche. Mort.
OBSERVATION XLIX Kitzig, rapportée par Nerlich.
1892. Arch. J. Psychiatrie und Nervenkrankhf. Berlin, p. 672.
Femme de 46 ans ; pendant ses dernières menstruations éprouvait des vertiges pendant lesquels elle fitune chute dans un escalier le 21 mars 1889 ; petite blessure à la partie supérieure du dos, du nez, hémorrhagie par le nez, la bouche et l'oreille. Huit jours après l'accident, la femme s'aperçoit que sa bouche se déviait graduellement vers le côté droit, et qu'il lui était impossible de fermer l’œil gauche ; les jours suivants, efforts pénibles pour ouvrir la bouche, et tirer sa langue ; le 31 mars, la bouche était si serrée, que, jusqu'au jour de son admission à l’hôpital, elle ne pouvait plus prendre d'aliments solides, Le 1% avril elle entre dans la clinique du professeur Hitzig. Dans la nuit : spasmes cloniques du masséter gauche, les dents se heurtant avec violence.
Etat présent. — La patiente, très faible, présenteune paralysie faciale du côté gauche (pli nasolabial gauche effacé, la bouche tordue vers la droite ; fente palpébrale gauche plus grande qu'à droite). L’œil gauche ne se ferme qu'incomplétement, Le muscle frontal gauche, qui est œdématié, se contracte moins bien qu'à droite, Le masséter gauche contracturé est extrème-
ment douloureux.
Toute la moitié gauche de la face est hypéresthésique. Les pupilles sont égales, réagissent bien, Température normale. Pouls 118.
3 avril. — Les muscles innervés par le facial inférieur à droite sont contracturés. La paralysie faciale gauche persiste.
L’excitation faradique est augmentée des deux côtés de la face, mais du côté gauche beaucoup plus que le côté droit. Les muscles cervicaux et peauciers montrent aussi une excitabilité anormale au courant faradique. Les convulsions par l’excitation galvanique intramusculaire apparaissent plus vite à gauche qu’à droite : — au frontal gauche avec 11 éléments et dans les masséters avec 15-16 éléments; mais dans le frontal droit par contre, il faut au moins 17-18 éléments. L'irritabilité mécanique semble augmentée un peu à gauche, et normale à droite. Les réflexes sont exagérés.
7 avril. — Impossibilité d'absorber médicaments ou nourriture parce que chaque fois qu'elle essaye d’avaler, les convulsions augmentent, en même temps qu'apparaissent des crises respiratoires, de la dysphagie. Le masséter droit aussi est atteint. Par moment, se produisent des mouvements de happement à la mâchoire inférieure, La tête penche constamment un peu vers la gauche ; les sterno-cléido-mastoïdiens droits sont très tendus à présent ; avec l'irritation galvanique intramuscu-— laire, 1l suflit de 8 éléments pour produire partout des convulsions ; douleurs vives au niveau du larynx.
L'alimentation se fait au moyen d’une sonde en caoutchouc. Température normale. Pouls 128.
8 avril. — La patiente Fest réveillée avec de l’apnée
intense, a couru vers la fenêtre en criant qu’elle étouffait. Au
moindre bruit dans la chambre, les convulsions augmentent et les dents se heurtent bruyamment.
L'examen des ÿeux et des oseilles est normal,
Dans l'urine on constate des traces d’albumine.
9 avril. — La malade est extrêmement agitée; nouveaux
accès de suffocations, avec convulsions violentes des mas-
séters.
À midi, mieux sensible, La moitié de la face gauche est plus
normale et la patiente peut froncer un peu le sourcil du côté gauche. Les dents peuvent se desserrer un peu.
De la bouche s'écoule constamment une salive infecte et abondante.
On note un violent accès d'étouflement, pendant lequel le
pouls est très petit et précipité (160-170).
10 avril. — L'état général semble s'améliorer. 11 avril. — Moins d'agitation. La bouche s'ouvre mieux.
Même état électrique. Les pupilles, très petites, sontsans réaction ; en plaçant au devant une allumette enflammée on n'arrive qu'à produire des convulsions violentes dans les masséters. Pouls (128), petit, mais régulier.
12 avril, — La patiente demande à être renvoyée chez elle ; mais depuis la veille elle ne peut plus rien avaler et a eu plusieurs accès de suffocations. Pouls petit (132). Température normale. KR. : 48.
13 avril. — On trouve la malade morte dans son lit.
Aulopsie. — Six heures posl-mortém. Rigidité des articulations du genou. Coloration cutanée un peu jaunâtre. La duremère est normale, les vaisseaux peu remplis. Les mailles de la pie-mère sont, en arrière, légèrement œdémateuses et les vaisseaux sont peu remplis. La pie-mère de la base est tendre,
PAiders; 5
transparente, lisse, en somme, rien d'anormal, Les intestins
assez fortement turgescents.
Poumon gauche emphysémateux, ischémié, très œdémateux,
(lobe inférieur).
Examen microscopique. — Après l’autopsie on a mis le pédoncule du cerveau et la partie supérieure de la moelle cervicale dans le liquide de Muller en solution camphrée. Après complet durcissement et coloration avec la solution de nigrosine, avec le picrocarmin, on fit l'examen de la moelle cervicale; rien d'anormal dans les deux moitiés de la moelle, rien dans le tissu conjonctif. Point de lésions dans les cellules gan-
glionnaires, les filets nerveux et les vaisseaux.
Pédoncule normal, sauf quelques vacuoles dans les cellules du noyau de l'hypoglosse. Le faisceau d’origine faciale ne sem ble pas altéré ; par contre, on constate dans les noyaux droit et gauche des cellules ganglionnaires, une ou plusieurs petites vacuoles. Le nombre des cellules nerveuses vacuolisées, n'est pas considérable ; dans quelques coupes se trouvent 3-4
cellules altérées, et rien dans les autres.
Mais, dans le noyau moteur du trijumeau droit et gauche on remarque des lésions étendues qui rappellent les altéralions cellulaires. Ces changements consistent en une dégénéressence el en formalion de vacuoles. Les cellules les moins altérées sont plus claires et moins colorées, et avec des granulauons plus grosses. Ailleurs les granulations sont plus fines, plus clairsemées ; dans une troisième série de cellules à contours bien marqués on trouve des vacuoles, jusqu'à 20. Les vacuoles sont tantôt petites, et tantôt si volumineuses qu’elles rem—
plissent presque le corps cellulaire, ou en grande partie; par-
fois aussi, ces cavités sont si bien tranchées, qu'on peut voir à travers, comme au dans un entonnoir.
Parfois ils ont l'aspect d'une écumoire. Beaucoup de ces vacuoles ont une transparence de cristal, beaucoup contiennent plus ou moins de granulations fines, de sorte que en passant par toutes les transitions, on va du protoplasme complet et normal jusqu'à sa disparition totale. Les cellules malades sontsans exception plus ou moins gonflées, beaucoup plus grandes que les normales. Le noyau est finement granulé, et le nucléole se reconnaît distinctement ; dans un petit nombre de cellules très vacuolisées, il n’y avait pas trace de protoplasma. Le noyau est de forme ronde, parfois ovale, et très souvent comprimé par les
vacuoles.