‹ Du tissu conjonctif ou lamineuxChapitre 5 sur 13 · ORGANES EXCLUSIVEMENT FORMES PAR DU TISSU · texte numérisé non relu

ORGANES EXCLUSIVEMENT FORMES PAR DU TISSU

LAMINEUX .

La pie-mérc et la toile choroïdienne ont une composition anatomique qui rappelle exactement la texture du tissu conjonctif (fibres entre-croisées, faisceaux), sans présence de fibres élastiques, mais avec de nombreuses anses vasculaires ; on y observe aussi par place (Frey) des cellules du tissu conjonctf pigmentées ; les nerfs (Purkinge, Remak, Kœlliker) suivent les vaisseaux et forment dans ce tissu des plexus serrés. Les plexus choroïdes possèdent, en plus, une quantité notable de matière amorphe (tissu conjonctif muqueux homogène de l’école allemande). Le périoste est représenté par une couche externe de tissu lamineux renfermant de nombreux vaisseaux et par

une couche interne qui contient un grand nombre d’élastiques fines.

Du 7e mois de la vie intra-utérine jusqu’à l’âge de 12 ans à peu près, le périoste, quoique plus épais et ayant l’apparence du tissu fibreux, présente la composition de texture et la vascularisation du tissu lamineux, et non celle du tissu fibreux ; c’est par suite de cette constitution que le périoste a pour fonction importante de nourrir et même de reproduire les os : ce rôle va en s’affaiblissant avec l’âge, c’est-à-dire avec la disparition du vrai tissu conjonctif.

A côté des organes précédents, citons encore Y allantoïde qui en est essentiellement composée, et dont l’usage, qu’elle emprunte à ce tissu, est de conduire les vaisseaux vers les villosités du chorion.

Le tissu phanérophore ou bulbaire se rencontre dans les bulbes dentaire et pileux; il est constitué par une trame de fibres lumineuses, lâches, isolées, disposées en nappe, mais non en faisceaux; un grand nombre reste à l’état de corps fibro-plastiques.

2° Tissu lamineux compacte ( tissu revêtu d'une forme, Henle).

a. Les Tissus fibreux (1) sont formés des mêmes élé-

(1) Pour Robin, le tissu fibreux ne serait pas un dérivé du tissu lamineux et constituerait un tissu à part. Jamais, Stelon lui, on ne voit un organe commencer par être du tissu lamineux, devenir de moins en moins vasculaire et se transformer en tissu fibreux. Du reste, les premiers tissus fibreux (dure-mère rachidienne, disque vertébral) apparaissent toujours avant les fibres lumineuses, lorsque les lames ventrales et dorsales ne sont encore que du tissu embryo-plastique. Chaque tissu a son autonomie au point de vue de son apparition comme au point de vue de son rôle physiologique.

ments que le tissu lumineux (fibrilles, substance amorphe ou intermédiaire, cellule plasmatique et corps fusiforme), mais réunis en faisceaux compactes, visibles à l’œil nu ; ils sont adhérents, plus serrés et s’entrecroisent; peu de fibres isolées; la vascularité y est peu prononcée. Dans les ménisques, l’albuginée, la sclérotique, les fibres sont disposées en nappes et assez serrées.

Tendons , Ligaments , Membranes fibreuses. Aponévroses, sont constitués par des faisceaux parallèles de tissu conjonctif où se remarquent des corps fusiformes ou étoilés.

Il est peu d’organes qui aient prêté à autant de controverses, pour la structure intime, que les tendons : les uns veulent qu’il n’y ait dans leur intérieur que des li bres très-minces formant une variété de lumineuses, à bords plus foncés et plus raides que les libres lamineuses proprement dites. Elles sont en faisceaux immédiatement juxtaposés ( sans faisceaux primitifs microscopiques) , ce qui est le contraire de ce qui existe dans les tissus lamineux et fibreux généraux (Robin). Pour d’autres, il existe dans les tendons des faisceaux longitudinaux cylindriques de tissu conjonctif, séparés les uns des autres par du tissu conjonctif lâche où rampent quelques vaisseaux très-peu abondants. On y remarque aussi un réseau de libres élastiques, fines, et de nombreux corps fusiformes et étoilés (Virchow). Il est indispensable, pour leur étude (Ranvier) d’avoir soin de choisir des tendons assez grêles pour qu’on puisse procéder à leur examen, sans 3^ pratiquer aucune section. Les tendons qui dans la

