Que le juste me frappe : c’est une grâce
(1) Sur l'emploi de Yétat construit devant lea prépositions et devant 3 en paHiculier, comp. Rs. IX, 9; V, 11 ; Ges. § 116, 1.
ot qu’il rtip châtie ; c’est un parfum pour la tète; que ma tête ne [le] refuse pas. (Car encore.
Et ma prière dans leurs malheurs {ou pour leurs méchancetés).
<i. Leurs juges ont été écrasés par un rocher (1).
Et ils entendront mes paroles, car elles sont douces).
Il n’y a manifestement aucun lien logique entre ces difiiérents lambeaux de phrases. Il est vrai que le reste du psaume n’offre pas non plus un enchaînement d’idées très-rigoureux. Mais de là au désordre et aux non-sens que présente ce passage, il y a loin.
On joint en général les deux mots car encore à ce qui précède, et l’on traduit:
Que ma tête ne se refuse pas, quond [il frappe] encore;
et s’il n’y avait pas d’autres difficultés, on pourrait peut-être à la rigueur se contenter de cette explication. Mais comme tout ce qui suit est inexplicable et me paraît parvenir de diverses interpolations, je considère ces deux premiers mots comme une variante ou une glose se rapportant à Ps. CXXXIX, 18. Au lieu de : Et je suis encore avec toi, un manuscrit portait peut-être :
(1) On traduit en général : iU ont été précipités d'im rocher^ parce que le même verbe est employé en parlant de Jésabel (ou plutôt Izabeï)y(pxi fut précipitée d'une fenêtre Bur l’ordre de Jéhu (2 Rois IX, 33). Mais, outre que la préposition avec laquelle il est construit ici ne supporte point cette signification, le sens primitif semble avoir été simplement frapper^ d’où, par extension, détruire (V. Gesenius, Thés. 8. y.). Les versions anciennes se rapprochent toutes plus ou moins de cette idée (Sept. : xecriTtdOnvocv ; Vulg. : Absorpti sunt^ etc.). La traduction littérale serait donc : Ih ont été frappés (ou détruits) par les .nains d'un rocher. Cette expression n’a rien d’étrange en hébreu, car il est parlé ailleurs de la main, non-seulement du lion et de Tours (1 Sam. XVII, 37), mais aussi du glaive (Job V, 20; Ps. XLIX, 16; LXXXIX, 49), et même de la flamme (Es. XLVII, 14). La main signifie évidemment dans ce cas Vorgane, la puissance ou le moyen.
— IKi —
car fje suis] encore avec toi ; ou bieu un scribe aura cru devoir interpréter ainsi ce fragment de phrase.
Le mot suivant et ma früre peut s’expliquer aussi comme une variante se rapportant à la fin du verset 7 du psaume CXL ;
« Ecoute, Eternel! la voix de mes supplications jet ma prièrej. »
Quant aux cinq mots suivants, je les considère comme une note destinée à expliquer le verset 10 du même psaume, lequel me paraît devoir se traduire ainsi :
La tête de ceux qui m’environnent se lève et se hausse (1) ;
l'iniquité de leurs lèvres les couvrira.
Seulement, l’annotateur semble avoir lu m’ose leurs juges (ou leurs suffîtes) au lieu de m’nso lexirs lèvres; et pour expliquer ce vers, un peu obscur assurément ;
L’iniquité de leurs juges les couvrira,
j’imagine qu’il aura mis au bas de la page, à la suite des deux autres notes ; Pour leurs méchancetés leurs juges furent écrasés far un rocher ; faisant sans doute allusion par là à quelque événement de ce genre qui pouvait s’être passé chez l’un des peuples voisins et ennemis d’Israël, et dans lequel il voyait l’accomplissement de la prophétie du psalmiste.
(1) Je lis n'jDt 011’, et je fais de cea mots le commencemcui (lu verset 10. D'après la ponctuation masorêliquc, il faudrait tra^- (luire : Ils s'élèvent. (Sèlah). La tete de ceux qui m'envitumnent.,,} et la plirase demeure inachevée, ce qui n'est pas admissible. — Je ne crois pas téméraire de supposer que le second de ces verbes pouvait Atre, comme tant d'autres, in(ransitif nu kai, quoiqu’on ne le trouve ailleurs qu’avec le sens transitif.
Enfin les derniers mots me paraissent appartenir à la fin du premier verset de notre psaume lui-même, comme et ma prière appartient probablement, nous venons de le voir, à la fin du verset 7 du psaume précédent, et comme le dernier verset du psaume LXXV devait se trouver primitivement (nous l’avons montré plus haut, et tous les exégètes indépendants le reconnaissent) à la suite du verset 3. Après le vers ;
Prête l’oreille à ma voix, quand je crie à toi,
il devait y avoir dans le texte primitif ce vers parallèle :
Et écoute mes paroles, car elles sont douces, qui prépare si bien la pensée du distique suivant ;