Car mille ans sont à tes yeux comme le jour d’hier, etc
EsUl naturelle dire : « Avant que tu eusses créé, tu existais » ? N’est-ce pas là une vérité trop évidente pour avoir besoin d’être exprimée ? et ne fallait-il pas que Dieu existât avant de pouvoir créer quoi que ce soit? Avec toutes les ver.sions anciennes nous mettons donc ce verbe au passif (puai), comme le précédent. — Ce nlest pas tout. tu réduis est une forme apocopée qui exige une négation devant elle. Avec les Septante, la Vulgate et les versions éthiopienne et arabe faites sur les Septante, nous prenons donc le mot bi< (Dieu),
(1) La conjecture d’après laquelle j’ai rendu^ dans ma traduction* Ps. XXIX* 7, en lisant '3 yn au lieu de mn* me parait maintenant très-incertaiae. *
inutile à la fin du verset 2, pour le joindre comme négation (btf) au commencement du verset 3, où il est indispensable. — Le mot traduit par poussière ne se présente nulle part ailleurs avec ce sens. De plus, quand la négation Sk exerce son influence sur deux verbes qui se suivent, le second n’est jamais précédé d’un vav (1). Nous lirons donc le premier
de ces mots appartenant au premier vers, et l'autre, au second (2). Enfin, que signifie ceci : « Tu réduis l’homme en pondre, car mille ans sont pour toi comme un jour » ? Est-ce donc parce que Dieu est étemel qu’il fait mourir ses créatures? Quelle étrange pensée ! Saint Augustin a exprimé une idée tout opposée et bien autrement vraie et naturelle quand il a dit que * Dieu est patient parce qu’il est étemel. » Nous croyons que tel était aussi le sentiment de Moïse, et nous traduisons en conséquence :
2. Avant que les montagnes fussent nées, et qu’eût été formée la terre, et l’anivers, et d'éternité jusqu'en éternité, tu as.
3. Ne réduis pas l’homme mortel jusqu’à l'écraser, ne dis pas : « Retournez, enfants de l’homme ! »