queue des petits mammifères (jeune rat, taupe), terminent les muscles spinaux sont préférables. Un de ces petits tendons placé sous le champ du microscope, y laisse voir tout d’abord (après coloration par carmin, lavage, addition d’acide acétique et compression légère) des traînés rouges (Ranvier) paraissant continues si le grossissement est faible, et coupées par des lignes transversales si le grossissement est de 250 diam. Si on exerce alors une pression, les segments se fendent, chaque cylindre se déroule et il apparaît des cellules rectangulaires plates , avec noyaux plats également rectangulaires. D’après cette manière de voir, les tendons ne seraient constitués que par des tubes formés de cellules iilcites, rectangulaires, enroulées et placées bout à bout.

Ces tubes cellulaires des tendons sont très-visibles chez les jeunes animaux, mais, à l’état adulte, il est très-difficile d’en obtenir l’ouverture et la séparation, par suite de l’adjonction (Ranvier) d’une nouvelle membrane amorphe résistante et élastique autour de ces cellules. — Cet histologiste insiste beaucoup, ajuste titre, sur la nécessité indispensable de prendre toutes les précautions indiquées plus haut pour cette étude; c’est ce manque de précautions qui a conduit les auteurs à voir dans ces organes les figures les plus irrégulières et les plus bizarres. Ainsi, un petit tendon étant fixé à ses deux extrémités et traité par l’acide acétique, si on le coupe, on le voit se gonfler, se raccourcir et se replier en zig zcig ou en tirebouchon au milieu de la substance fibrillaire. C’est là probablement ce que Henle avait pris pour des fibres

de noyau ou des libres spirales. Selon Ranvier, les corpuscules démontrés dans les tendons, par la plupart des auteurs, dépendraient d’une illusion et ne seraient autre chose que le résultat de la section des tubes cellulaires que nous venons de décrire.

Les Aponévroses possèdent : 1° des fibres lumineuses serrées, composant des faisceaux entrecroisés; 2° des fibres élastiques qui quelquefois l’emportent en nombre sur les premières. Les capillaires y sont peu abondants.

Robin ne décrit, comme élément lamineux appartenant à tout ce groupe, que des cloisons épaisses seulement de quelques centièmes de millimètre, séparant plus ou moins les faisceaux propres , tendineux , fibreux, etc., et qu’il réunit sous le nom de parties similaires lumineuses intertendineuses , interfîbreuses, etc. (1).

b. Tissu dermo -papillaire.

Feutrage épais de faisceaux de tissu conjonctif. Ces fibres lumineuses sont à l’état de complet développement ; peu de corps fusiformes ou corps fibroplastiques étoilés. Ces gros faisceaux serrés (types de faisceaux de tissu lamineux) s’entrecroisent et sont surtout visibles à la base du corps papillaire. Cependant, il existe aussi quelques fibres en nappe

(1) Le fibro-cartilage considéré par plusieurs comme ayant une substance fondamentale fibreuse dont les fibrilles de tissu conjonctif sont plus ou moins dessinées, ne doit être regardé (Robin) que comme fibroïde, c’est-à-dire h substance fondamentale granuleuse et striée , et non comme réellement constitué par du tissu conjonctif.

dans l’intérieur des papilles et dans les prolongements fibreux qui se jettent sur les aponévroses.

A la surface du derme, les fibres élastiques semblent disparaître (Frey) : ce tissu devient alors plus homogène et les fibres forment une trame tellement serrée qu elles ne laissent plus aucun espace entre elles (Rollett .

c. Membranes muqueuses . — 1° tissu sous-muqueux — ( parties similaires lamineuses sous-muqueuses, de Robin).

