‹ Du tissu conjonctif ou lamineuxChapitre 6 sur 13 · GO · texte numérisé non relu

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fibres de Mueller seraient, selon Schultze, de nature conjonctive.

L’existence de cette névroglie (neuroglia, ciment nerveux) que les recherches de Virchow, Kœlliker, Leydig, Henle, Wagner (1), et plus récemment de Jaccoud , de Bouchard , ont contribué à propager dans la science, compte aujouri’hui un grand nombre de partisans tant en France qu’en Allemagne, et cependant, le professeur Ch. Robin se refuse à croire à la présence du tissu lumineux dans les centres nerveux.

Voici quelles idées nous lui avons entendu professer (notes de 1865) à la Faculté : Les faisceaux de tubes nerveux (moelle ou encéphale) sont séparés par de minces cloisons d’une substance grise, le long de laquelle rampent les capillaires les plus volumineux devant donner naissance à des vaisseaux plus ténus : cette substance assimilée par certains auteurs au tissu lumineux n’en a pas la texture et ne se comporte pas comme lui en présence de l’acide acétique ; c’est un résidu de substance grise au sein de laquelle des cylindres axes , en nombre variable, sont passés à l’état de tubes complets.

y. Parenchymes. — Le tissu lamineux constitue un élément important des glandes (organes d’enveloppement et de cloisonnement); il s'interpose pour quelques-unes entre leurs lobules et leurs acini, et constitue dans ce cas ce qui doit être appelé trame et non stroma de la glande. C’est dans cette trame qui n’est qu’une partie accessoire, au moins au point de vue de

(!) Wagner. Gotting. Nach’richten n" 6. 1859.

la masse, car jamais elle n'est aussi abondante que la partie sécrétante, c’est dans cette trame, dis je, que se distribuent les vaisseaux pour venir ramper autour des éléments propres du parenchyme.

P a renchy mes glandu la ires .

1° Autour des follicules du col de l’utérus il existe un réseau de capillaires soutenus par une couche clc tissu lumineux très-important à mentionner car lorsque ces follicules s’hypertrophient pour devenir les œufs deNaboth, cette couche lumineuse s'épaissit également et forme la paroi clu kyste.

2° Glandes en grappe. — Elles possèdent une enveloppe commune de fibres lumineuses avec fibres cellules, ce qui rend difficile la dissection et l’isolement des culs de sac : dans l’acineuse simple, ce tissu tient la glande enveloppée de toute part : dans la composée il s’interpose entre les acini et il s'y joint des fibres musculaires de la vie organique.

De nombreux vaisseaux capillaires assez fins forment dans cette trame des mailles analogues à celle du tissu lamineux, mais plus uniformes; elles sont polygonales.

Généralement les conduits excréteurs ont une trame élastique où s’observent des fibres lamineuses peu vasculaires.

Dans les glandes de la trciehée il existe une striation si prononcée de la paroi de l’acinus qu’on pourrait croire au premier abord à la présence de tissu lamineux, il n’en est rien cependant : chaque cul de sac, comme dans toute espece de glande, a sa paroi propre et

non formée de substance conjonctive : si cette paroi de l’acinus n’était qu'une transformation du tissu lamineux, elle serait bien difficile à isoler par une préparation et ne résisterait pas aussi bien (Robin). D un autre côté, les agents chimiques, tels que les acides sulfurique, tartrique, acétique, la dissoudraient tout d’abord; or, comme elle n’est pas altérée par leur contact, on peut en conclure qu elle est donc bien différente du tissu conjonctif.

Entre chaque acinus des Glandes Salivaires on trouve une gaine vasculaire de capillaires, et une mince cloison lamincuse avec quelques fibres cellules, mais cela surtout lorsque les acini sont écartés : le canal de Sténon présente entre autres éléments constitutifs de sa paroi une trame lamincuse serrée.

Pour le Pancréas, les culs de* sac sont la plupart du temps contigus les uns aux autres et circonscrits, sans interposition entre les acini, par une couche peu épaisse de tissu lamineux moins consistant que pour les glandes salivaires, de là la friabilité plus grande du tissu glandulaire et sa préparation plus difficile.

Dans les glandes lacrymales, celles de Méry , celle dite vulvo -vaginale, la trame intermédiaire est serrée et très -dense ; le tissu lamineux qui la constitue ne s’enfonce pas profondément entre les différents culs de sac et possède beaucoup d’élastiques.

