‹ Du Tétanos CéphaliqueChapitre 48 sur 82 · OBSERVATION LVI · texte numérisé non relu

OBSERVATION LVI

E. Fronz (Versamenlung der Gesellschaft für Kinderheilkunde) 1994/1000.

Enfant de 6 ans. Blessure à la joue gauche.

Douze jours après, apparition du tétanos céphalique.

Trismus et paralysie du facial gauche.

Troubles de la déglutition Crises respiratoires.

Contractures tétaniques généralisées. :

Grattage et abrasion de la plaie faciale, de laquelle on retire une écharde de bois : celle-ci, inoculée à un lapin a provoqué le tétanos.

Mort au sezième jour, après généralisation, et phénomènes

hydrophobiques.

OBSERVATION LVIT

Poisson et Rappin (Gaz. méd. Nantes, juil. 1894).

Femme, 30 ans. Etant en voiture avec son mari, ce dernier fit claquer bruyamment son fouet : elle ressentit aussitôt une vive douleur à la joue droite et, en ÿ portant la main, constata une petite plaie,

Les jours suivants, douleur vive dans toute la face droite, partant de la plaie, qui se trouvait exactement à 2 centimètres en arrière de la commissure labiale droite ; la douleur s’irradiait dans la joue l’œil et la région temporale.

Au dixième jour, son mari, apercevant par l'ouverture de

la plaie non cicatrisée un corps étranger, fit une traction et

58 bn retira avec stupéfaction un fragment assez volumineux et long de » centimètres de la mèche du fouet,

Semblable blessure a déjà été signalée : la mèche d'un fouet violemment claqué peut en effet s’introduire dans les tissus à la façon d’un projectile (Dupuytren, Pollok, Le Dard).

Le jour même de l'extraction du corps étranger (dixième jour) les douleurs s’atténuent, mais la commissure labiale gauche est entraînée par des contractions des muscles correspondants la pointe du nez se dévie légèrement, l'œil ne peut plus se fermer complétement : bref, la malade est afteinte de paralysie faciale droite à marche progressive rapide.

Le douzième jour, avec cette paralysie faciale, elle présente un trismus progressif, qui, en 24 heures, est devenu assez violent pour empêcher complétement l’écartement des mâchoires.

La malade ANT pu ni boire, ni manger depuis 24 heures, contractions douloureuses des masséters, accompagnées de spasmes detous les muscles de la face droite et de rire sardonique.

Par la brèche d’une dent cassée, une sonde uréthrale fut introduiteet au moyen d’un petit entonnoir on put, non sans peine, alimenter la malade, car il y avait dysphagie : le contact des liquides réveillait un spasme très pénible, qui n'existait qu'au pharynx.

La voix n'était allérée que du fait du trismus, la face était congestionnée, les Yeux brillants : excitation mentale (non habituelle).

Pas d'hydrophobie vraie; mais on provoquait infailliblement un accès, en essayant d’écarter les mâchoires ou par le contact de la sonde,

Opisthotonos cervical. Les accès sont assez fréquents et empé-

chent le sommeil.

La malade entre alors à l'hôpital.

Là, en 24 heures, on fit trois injections sous-cutanées de morphine de o,or centigr., et, au moyen de la sonde, on donna, outre les liquides d'alimentation, de 8 gr. à 12 gr. d'hydrate de chloral, avec progression décroissante à parür du quatrième jour.

Isolement dans un cabinet spécial, dontles vitres furent recou— vertes de papier bleu foncé, La malade avait alors un véritable. état d’ébriété chloralique très spécial.

La température n’a donné que 3805, le deuxième jour de l’entrée à l'hôpital, et a varié ordinairement entre 3705 et

Le vingt-unième jour à partir de l'accident, l'amélioration a commencé et la guérison complète a demandé 42 jours.

Au quarante-cinquième jour, la paralysie faciale n'est pas encore guérie cependant, mais très améliorée.

Examen bactériologique el autopsie de cobaye. — En vue de rechercher si le fouet était justement incriminé, M. Rappin fit avec un fragment de lanière de l'extrémité de ce fouet des inoculations à deux cobayes.

Les deux moururent, l'un quatre jours après vraisemblable ment par la toxine du vibrion septique, qui fut retrouvée en assez grande quantité au microscope, et l’autre par la toxine tétanique, au septième jour : ce dernier fut trouvé mort, les membres très raidis, et un des grillages de sa cage était pris en arrière des incisives qui étaient strictement serrées, attestant en quelque sorte le trismus.

A l’autopsie de ce cobaye on trouve une plaie bien cicatrisée au-dessous de laquelle une loge bien close contenait un résidus

putrilagineux dont la culture démontra de façon nette le bacille

00 ce

tétanique sporulé ou non ; enfin, une petite quantité de la culture inoculée à une souris blanche la fit mourir en 36 heures avec du pleurosthotonos.

La preuve bactériologique du fait clinique a donc été com-

plète.

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