‹ Du Traitement Chirurgical: De l'Endométrite ChroniqueChapitre 33 sur 41 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Femme V... avorta le 21 juillet 1883 au 4° mois : raclage de l'utérus, enlèvement de restes du placenta : le 8 septembre 1884, accouchement d’une petite fille vivanteà terme.

D’après ces observations, il est facile de voir que le curettage non seulement n'empêche pas la grossesse, mais qu’il exerce sur elle wne trés heureuse influence, en ce sens qu’il rend moins fréquents les avortements ou les fait disparaître : chez plusieurs des opérées de Benicke, ils ont cessé grâce au curettage : les métrorragies, qui accompagnent l’endométrite, qui sont une cause fréquente d’avortement, disparaissant par lPabrasion de la muqueuse, la grossesse arrive plus facilement à terme.

5° Objection. — Le curettage est dangereux.

On a cité des cas de perforation de l’utérus : c’est une complication grave, mais peu fréquente : et encore en suppo-

M RQ

sant qu’elle survienne, elle n’est pas si grave qu’on l’a prétendu; aussi plusieurs gynécologues ont-ils perforé l’utérus à dessein pour démontrer linnocuité de cet accident réputé si périlæux. La perforation peut d’ailleurs être évitée en opérant avec prudence, mesure et ménagement.

Les adversaires du curettage ont aussi accusé ce procédé d’avoir produit des métrites aiguës, des péritonites, des ovarites, des phlegmons du ligament large : on ne peut nier le fait, mais faut-il faire retomber sur une opération les fautes

commises par des opérateurs qui n’ont pas tenu compte des

contre-indications ou qui n’ont pas apporté lee précautions antiseptiques voulues ? ces accidents se rencontraient du temps de Récamier : grâce à l’antisepsie, ils ont disparu.

Contre-indications du curettage.

La curette n’a été inventée et ne doit être employée que dans l’endométrite à forme chronique : elle doit être rejetée dans la forme aiguë, à moims que l’on n’ait affaire à une endométrite puerpérale septique, avec ou sans rétention de débris organiques.

Il faudra de plus qu’il n’y ait pas de lésions récentes de péri ou de paramétrite: c’est ainsi que le phlegmon des ligaments larges, la pelvi-péritonite, l’hématocèle, la salpingite, ete., sont des contre-indications formelles à l’opération. En passant outre, « vous donneriez, dit M, Terrillon, un coup de fouet à la phlegmasie et l'opération, pour aussi bénigne qu’elle puisse être, deviendrait la source d'accidents péritonéaux graves. »

Telle est la règle de conduite généralement suivie ; cependant

Tr

Page 1