Mamelle. — Sa trame est représentée par du tissu lamineux dont' la vascularisation est très-prononcée malgré la couche blanche que l’on rencontre sur le cadavre. En dehors de l’état de lactation, sur le trajet de chaque conduit représentant un filament trèsgrele, se trouvent appendues de petites masses aci-

lieuses écartées les unes des autres et dans l’intervalle des quelles pénètre le tissu conjonctif , la glande est pour ainsi dire réduite à sa trame lamineuse.

Lors de la lactation au contraire, les culs de sac se disposent en ampoules encore assez adhérentes à la trame conjonctive ambiante, mais pouvant cependant en être isolées avec assez de facilité : cette trame ne s’engage plus alors entre les acini dilatés. Quand la lactation cesse de nouveau et que la mamelle revient à son état naturel, la place anciennement occupée par les acini est indiquée par des traînées de tissu lumineux à l’état de noyaux et d ecorps fibro-plasticj ues .

Dans certains états pathologiques du sein, il n’est pas rare de constater une rétraction du mamelon : la cause en est aux conduits de la glande qui perdant] leur trame lamineuse conservent au contraire celle qui est élastique et par suite agissent sur le mamelon.

Prostate. — Cette glande ne présente pas, comme pour la mamelle, une trame propre à chaque lobe. Cette dernière est commune à l’ensemble de la masse et unissanttous les lobules entre eux, ce qui avait fait regarder cet organe par les anciens comme un véritable corps adénoïde. Elle n’entre guère que pour un tiers environ de fibres lumineuses dans la masse totale du substratum, tandis que les trois autres tiers sont formés par des fibres musculaires. L’utricule prostatique a une paroi conjonctive et musculaire.

F oie. — Pour un organe aussi volumineux il renferme très-peu de tissu lumineux (grande friabilité). Henle, Vogel, Weber en avaient même nié la pré-

sence. Il en existe cependant, mais n'entourant pas les lobules d’une façon aussi régulière que chez certains animaux. Dans la plus grande partie du trajet des vaisseaux et des canaux accompagnés par la capsule de Glisson, il y a une couche de tissu conjonctif délié entre l’organe contenant et les organes contenus.

L’état pathologique peut au contraire développer une production considérable du tissu lamineux (Cirrhose-Hyper genèse du tissu lamineux des cloisons avec atrophie des cellules).

3° Glandes avésicules closes ou sans conduits

EXCRÉTEURS.

Dans les glandes sans conduits excréteurs, la trame est très-mince, privée le plus généralement de fibre élastique, et constituée surtout par des corps fusiformes et de la matière amorphe.

Capsule surrénale. — Elle possède une trame de tissu conjonctif qui émet quelques prolongements dans l’atmosphère cellulo-adipeuse ambiante. Charpente intérieure formée par le tissu conjonctif et à mailles très-serrées (travées et trabécules rayonnantes). Les vaisseaux capillaires suivent les travées de tissu conjonctif.

Thymus. — Les vésicules sont réunies par du tissu lamineux lâche, qui forme des cloisons dans son intérieur. Tissu réticulé formé par des cellules étoilées à mailles serrées. Les vaisseaux ont des mailles trèsnombreuses semblables à celles du tissu conjonctif.

Glandes lymphatiq ues. — La trame est mince, molle,

avec beaucoup de corps fusiformes, fïbro plastiques et de fibres-cellules concentriques aux grains glanduleux. Les sinus lymphatiques présentent des trabécules de fibres lumineuses à l’état de corps fibro-plastiques étoilés dans leur intérieur. Chez l’enfant, tissu conjonctif réticulé : masse de tissu conjonctif au niveau du hile [noyau de tissu conjonctif (Frey) ou Stroma du hile (His).

Rate. — Elle possède une grande proportion de fibres lumineuses (travées et trabécules) complètement développées ou à l’état de corp>s étoilés qui proviennent, soit de la dissociation des éléments de la tunique adventice des vaisseaux et surtout de la veine, soit de la face interne de l’enveloppe connective de l’organe. On y trouve aussi du tissu conjonctif réticulaire.

Glande thyroïde. — Enveloppe lumineuse intérieure; cloisons du tissu lamineux qui figure une disposition polj^gonale des lobules par pression. Chez l’homme, les vésicules closes sont séparées les unes des autres par du tissu lamineux; chez les animaux, ce tissu manque, les grains sont réunis directement en masse lobulaire.

