Que ma prière soit do l’encens devant ta face
et l’élévation de mes mains, une oQ'rande agréable (1).
Oublié par un copiste, ce vers fut rétabli en note. Mais quand toutes ces notes furent copiées les unes à la suite des autres comme faisant partie intégrante du texte, il fallut bien essayer de les relier entre elles de quelque manière; et, le verbe précédent étant au pluriel, on fit aussi de Tov ou nynu? (écoute ou entends) un pluriel irow (ils ont entendu, et, avec le vav qui précède, ils entendront). — Je ne veux point assurément dans une matière aussi conjecturale employer
(1) Et non l'offrande du soxr^ comme on traduit généralement, car on ne voit pas pourquoi Toffrande du soir eût été plutôt mentionnée que celle du matin. Le Targoum réunit les deux significations : Voffrande agréable qui est offerte le soir. Pour le sens que je propose, comp. Jér. VI, 20; Hos. IX, 4, et surtout Mal. III, 4. Le second mot doit naturellement être considéré comme un substantif; littéralement: offrande de douceur
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un langage trop affirmatif, qui serait hors de propos et ne répondrait pas d’ailleurs à ma pensée. Mais je ne puis en ce moment m’expliquer autrement la réunion de tant de mots et de phrases détachés, qui, pris ensemble, ne présentent évidemment à l’esprit aucun sens tant soit peu supportable.
Nous sommes parvenu à la fin de notre étude. Ce n'est pas assurément qu’il ne reste encore dans les Psaumes de nombreux passages plus ou moins obscurs que nous n’avons pas essayé d’élucider; mais nous n’avons pas voulu, et l’on comprendra que nous ne pouvions pas, entrer ici dans tous les détails ; ce serait l’œuvre d’un commentaire. Nous n’avons examiné que les textes les plus importants et pour lesquels nous avions à proposer des corrections qui n’ont été jusqu’ici proposées par personne, du moins à notre connaissance. Quant à ceux sur lesquels nous n’avons rien de nouveau à dire, nous les avons laissés de côté, et nous renvoyons le lecteur aux nombreux commentaires que l’Allemagne a produits. Il nous suffit d’avoir démontré que, s’il y a parfois des inégalités et des non-sens dans la poésie hébraïque, ce n’est pas aux auteurs qu’il faut s’en prendre, mais aux copistes et aux Masorètes (1).
(1) Nous pourrions ajouter traducteurs. \{ est dilüciie de voir
pourquoi» au psaume XCIX» 8, Jéhovah est appelé k la fois « un Dieu qui pardonne (à Moïse, Aharon et Samuel) et qui se venge de leurs [mauvaises] œuvres. » Mais si l'on rapporte ce mot h la racine npj <avec suffixe), en se souvenant que le participe hal tient souvent lieu du participe piVl, on traduira sans difficulté ; «t un Dieu qui pardonne et qui les justifie h cause de leurs œuvres. » Pourquoi le beau psaume historique LXXVIII est-il si infidèle» eu apparence» k l'ordre chronologique? Pourquoi, après avoir raconté le passage de la mer Rouge» le commencement de la marche ii travers te désert, Peuvoi
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La plupart des psaumes sont au coutraire d'une régularité, d’une harmonie vraiment classique dans le développement des pensées qu’ils expriment, èt ne sont pas moins dignes d’admiration au point de vue littéraire qu’au point de vue religieux.
Qu’on ne se méprenne pas, en eflFet, sur notre pensée ni sur le but de cette étude. Ce n’est point dans le vain et puéril désir de trouver le texte sacré en défaut, ce n’est point par manque de respect envers les Ecritures, que nous nous sommes livré aux longues et minutieuses recherches dont cet ouvrage est le résumé très-rapide. C’est bien plutôt par une sorte de nécessité morale et intellectuelle, que nous imposait précisément la haute idée que nous avons des poésies sacrées de l’Ancienne Alliance. Car, nous le répétons, il est impossible de croire que les hommes de Dieu qui les ont composées se soient exprimés parfois dans un langage aussi obscur et incohérent, quand partout ailleurs, au contraire, leur style est si clair, si suivi et souvent si sublime.
Nos recherches ne sauraient donc en aucune ma-
de la manne et des cailles, et les nombreuses infidélités des Israélites, reprend-ilen détail, à partir du verset 41 jusqu'au 55*, le récit des miracles opérés en Egypte, qu’il avait déjà fait auparavant! Parce que les traducteurs n'ont pas compris qu'il y avait là une longue période ou énumération dépendant des versets 42 et 43. Mais, ainsi interprété, le psaume reprend toute sa régularité. — Comprend-on bien ce que signifie, au psaume XIX, 3 : Le jour [en] parle au jour (de lu gloire de Dieu),ef la nuit [en] donne connaissance d la nuit f Qu’estce qu’un jour peut dire à un autre jour, que celui-ci ne sache par luimémet On concevrait que le jour instruisit la nuit, et la nuit le jour, mais non que le jour instruisit le jour suivant, et la nuit la nuit suivante. II faut traduire, d’api'és moi :
Jour après jour murmure un cantique,
et nuit après nuit exhale un enseignement.
Comp. Ps, CXLV, 4 : * Génération après génération (Sept. : ytvtà. XK» ytvii) célèbre tes œuvres. »
nière porter atteinte ni à notre respect ni à notre admiration pour les livres saints ; bien loin de là ; elles ne peuvent que fortifier en nous des sentiments si légitimes et si bien fondés, en nous montrant que les imperfections plus ou moins graves qui nous choquent parfois dans les Ecritures, ne proviennent pas des « hommes, qui, poussés par le Saint-Esprit, ont parlé de la part de Dieu (1), » mais de leurs copistes ou de leurs interprètes, qui ne furent certainement pas soutenus dans leurs travaux par un semblable secours.
(1) 2 Pierre 1,21.
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