‹ Du texte primitif des Psaumes, explication des passages les plus obscurs de ce livreChapitre 23 sur 58 · Tu les entraînes. Us sont un songe · texte numérisé non relu

Tu les entraînes. Us sont un songe

au matin comme l’herbe [qui] passe (ou il reverdit).

(1) Comp. LXXV, 6; 1 Sam. 11,3. De mémeanssi, en général, pour avec le futur. Ps. IX, 19. Avec le parfait il en est autrement.

(S) Comp. Es. LUI, 10; Lam, III, 34; Es. LUI, 4, etc.

6. Au matin elle fleurit et passe (pu reverdit); vers le soir elle se fane et se dessèche.

Le mot traduit ici par songe signifie en réalité sommeil et jamais autre chose (1). De plus, cette manière de diviser la phrase oblige à donner au verbe la première fois, le sens de passer, tandis qu’il est évident que, la seconde, il veut dire^etmr ou reverdir (2) ; et il n’est pas vraisemblable que cette racine ait revêtu deux sens si différents, ou plutôt si opposés, à deux mots d’intervalle. Toutes ces considérations, auxquelles il ne serait pas impossible d’en ajouter d’autres, nous engagent à modifier ainsi la ponctuation ;

5. Tu les emportes [pendant leur] sommeil (3), ils sont au matin pareils à l'herbe :

6. £lle reverdit an matin, elle fleurit et reverdit; vers le soir eUe se fane et se dessèche.

On peut supposer que l’épidémie qui régnait parmi les Israélites, au moment où cette prière fut composée, avait pour effet de plonger ceux qui en étaient atteints dans une sorte de torpeur ou de sommeil, dont ils ne se réveillaient pas (4).

Rien n’empêche que nous n’ayons ici en effet la prière, ou du moins les éléments principaux de la prière que Mo'fse prononça dans le désert à l’époque où les serpents venimeux faisaient c mourir beaucoup de

(1) Comp. Qon. XXXI, 40; Est, VI, 1; Prov, III, 24; VI, 4, 9; XX. 13, etc.; Ps. CXXVII, 2.

(2) Comp. pour cette signification Hab. I,ll,etauhiphil,JobXIV,7; XXIX, 20; Es. IX, 9; XL, 31; XLl, 1.

(3) Comp. Ps. CXXVII, 2.

(4) On serait tenté fie croire aussi, d’après le verset 5 b, que la mort survenait en générai pendant la nuit. Cependant au matin aignifie souvent bientôt, dans le langage poétique des Hébreux (V. 14 ; XLIX, 15, etc.).

peuple en Israël (1). » Et s’il en est ainsi, ces effets léthargiques n’auraient rien d’ étonnant, à la suite de la morsure d’un serpent.

Le reste du psaume a été vocalisé et ponctué régulièrement. Nous avons vu seulement plus haut que le dernier vers et une partie de l’avant-dernier ont été répétés, probablement par suite de l’usage liturgique.

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