Ce tissu varie d’aspect et de quantité, suivant la région du corps : très-serré (pituitaire, muqueuse utérine, muqueuse linguale, etc.), il est extrêmement lâche (muqueuse pharyngo-œsophagienne, rectale, etc.): cette laxitéjoue un rôle fort important pour faciliter les fonctions de ces organes. Le microscope y démontre des faisceaux de fibres entrecroisés et très-flexueux. Ce tissu sous-muqueux est très-mince et mou ( muqueuse vésicale, uretère, muqueuse laryngo-trachéale, stomachale et intestinale, sauf celle du rectum, uréthrale,celle de trompes utérines et de la vésiculedu fiel).

2° Le tissu du chorion a pour élément fondamental, une trame de faisceaux conjonctifs : mais tous ces faisceaux ont une consistance plus molle et sont moins serrés que dans le derme ; les élastiques existent en quantité variable, mais ne sont jamais aussi abondants que dans ce dernier tissu.

La substance propre des villosités intestinales est composée de vaisseaux, de quelques fibres lamineuses, jointes à une assez grande quantité de cytoblastions, et d’une proportion co nsidérable de matière amorphe.

d. Membranes séreuses. — 1° Tissu sous-séreux (peu ties similaires lamineuses sous -séreuses, de Robin).

Au-dessous des synoviales articulaires, des gaines tendineuses, de l’arachnoïde, de la plèvre costale, diaphragmatique, péricardique et pulmonaire, le tissu lumineux forme une couche mince et à texture assez serrée qui se continue avec la trame et est constituée par des fibres, tantôt isolées, tantôt en faisceaux ou en nappe. Le tissu conjonctif sous-péritonéal de l’intestin et de l’estomac est mince également, mais transparent, mou, filamenteux extensible; il est, au contraire, serré sous le péritoine diaphragmatique ; entre le péricarde pariétal et le péricarde fibreux, il ne paraît pas exister trace de ce tissu. Presque toujours il est mélangé d’une très-grande quantité de fibres élastiques, fines et flexueuses.

2° Le tissu séreux a pour élément fondamental des fibres lamineuses généralement disposées en faisceaux, et s'entrecroisant sous des anglestrès nets. Dans Y endocarde, par exemple, on voit une trame de fibres élastiques très-fines, ramifiées, entrecroisées at anastomosées, de façon à figurer des réseaux entre les mailles desquels passent des faisceaux de tissu lumineux, mais, sans que les fibres élastiques décrivent autour d’elles des flexuosités.

C’est du côté de la face libre ou interne que la richesse en élastiques est plus grande, tandis que c’est le contraire pour les fibres lamineuses. La trame de la séreuse des ventricules latéraux et de V épendyme est formée par des fibres lamineuses, non réunies en faisceaux et mélangées à une grande proportion de corps fibro-pJastiques. Les fibres minces, comme celles

des tendons et de la sclérotique, sont enchevêtrées et écartées par la matière amorphe. Dans les ventricules, quelques fibres sont en nappe et maintenues par une grande quantité de substance conjonctive, homogène (substance amorphe, de Robin).

Dans les synoviales , au contraire, les fibres sont serrées, disposées en faisceaux, contrairement aux autres séreuses. Cette couche de tissu conjonctif, recouverte d’épithélium qui les constitue, n’existe guère qu’au niveau des parties latérales (Frey). La vascularisation et la disposition des mailles du tissu soussynovial différent un peu de celles des autres tissus lamineux.

e. Tuniques des Vaisseaux. — Le tissu conjonctif mêlé à des élastiques fines compose exclusivement la tunique externe des artères (dite adventice, tunique celluleuse de Haller). Très -extensible, elle cède sans se rompre dans le sens tranversal, lors même que les autres tuniques ont été sectionnées par une ligature ; elle s’étire et ferme la lumière du vaisseau quand on pratique la torsion de ce dernier. La paroi des artères ombilicales présente (Frey) du tissu conjonctif réticulé qui forme leur tunique adventice. C’est dans cette tuni'que que se rendent les vasa vasorum.