Amygdale. — Disposition bien curieuse du tissu lamineux; comme les vésicules closes n’existent principalement qu’au centre de la glande, on observe la trame conjonctive en grande quantité avec matière amorphe, surtout dans l’intervalle des vacuoles; à mesure qu’on se rapproche du centre, cette trame lamineuse sépare les vésicules par groupe. Ce tissu Gillette ^

conjonctif réticulé (Frey) s’étend dans le fond de la cavité jusqu’au revêtement épithélial ; réseau trèsélégant de capillaires très-minces, semblable à celui des follicules de Peyer.

Parenchymes non glandulaires .

Poumons. — Une proportion notable de tissu lamineux entre dans leur composition. Cruveilhier a vainement cherché, au-dessous de la plèvre viscérale, une membrane cellulaire qui avait été décrite par Stokes (Arch. gén. de méd., févr. 1835, p. 247), et plus récemment par Bazin , comme un dédoublement pleural. Cette membrane peut ne pas exister, mais il y a toujours autour de l’organe une enveloppe la~ mineuse fine, non isolable en membrane et se continuant avec les cloisons lamineuses qui sont entre les lobules. On choisira, pour l’étude de ces derniers, les poumons d’enfant ou de fœtus, chez lesquels les intervalles inter-lobulaires sont plus marqués.

Une remarque à faire est la facilité plus grande avec laquelle on dissèque les veines que l’ensemble des artères et des bronches: cela tient à la disposition lâche, extensible, souple, du tissu lamineux qui est autour des premières, tandis que la trame est beaucoup plus serrée pour les seconds conduits et vaisseaux. On rencontre dans cette trame le tissu con nectif ordinaire et en plus des élastiques, mais au niveau des lobules Y élément lamineux disparait pour laisser la place, soit aux fibres élastiques, soit à la substance amorphe. On y voit aussi des fibres lamineuses à l’état de corps fusiformes et étoilés.

Rein. — Au moment de la naissance, les lobes rénaux étant encore distincts sont réunis entre eux au moyen d’un tissu lamineux très-lâche. Les tubes ont une paroi propre et non de tissu conjonctif (Robin). A l’intérieur existe une trame lumineuse à corps fusiformes et étoilés, entre les faisceaux de tubes dans la substance tubuleuse, entre les tubes dans la substance corticale.

Plx\centa. — Trame lâche de corps fibro-plastiques devenant peu à peu fibres complètes: dans chaque villosité, un réseau capillaire au sein du tissu lamineux; dans les dernières subdivisions, une anse vasculaire seule avec quelques fibres lumineuses, telles sont trèsbrièvement les dispositions les plus saillantes du tissu conjonctif dans cet organe.

L’ovaire et le testicule possèdent également des organes lamineux de constitution.

Le premier est formé en grande partie par une trame principalement représentée par des fibres lumineuses (ne provenant pas d’une tunique albuginée, car elle n’existe pas. Robin) à l'état de noyaux embryoplastiques, de corps fusiformes et étoilés avec matière amorphe, variable et plus ou moins grenue d’un animal à l’autre.

Dans le second, une mince couche de tissu lamineux , dont la disposition a lieu suivant la longueur des tubes, est spécialement destinée à chacun d’eux et s’y enroule tout autour et sans être accompagnée par des élastiques La paroi du tube séminifère, par son apparence onduleuse et striée, a fait croire improprement à certains auteurs qu’elle est formée uniquement de

tissa lamineux : de plus, il est inexact de dire avec plusieurs anatomistes, que les capillaires se distribuent sur cette paroi ; c’est dans le tissu lumineux situé immédiatement en dehors qu'ils se ramifient (Robin). Cette tunique lammeuse est plus épaisse que la paroi propre hyaline et elle augmente avec l’âge. Dans le corps d’Highmore, la couche conjonctive de la paroi propre est encore plus épaisse que dans le testicule. La trame conjonctive est surtout développée le long des vaisseaux.

Gubernaculum testis. — Au centre est un tissu lamineux mou, transparent, gélatineux, lâche et trèsvasculaire.

4° tissu lamineux gélatiniforme ( muqueux , colloïde, gélatineux, embryonnaire).

