Je compterais tous mes os
Eux regardent, ils ont les yeux fixés sur moi.
Il va sans dire que la traduction des Septante, de la Vulgate et de la Peshito ; s Es ont apercé..., « celle de Symmaque et de Jérôme : tEs ont lié...,* et celle d’Aquila ; € Es ont couvert de honte (4) mes mains et mes pieds » sont également inadmissibles. Le texte porte bien t comme le lion, » et il est impossible de considérer ce mot comme un verbe. Il est manifeste aussi que les mots placés par nous entre parenthèses ne se rattachent ni à ce qui précède ni à ce qui suit, n’ont aucun sens tolérable, et interrompent inutilement le parallélisme et le développement de la pensée du psalmiste. Je les considère donc comme une note margi-
(1) Remarquez cette expression, que nous retrouverons plus loin.
(2) Avec J. Olshausen, nous lisons ’3n au lieu de ’nS ma force la sens et la parallélisme justilient suffisamment cette conjecture.
(3) Et non m'enveloppe^ comme on traduit généralement. Comp » pour le kal, Es. XXIX, 1, et, pour le hiphü. Job 1, 5. Ce n’est qu’avec la préposition S? que ce verl>e revêt la signification d'investir^ par ex. : une ville. 1 Rois VII, 24. doit se traduire aussi par tourner.
(4) Sans doute d’après le svriaque ro/ir, pudeftcit,V. Gesen., The^ sauruSf p. 671,
nale se rapportant au verset 15 et signifiant : t Mes wuiins et mes pieds (c’est-à-dire mes bras et mesjambes), [ainsi] j’expliquerais tous mes os ». Je suppose qu’un scribe (sopber), chargé d’expliquer l’Ecriture, aura mis cette note dans son manuscrit, au bas de la page, peut-être avec quelque signe destiné à indiquer à quoi elle se rapportait, mais qui se sera effacé ou n’aura pas été compris des copistes postérieurs, en sorte qu’elle fut transcrite plus tard comme faisant partie intégrante du texte. Ce n’est pas tout. Les chiens (v. 17) sont dans l’Ancien Testament des symboles d’impudence ou de mépris, mais jamais de force ni de cruauté. Ils peuvent bien dévorer des cadavres (1 Rois XIV, 11, XVI, 4 ; 2 Rois IX, 10), mais ils ne s’attaquent guère aux vivants. Au lieu de D’nSa chiens, je lis donc d'?')? comme des lionnes (1), ce qui nous donne un parallélisme beaucoup plus satisfaisant avec le membre suivant. — Enfin le mot eux (non) est au moins inutile, au verset 18. Mais si l’on admet, comme nous venons de l’établir, que les cinq mots précédents n’appartenaient pas au texte primitif, il sera bien permis de joindre la première de ses lettres à la fin du sixième pour rendre à celui-ci la forme complète sous laquelle il se présente deux fois déjà dans ce même psaume (v. 14 et 22) ; nnx. Voici donc enfin ce passage, tel qu’il devait être primitivement, à notre avis ;
17. Car, pareils à des lionnes, une bande de méchants m’enveloppe ;
ils tournent autour de mol comme un lion.
(1) Corap. Pa, LVII, 5, o6 ce mot est écrit d’une manière un peu ditférente, mais non plus régulière. Entre les deux formes, celle que nous proposons offre bien moins de difficultés que l'autre. — Il est fâcheux qu'il n'; ait pas en français un autre mot pour dire lion, car le terme que nous rendons par lionnes, et qui a en effet ce sens d'après la plupart des interprètes, est pourtant un maaoulin.
— ge-
ls. Que regardenMU?
Ils ont les yeux fixés sur moi.
Nul ne méconnaîtra, je pense, la supériorité de ce texte sur le texte masorétique.
Les deux versets suivants n’offrent aucune difSculté. n n’en est pas de même du 21*.