Ces vaisseaux sont nombreux dans les gros troncs et offrent dans la membrane externe une disposition analogue à ceux du tissu conjonctif amorphe (Frey), seulement les réseaux qu’ils forment sont plus étroits.

La tunique externe des veines , la plus considérable, est représentée par du tissu lamineux à faisceaux di- Gillette. 4

rigés dans le sens de l’axe du vaisseau et mêlés à des réseaux de fibres élastiques.

Pour quelques auteurs, elle ne figure pas une tunique propre, elle est bien réellement adventice, c’està-dire formée par une couche épaisse de tissu lamineux que l’on peut enlever même assez facilement par la dissection.

Les valvules sont des enchevêtrements de fibres dans toutes les directions : en effet, on croyait autrefois qu'elles n’étaient que le résultat d’un simple repli des tuniques interne et externe. Aujourd’hui il est admis qu’une couche cle tissu lumineux s’est développée transversalement d’un point de la paroi à l’autre pour former chacune de ces valvules, qui sont certainement plus lumineuses qu’élastiques. Il en est de même des valvules sigmoïdes. Dans les valvules auriculo-ventriculaires, il est plus aisé de constater la continuité des faisceaux conjonctiîs avec les anneaux fibreux correspondants, que pour les valvules sigmoïdes.

Selon Robin, les sinus utérins, quand ils offrent une dilatation considérable, comme dans la grossesse, ont dans la constitution de leurs parois minces des fibres lumineuses.

Quant aux lymphatiques , iis possèdent une couche peu épaisse, longitudinale, lumineuse, comme tunique la plus extérieure. Canal thoracique — tunique moyenne et externe formée de tissu conjonctif.

f. Tissu Erectile. - Entre les mailles du réseau capillaire de ce tissu, on rencontre des faisceaux de fibres lumineuses et des élastiques qui comblent ces mailles, et qu’on nomme trabécules du tissu érectile. Au milieu d’elles, se remarque une proportion de fibres

— Si —

élastiques à peu près équivalente et, contrairement à l’opinion que certains auteurs ont émise, très-peu de fibres musculaires (1/10 à peine, d’après les notes que j’ai recueillies au cours de Robin, 1865).

y. Dans le Tissu Iriclo-Choroïdien, on trouve : 1° des fibres lumineuses en nappes onduleuses , qui sont minces comme celles des tendons ; 2° des granulations pigmentaires libres ou incluses dans des corps fibre-plastiques; 3° des fibres élastiques rares; il n’y en a pas dans l’iris; 4° des fibres-cellules, etc.

Les cellules du tissu conjonctif pigmentées étoilées ne s’observent pas, selon certains auteurs, exclusivement dans l’œil ; chez les grenouilles, on les rencontre dans presque tous les points du corps.

I,acornée(faisceaux de fibres lumineuses, corps fibro-plastiques ou étoilés) est un des organes où l’on voit le plus facilement les cellules étoilées, dont les anastomoses multiples ont été regardées, comme un système canaliculé (Recklinghausen.)

Ce tissu conjonctif de la cornée (substance fondamentale fibrillaire des auteurs allemands), se continue à la périphérie avec le tissu correspondant de la conjonctive de l’œil et de la sclérotique.

3° Tissu lamineux, lâche ou aréolaire (tissu conjonctif amorphe de Henle (1).

Nous le diviserons en tissu lamineux extérieur aux organes et en tissu lamineux intérieur ( tissu conjonctif et véritablement unissant).

(1) Le mot do amorphe (sans forme) s’applique moins à la constitution histologique qu’à la configuration générale do ce tissu.

A. Tissu lamineux extérieur (tissu lamineux proprement dit — tissu cellulaire général , commun des auteurs — - ensemble des parties similaires lamineuses extérieures aux organes , de Rohm).

