DE LA GASTRECTOMIE TOTALE
La résection totale de l'estomac a été jusqu’à ce jour pratiquée cinq fois chez l’homme. L'étude des résections pyloro-
gastriques nous à montré que, dans certains cas, lesopérateurs
avaient été amenés à réséquer des portions très étendues d’es- * tomac ; les observations de Schuchardt, Langenbuch}, Krônlein, etc., que l’on signale comme des résections presque totales, diffèrent de celles que nous allons étudier dans ce chapitre.
En effet, ces chirurgiens ont laissé une portion plus ou moins étendue d'estomac attenante à l’æsophage par le cardia conservé. Or, nous devons décrire comme résections totales les seuls cas où l’ablation a intéressé à la fois tout l'organe, ÿ compris le pylore et le cardia. Il faut que la continuité du tube digestif soit établie, après l'opération, directement entre l’'œsophage et l'intestin
C'est un américain qui a eu le premier l’idée d'enlever en entier l'estomac chez l’homme, pour un cancer de cet organe. Connor, en 1885, commença cetle opération chez une malade
de 50 ans, maïs ne put l’achever : l’opérée mourut avant la fin.
On blâma alors celte tentative hardie et l’on continua, contre le cancer de l’estomac, à pratiquer les résections larges mais partielles.
Cependant, en 1894, Carvalho et Pachon, réalisant la gas-
trectomie totale chez le chat, démontraient la possibilité de la vie chez l’animal privé de son réservoir gastrique. L'opération fut pratiquée chez l’homme avec succès par Schlatter de Zürich en 1897 : elle eut un grand retentissement jusque dans la presse éxtra-médicale. Après lui, et avec le même succès opéraloire, nous voyons, en Amérique, Brigham, Richardson, Mac Donald, appliquer à l'estomac cancéreux la gastrectomie totale.
Si nous laissons de côté le cas malheureux de Connor, qui remonte à une époque où les conditions opératoires pour la chiruigie gastrique laissaient encore à désirer, et si nous tenons compte seulement des quatre opérés de 1897 et 1898, nous arrivons à une mortalité opératoire nulle pour ces quatre gastrectomies totales.
La possibilité de la vie sans estomac se trouve démontrée par ces succès: l'étude très approfondie de la malade de
Schlatter, en particulier, à prouvé que la digestion et la nutri-
tion générale ne se ressentent guère de la mutilation qu'a subie le tube digestif (Wrobleski et Hofmann).
Nous ne voulons pas établir qu'une résection totale doit être :
préférée à une simple pylorectomie pour faire une ablation très large du mal ; mais, puisque la mortalité ne se trouve pas accrue par la gastreclomie totale, nous croyons pouvoir en tirer cette conclusion importante : la grande étendue de la tumeur sur l'estomac n’est pas une contre-indication de l'opération, si toutefois l'estomac est seul atteint.
Nous allons reproduire les quatre observations de gastrectomie totale publiées jusqu’à ce jour ; nous ferons suivre cet exposé de quelques considérations.
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