‹ Du texte primitif des Psaumes, explication des passages les plus obscurs de ce livreChapitre 43 sur 58 · Ton trône subsistera à toujours · texte numérisé non relu

Ton trône subsistera à toujours

Ce vers forme le couronnement de toute la strophe. Le roi prend son glaive (v. 4), il part (v. 5), il triomphe de ses ennemis (v. 6) ; en conséquence son trône subsistera éternellement. Mais, grâce à la ressemblance du ’ et du 1, le compilateur crut voir là le nom ineffable mm (Jéhovah), et il s’empressa de le remplacer par celui à'Elohîin.

Le reste de cette poésie présente encore quelques difficultés ; mais elles ne me semblent pas provenir de l’altération du texte (1). Au reste, dans ce roi, beau (v. 3), vaillant (v.4-6), juste (v.7-8), préféré à ses com-

(1) Ainsi, à la ûn du verset 9, ou traduit généralement : « Des concerts, ou plutôt, des instruments d cordes te réjouissent, > eu supposant que le mot concerts est écrit d*une manière incomplète. Mais cette supposition n'est pas nécessaire : en rattachant les derniers mots du verset 9 au verset 10, on peut conserver k celui-là sa signification ordinaire : phts que moi.

Des palais d'ivoire, plus que moi t’ont réjoui 10. les filles de roi [qui sont] parmi tes bien-aimées.

Le verset 12, bien autrement hardi, explique sul'ûsarnraent, je crois, te ton légèrement railleur de ce distique. — Je traduis au verset 14 : € Toute resplendissante est la fille de roi, en face » {c’estp4*^ire l'épouse, qui était naturellement en avant de toutes les autres dans le cortège nuptial), et uuu en dedans [du palui.s], comme on traduit eu général.

pagnons (v.8 fin, comp. 2 Sam. XII, 24, 25; I Rois I, 5-50), ami du luxe et voluptueux (v. 9-10), tout le monde a reconnu Salomon. Quant à l’épouse, c’était une princesse tyrienne, comme le prouve le verset 13 ;

Et, fille de Tyr, avec un présent tes riches du peuple te flatteront.

Il est impossible, en efltet, de traduire autrement. Or, on sait que Salomon avait épousé un grand nombre de femmes étrangères, en particulier une fille du roi d’Egypte (1 Rois III, 1) ; mais la Bible ne dit pas qu’aucune d’elles fût originaire de Tyr. Seulement, comme elle nous apprend que Salomon avait contracté alliance avec Hiram , roi de Tyr (V, 26), il est naturel de supposer que cette alliance politique fut scellée par un mariage entre les deux maisons royales. Cette conjecture est confirmée par Tatien [Disc, aux Orées, 37) et par Clément d’Alexandrie [Strom., I, 21), qui nous apprennent que, d’après trois historiens phéniciens dont les écrits avaient été traduits en grec, et d’après Ménandre de Pergame, * Hiram donna sa fille en mariage à Salomon, roi des Juifs, — vers l’époque où Ménélas, après la prise de Troie, abordait en Phénicie. »

Page 1