Et j’ai dit : « C’est ici ma maladie
le changement de la droite du Très-Haut. »
Ou d’après M. Ewald :
... iT Cette mienne maladie
[est pendant] les années de la droite du Très-Haut. «
Deux expressions également étonnantes assurément, et dont la dernière en particulier est si étrange que nous croyons inutile de la discuter, quoiqu’elle éveille dans l'esprit une pensée bieu plus naturelle et plus juste que la première. En effet, comment attribuer la maladie du psalmiste à un changement arbitraire de la
(1) Nomb. XXI, 6, 7 (Et Moïse pria en faveur du peuple). Comp. ausei Ps. CVI, 23 (Si Moïse, son élu, ue s'était tenu sur la brèche «levant lui.,.).
main, c'est-à-dire sans doute de la volonté de Dieu ? Mais au lieu de '3? l’a’ msa, lisons simplement 'v JO ’nijçl (1) et nous traduirons alors sans difficulté ;
C’est ici ma maladie,
que^’at été infidèle au Très-Haut.
Sens bien préférable, on l’avouera, à celui du texte reçu.
Comprend-on bien ce que David veut dire quand il s’écrie dans son admirable psaume de repentance (LI, 10):
'Tu me feras entendre (’jÿ’Qün) la joie et l’allégresse;
les os que tu as brisés se réjouiront.
Suffit-il donc d’ewtotrire la joie pour être joyeux? La même expression se lit aussi dans le Ps. CXLIII, 8 ;
Fais-moi entendre dès le matin ta grâce.
Et elle est ici d’autant plus étonnante que nous Usons ailleurs (XC, 14) :
Rassasie-moi (’3 ï3b) dès le matin de ta grâce.
Ce qui est assurément bien plus compréhensible. Nous en concluons que David avait écrit aussi ’iiratTi :
Tu me rassasieras de joie et d’allégresse,
et qu’un copiste inattentif aura changé le 3 en a. La même observation s’applique naturellement au
(1) Le iod que nous retranchons doit provenir de l’orthographe pleine, et ne a’est introduit dans le texte que lorsqu’on a cru y voir le mot droite. Comp. pour le sens du verbe Prov. XXIV, 21 (infidèles envers Dieu et envers le roi), et pour la construction Est. I, 7; 111,8. 11 va sans dire que c’est un infinitif construit.
psaume CXLIII. Seulement comme ce psaume paraît avoir été composé, à une époque comparativement récente, d’après des réminiscences de cantiques plus anciens, il ne serait pas impossible que l’erreur provînt ici de l’auteur lui-même. Que si la même faute n’a pas été commise au psaume XC, on ne peut pas en savoir beaucoup de gré aux copistes, car, le verbe étant ici au piël, la confusion était impossible, puisque l’autre verbe exige le hiphil.
On lit dans le beau psaume historique, CVI, à la fin du verset 7 :
lU BS révoltèrent tur la nier, près de la mer des algues (1).
La redondance du mot surtout avec deux prépositions différentes, choque le lecteur le moins scrupuleux. Mais au lieu de D’ Int, il suffit de lire pour la faire disparaître :
Ils se révoltèrent centre le Trèt-Haut (8) près de la mer des algues.
L’un des plus beaux psaumes alphabétiques, le XXXVII', traite, comme le LXXIII', la question du bonheur apparent des méchants et du malheur momentané des justes ; et il la résout dans le même sens : Dieu finit toujours par punir les méchants et par récompenser les justes. Un seul moment, la pensée du psalmiste semble sortir de ce cadre, pourtant assez vaste, et se rapprocher de l’idée plus générale de la Providence :
(1) Lam«rRougo.
{2) Comp. Josu4 V, Q*ri, et Deut. XXXUIf 12, oü les Septante ont lu au lieu de l'Sÿ, Que porte le texte reçu. — Ici ils ont été moins heureux; ils ont lu montant dans la mer Rouge (I),