Ce tissu variable en quantité et en densité suivant les différentes régions du corps, est en rapport avec le glissement de ces organes les uns sur les autres. On peut les diviser en :

a Tissu lamineux sous-cutané.

p Tissu lamineux sous-aponéurotique.

a Tissu sous-cutané. — Il se partage en deux couches, comme Velpeau l’a fait voir :

1° La couche ciréolaire ou cellulo -adipeuse qui vient immédiatement après le derme, est épaisse dans certaines régions (paume des mains, plante des pieds, dos, etc.), elle est beaucoup plus mince au cou, nulle aux paupières ; — quand elle est extrêmement prononcée, elle prend le nom de pannicule- adipeux. — Certains auteurs ont, bien à tort, tendance, en raison de leurs connexions directes, à fusionner les deux tissus adipeux et lamineux, et à les considérer tous deux comme des tissus iden+iques. Selon Robin, ils offriraient, sans compter le mode de vascularisation qui n’est pas du tout le même, des différences de texture très-appréciables.

Ce que certains anatomistes depuis Malpighi appellent fort improprement membrane du tissu adipeux, n’est que l’ensemble de cloisons lamineuses allant se rendre à la face profonde du derme (le fait est trèsvisible à la paume de la main) et dans les mailles des-

quelles on trouve des pelotons adipeux. Mais il ne faut pas cependant décrire ce tissu adipeux comme étant du tissu lumineux devenu obèse par infiltration d’huile et dégraissé : ces gouttes adipeuses ne sont pas interposées aux éléments anatomiques ( corps étoilés ), elles se trouvent dans leur intérieur (Robin) où elles se produisent molécule à molécule par suite des phénomènes d’assimilation ; en un mot on n’a pas affaire ici à une infiltration , mais à une production [nouvelle tout à fait propre à certains éléments anatomiques.

2° La couche sous-cidipeuse ( couche lamelleuse — couche lamellée — fciscia super ficialis) forme le type du tissu lamineux proprement dit qui est étalé, membraniforme et prononcé surtout aux membres : il se trouve en rapport direct avec la peau dans les endroits du corps où manque la couche adipeuse (paupières, nez, verge, cou, tronc, scrotum, face dorsale des mains, des doigts et des orteils, etc.). — On peut dire que le plus souvent l’épaisseur de sa couche est en raison inverse de celle de la couche adipeuse : elle manque en effet à la paume des mains, etc. — Dans certaines régions (cou, partie inférieure de l’abdomen, périnée), un anatomiste un peu habile peut séparer ce fascia superficialis en deux, trois et même plus de feuillets secondaires.

La iaxité de ce tissu et les mouvements de glissement de la peau sur les organes sous-jacents nous expliquent la formation des bourses séreuses sous-cutanées.

(3 Le Tissu lamineux sous-aponévrotique (tissu cellu laireou lamineux profond), n’étant pas traversé par des

lamelles fibreuses est beaucoup plus lâche et moins résistant. IJ se continue plus ou moins complètement avec le tissu lamineux intérieur.

B. Tissu lamineux intérieur. Nous l’étudierons rapidement dans les systèmes musculaire, nerveux et dans les parenchymes glandulaires ou non glandulaires. Nous l’envisageons en même temps comme organe d' enveloppe comme organe de cloisonnement et comme organe de constitution.

a. Système et tissu musculaire. — Muscles striés. — Autour de chaque masse musculaire s’étale une couche de tissu lamineux affectant tout à fait la forme lamelleuse, s’accumulant surtout en grande abondance autour des muscles qui offrent une disposition faciculée — Il joue là le rôle d’un organe de remplissage en masquant les sillons irréguliers qui sont le résultat de la juxtaposition de ces faisceaux : on le voit parfois dans ces cas s’adjoindre une certaine quantité dégraissé. — Outre cette espèce d’envelopp.e, le tissu lamineux pénètre dans son intérieur ( organes premiers intermusculaires de Robin), en le décomposant en faisceaux de plus en plus ténus Chacun d’eux a donc une gaine de nature identique l’entourant séparément, de sorte que les parties intégrantes d’un même tout se trouvent intimement unies entre elles, quoique jouissant, jusqu’à un certain point, de la faculté d’entrer en action soit isolément, soit d’une façon simultanée.

