Tous les grands de la terre ont mangé et se sont
prosternés ;
devant sa face se courberont tous ceux qui descendent dans la poussière...
Tl n’est pas probable que le psalmiste se soit exprimé de la sorte. Mais séparons en deux le mot qui signifie ils ont mangé ; ■)!< ; supprimons le i inutile qui
(1) Comp, Jér. XV, 16 : « Tes paroles ont été trouvées, et je les ai dévorées. »
(2) Je lis Comp. Zach. IX, 12. Avec le participe, il faudrait
le pronom xin.
snit (1), et nous obtiendrons un sens tout à fait conforme à l’idée générale de la strophe :
30. Oui! devant lui se prosterneront tous les grande (2) de la terre;
devant sa face se courberont tous ceux qui descendent dans la poussière,
et qui ne conservent pas leur vie (3).
Altérations diverses et interpolation finale du psaume LXXIII.
Le psaume LXXIII a pour sujet le douloureux problème de la prospérité des méchants et du malheur des justes. La description de cette prospérité commence ainsi :
4. Car il n’y a point de souffrances d /ear »norf, et leur corps est gras.
Comme il n’est pas raisonnable de supposer que, pour décrire la prospérité des méchants, le poète ait débuté par parler de leur mort, M. Ewald a eu l’heureuse idée de séparer en deux le mot sujet à caution (OP tù'?) , et de traduire, en attribuant l’un au premier vers et l’autre au second :
Car ils n'ont point de souttrances ; leur corps est bien portant et gras.
Nous ne pouvons qu’approuver cette restitution du texte.
Mais ce n’est pas la seule altération qui se rencontre dans ce psaume. Le verset 10 est bien autrement obs-
(1) V. ce que nous avons dit plus haut de la facilité avec laquelle les copistes ajoutaient ou retranchaient cette C4mjonction.
(2) Littéralement les geas. Comp. Ps LXXII» U.
(3) C*est'à<dire, tous les mortels.
cur et présente des difficultés bien autrement sérieuses. Après avoir décrit l’orgueil et l’arrogance qu’inspire aux méchants leur injuste prospérité , le psalmiste ajoute, d’après le texte reçu :