Dans certains endroits de l’économie, comme le canal vertébral, dans la gélatine de Wharton du cordon ombilical, dans le pédicule allantoïdien, dans le corps vitré (1), etc., le tissu lamineux est mou, gélatineux, presque liquide. Cette constitution dont se rapproche un peu l’ovaire n’a le plus souvent qu’une existence transitoire et est l’analogue du tissu de l’embryon (première phase du développement de la fibre lamineuse, plus de la matière amorphe, Robin). Les éléments cellulaires n’y ont plus qu’exceptionnellement leur forme sphéroïdale primitive : ils sont

(l) Robin ne le regardant pas comme un tissu, le classe dans les humeurs récrementitielles profondes et permanentes.

étoilés et leurs ramifications divergentes s’anastomosent en réseau cellulaire (Frey). Quoique dépourvu complètement de réseau vasculaire, ce tissu se nourrit en empruntant ses principes aux vaisseaux qui ne font que la traverser.

Quant au développement de la fibre lamineuse dans tous les systèmes que nous venons d’ébaucher aussi rapidement que possible, (ce qui, à notre avis était indispensable en raison de la diversité d’arrangement de cette fibre avec les autres éléments) nous ne croyons pas devoir en faire un chapitre à part, car ce mode de développement est partout et toujours le même et nous nous exposerions à de fréquentes redites. C’est l’agencement réciproque des éléments conjonctifs avec ceux des autres tissus, et non leur mode de développement qui fait varier les usages et l’aspect de tous les organes du corps humain.

Tiniu conjonctif dans lu série animale.

Dans les animaux invertébrés, il est homogène et la plupart du temps constitué par une simple substance conjonctive. C’est ainsi que les méduses, les orties, les actinées, les beroës ne présentent comme élément ou tissu principal de tout le corps, qu'une masse muqueuse, colloïde, gélatineuse, analogue au tissu embryonnaire.

Dans les zoophites, les éponges, les coralines, les alcyons, les polypes, ce tissu est encore homogène, mais avec des granulations et des cellules. Il en est de môme pour les cœlentérés, les mollusques et certains arthropodes; cependant chez ces derniers, Leydig a cru

que les parties formées de chitine (substance existant chez tous les articulés), n’était autre que le tissu conjonctif. Kœlliker (Mém. in Würzb. Verh. VIII et E, Hackel in Muller, Arch. 1857), a démontié que ce n’énait là qu’une formation cuticulaire. Chez certains céphalopodes, dans le manteau des acalèplies, chez les échinodermes, ainsi que dans le pédicule des lingules et des cirripèdes, on trouve du tissu lumineux parfaitement constitué, mais en petite abondance.

Si nous arrivons à un ordre plus élevé, les entomozoaires (articulés, insectes, vers, annelés), nous voyons les espaces considérables qui sont compris entre les téguments et le canal intestinal comblés par du tissu conjonctif, au milieu duquel se disposent les trachées et d'autres organes particuliers ; ceux qui sont aériens en possèdent davantage; les aquatiques en sontpresque dépourvus.

Animaux vertébrés. La distribution du tissu conjonctif s’y fait à peu près comme chez l’homme, mais avec des différences individuelles sur lesquelles, nous ne voulons pas insister longuement.

Chez les poissons, ce tissu est gélatineux, embryonnaire et se trouve distribué surtout le long du système vasculaire et nerveux ; on n’en rencontre pas sous les téguments.

Chez les reptiles, il offre un développement plus complet; cependant la salamandre n’en possède qu’une petite quantité; le tégument adhère aux muscles par un tissu très-serré et très-peu abondant.

Les batraciens, au contraire, en ont une couche étendue, déliée et très-làche sous le derme (sacs lymphati-

ques), condition favorable au gonflement de l’animal quand il déglutit l’air qui va dilater ses poumons.

Oiseaux. Tissu lamineux dont les lamelles et les linéaments lâches sont en rapport avec l’activité des mouvements chez ces animaux. Le sinus rhomboïdal de la moelle, chez eux, est formé de tissu gélatiniforme.

Mammifères . La mobilité de la peau, chez les carnivores et les herbivores, est en rapport avec la quantité plus ou moins grande de tissu lamineux souscutané. Ce dernier est plus blanc que chez l’homme.

Les mammifères aquatiques, excepté le phoque, dont les téguments gl issent facilement sur les organes sousjacents, ne présentent que bien peu de tissu lamineux comme couche sous-cutanée.

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