Ce tissu inter-musculaire ou de cloisonnement qui présente une couleur grisâtre avec une mollesse et une extensibilité remarquables est facile à constater

à l’œil nu lorsqu’on écarte légèrement les faisceaux d’un muscle : il se présente alors sous l’aspect de linéaments déliés qui figurent une disposition aréolaire artificielle et qui se rompent, si on exagère outre mesure le degré d’écartement. — - Les capillaires de ce tissu lamineux sont bien plus fins, d’un volume plus uniforme que dans le tissu lamineux général, à mailles quadrilatères, plus étroites, beaucoup plus nombreuses, à configuration régulière.

Les limites extrêmes ou le tissu lamineuxarrive dans l’épaisseur d’un des organes ne dépassent pas en général les faisceaux secondaires (composés de 15 à 20 faisceaux striés ou primitifs) auxquels ce tissu forme des gaines musculaires ( enveloppes de tissu conjonctif, périmysium). Des fibres élastiques se mélangent, surtout vers la partie externe, au tissu lamineux de ce périmysium, qui est destiné à soutenir les vaisseaux et nerfs. Kœllikery décrit des cellules adipeuses ord inaires. Aces faisceaux s’arrête l’élément lamineux, car le myolemme ou sarcolemme (tube renfermant les fibrilles) ne doit pas être confondu avec ces gaines conjonctives. — Il forme un élément anatomique spécial (Robin).

Dans le cœur, les faisceaux musculaires ramifiés et anastomosés sont immédiatement juxtaposés les uns aux autres sans interposition de tissu conjonctif; les faisceaux musculaires primitifs n’y sont pas disposés en faisceaux secondaires entourés de périmysium; il existe cependant quelques fibres lamineuses (en faisceaux) entre les couches des deux ventricules.

Muscles lisses. Le tissu conjonctif que nous venons de voir lamelleux, et en quantité si considérable

dans les muscles striés, est au contraire très-rare et très-fin pour les muscles de la vie végétative; 1 élément lamineux y est représenté et dans son état de complet développement et à l’état de corps fibro-plcistiques ; la couche uniforme qu'il représente dans les intestins appartient plutôt à la muqueuse qu’à la tunique musculaire.

Si après avoir retourné en doigt de gant une anse intestinale, on recherche à l’œil nu, dans la couche musculaire la présence du tissu conjonctif, c’est à peine si on peut y apercevoir quelques linéaments déliés : il en est de même pour l’estomac, mais d’un côté, si on remonte surle tube digestif, d’autre part si on se rapproche de sa partie inférieure, il est facile de constater une augmentation notable de fibreslamineuses.

Dans la tunique musculaire de l’œsophage et du pharynx nous avons observé une proportion relativement considérable de tissu lamineux mélangé ci de rares fibres élastiques : vers la partie inférieure du rectum, il est aussi très-abondant (chute du rectum).

Si à l’œil nu on n’en observe pas, le microscope a cependant démontré que dans la paroi musculaire de Tîntes tr/t, dans l’utérus, etc., chaque faisceau secondaire était séparé de son voisin par une couche de tissu lamineux très-mince mais plus épaisse pour la vessie, organe dans lequel elle se trouve mélangée à un grand nombre d’élastiques.

Toutes choses égales d’ailleurs, ce tissu musculaire de la vie animale possédé un tissu lamineux beaucoup plus riche en vaisseaux que celui des muscles lisses , ce qui démontre une fois de plus qu’au point de vue delà constitution anatomique, chaque tissu conserve son individualité.

P* Système et tissu nerveux. — Nerfs périphériques. — Nous retrouvons ici pour le tissu lamineux une disposition à peu près analogue à celle que nous venons de signaler dans les muscles :

1° Tissu lamineux commun ou général enveloppant les nerfs.

2° Tissu lamineux spécial au nerf lui-même (tissu de constitution et de cloisonnement).

Ce dernier, en s’interposant aux faisceaux primitifs, constitue le névrilème . L’épaisseur de la couche lumineuse qui correspond à deux faisceaux primitifs est tout au plus de quelques centièmes de millimètre : elle est extensible, se déchire facilement, et est riche en élastiques et en vaisseaux. Le* professeur Sappey (1) dit que le névrilème se compose de faisceaux de fibres lumineuses qui n’affectent aucune direction déterminée. Ces faisceaux se portent dans tous les sens et s’entre- croisent sous tous les angles. Le long des vaisseaux, il a aussi découvert des éléments nerveux ( nervi nervorum ) très-fins, formés de tubes minces, qu’il n’a pas constatés dans le tissu lamineux situé en dehors du névrilème.

Chaque faisceau primitif de tubes nerveux est entouré par le périnèvrc , espèce particulière d’élément anatomique décrit et dénommé ainsi par Robin. Cet élément anatomique n est pas du tissu lamineux; il s’en éloigne complètement par sa manière de se comporter avec les mêmes réactifs chimiques ; de pl us, il ne se développe jamais comme l’élément conjonctif.

(1). Rech. sur la structure de l’enveloppe fibreuse des nerfs. — Journal d’anat., t. 5, 1868.

Quelque condensé qu'on veuille V imaginer , dit ce professeur d'histologie, on ne doit pas le regarder comme ayant celte constitution. Les mailles vasculaires qui se trouvent en contact avec le périnèvre affectent une forme allongée dans le sens de la longueur du nerf, mais dans l’épaisseur du faisceau lui-même, c’est-àdire dans le névrilème, ces mailles reprennent leur ligure polygonale. La résistance des nerfs à l’envahissement des produits morbides et leur résistance à l’élongation coïncident avec la présence du périnèvre : il en serait bien autrement si cet élément n’était que du tissu conjonctif.

Ganglions nerveux. — Us sont constitués histologiquement par une trame de fibres lumineuses à l’état de corps fibro -plastiques avec de la substance amorphe grenue.

Tissu nerveux central. — Le névrilème de la moelle épinière (pie-mère rachidienne) est composé de tissu conjonctif condensé (tissu fibreux, blanc, nacré, résistant), dont les faisceaux sont longitudinaux surtout à la partie postérieure; d’autres s’entre-croisent ; peu de vaisseaux ; canaux lymphatiques périvasculaires (Robin, His.).

Existe-t-il du tissu conjonctif dans le centre nerveux encéphalo-médullaire ? C’est là une question si importante, au point de vue anatomique et pathologique, que nous n’hésitons pas à lui consacrer quelques lignes.

Les travaux de Bidder et de Kupffer (1) ont eu pour

(1) Untersuchungen liber die Textur des Rückenmarks und die Entwickelung seiner Form-Elemente (Recheches sur la structure de

but cle démontrer que le tissu conjonctif entrait pour une grande part dans les centres nerveux. Selon ces auteurs, ce tissu ou plutôt cette substance conjonctive (substance indifférente, de soutien, de protection, de remplissage) se présente, ou bien sous la forme de substance amorphe, unissante, se continuant avec la pie-mère, ou bien sous l’aspect fibrillaire ; soit enfin, sous forme des cellules étoilées : la commissure blanche antérieure serait même, selon l’un d’eux, uniquement représentée par des fibres conjonctives. Dans la substance blanche, le tissu conjonctif formerait un système de séparation régulier, constitué par une série de cylindres adossés (Frey), tandis que dans la substance grise, le substratum serait beaucoup plus abondant (tissu réticulé), mais d’une étude plus difficile.

La substance gélatineuse de Rolando offrirait, selon Schultze, les caractères du tissu conjonctif d’une façon très-nette.

Tout dernièrement, dans une note publiée dans les Archives de physiologie de 1869 sur la prolifération clés éléments conjonctifs clés canaux périvasculaires, etc. Lépine s’exprime ainsi : « Les gros canaux périvasculaires chez les jeunes gens sont très-convenables pour bien voir les trabécules cle tissu conjonctif qui s’écartent de l’adventice;... à l’état normal ce tissu conjonctif qui revêt la forme de faisceaux extrêmement délicats n’est pourvu que d'un petit nombre d’éléments cellulaires... dont les noyaux sont toujours très-apparents. » Roth y a vu des fibres radiées.

Enfin les fibres de la rétine connues sous le nom de

la moelle épinière et sur le développement de ses éléments), Leipzig, 1857.

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