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Walton est d’un tout autre avis (1) : pour lui l’inflammation intra-utérine produit et entretient inflammation péri-utérine : la première est elle-même constamment le résultat d’une infection dont l’agent variable est toujours un microbe, puerpéral, gonorrhéique ou innommé, qui infiltre la muqueuse et qui de là se propage aux annexes de l’utérus.
En conséquence le traitement de l’inflammation péri-utérine suppose la guérison de l’endométrite : aussi, contrairement aux opinions généralement adoptées, les lésions péri-utérines au lieu de constituer une contre-indication au traitement intra-utérin, en deviennent l'indication la plus pressante. l’auteur conseille done, quel que soit le degré d’acuité des lésions inflammatoires péri-utérines, de pratiquer la dilatation forcée du col et de racler la muqueuse.
Cette manière de voir n’est pas encore adoptée par la plupart des chirurgiens : il est cependant une variété d’endométrite où l’on peut et où l’on doit curer malgré l’existence de phénomènes aigus, je veux parler de lendométrite puerpérale septique : Cornil a décrit dans l’infection puerpérale une fausse membrane adhérente à la muqueuse et remplie de micro-organismes, qu’il y ait ou non rétention de débris placentaires : c’est l’'endométrite croupale, diphtéritique des Allemands, la métrite gangréneuse de Danyau, putrescentia uteri de Boyer. Voici ce que dit Charpentier à ce sujet : « Le curage suivi de l’écouvillonnage antiseptique de l’utérus dans le cas d’endométrite septique puerpérale est, je ne crains pas de le dire, un moyen merveilleux qui nous permettra de réduire encore la
(1) WaLToN, Contribution à l'étude de la pelvi-péritonite (Mémoires de l'Académie Royale de Belgique, Tome VIIT.)
DR mortalité puerpérale déjà si atténuée depuis l’emploi des injection intra-utérines. » (1)
Chartier (2) a publié dernièrement 26 observations personnelles ou empruntées à Doléris, ayant trait au curettage pratiqué dans le cas de septicémie puerpérale. Résultats heureux.
Résultats obtenus par le curettage et l’écouvillonnage.
Les résultats fournis par l’abrasion de la muqueuse ont une supériorité incontestable sur ceux qu’ont donnés toutes les autres médications. Nous n'avons pas la prétention de faire une statistique complète de tous les cas de guérisons obtenues par ce moyen : leur nombre est trop considérable, surtout à l'étranger.
Doléris, dans son mémoire sur l’endométrite chronique (loc. cilat.) présente une statistique de 339 cas d’endométrites qu’il a traités du mois de Juillet 1880 au 1° janvier 1887 : ils
se répartissent ainsi :
A. — Endométrite légère et de moyenne intensité 280 B. — Endométrite invétérée végétante polypeuse 43 C. — Endométrite déciduale 16
Traitement par le curettage ou l’écouvillonnage. La guérison a été complète chez la grande majorité des malades.
(1) CHARPENTIER, Bulletin de l'académie de médecine, 18 septembre 1888. (2) CHARTIER, Thèse de Paris, 1889.
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Bailly, à la société obstétricale et gynécologique de Paris (séance du 20 novembre 1887) rapporte trois cas de métrites heureusement traitées par l’écouvillonnage.
Boureau dans sa thèse (oc. cit.) cite 52 g'uérisons avérées sur 83 curettages : 18 fois il y a eu amélioration notable : restent 13 cas desquels il faut retrancher 6 cas où l’opération a été faite pour un cancer de l’utérus : il ne reste done que 7 cas dans lesquels le traitement a été inefficace.
Desmoulins rapporte 3 curettages pratiqués dans le service de M. Pozzi et suivis de succès complet.
Despréaux mentionne 19 cas de curettage pour endométrite chronique, 4 cas pour cancer de l’utérus : les premiers ont été suivis de guérison, les seconds d'amélioration.
M. Richelot publie dans les Annales de gynécologie (octobre 1889) le cas très imtéressant d’une malade atteinte d’une endométrite durant depuis 12 ans et ayant résisté à tous les traitements : le curettage en a amené la guérison radicale. Nous rapportons tout au long cette observation.
Nous publions 5 observations inédites d'endométrites traitées par le curettage et une observation dans laquelle l'affection a cédé à l’écouvillonnage : la guérison a été complète excepté dans un cas (observation XIX) : mais cet échec ne peut être invoqué comme un argument contre le curettage, car en cette circonstance, les soins antiseptiques, consécutifs à l'opération, n'avaient pas été pris, malgré les ordres donnés : il est très probable que l’affection aurait cédé à un second curettage : celui-ci n’a pu être fait, M. Vautrin ayant été obligé de quitter le service.
Quelquefois, il est difficile de distinguer, surtout au début, l’'endométrite chronique de l’épithélioma de l'utérus : si l’on
se trompe, si, eroyant avoir affaire à une inflammation de la muqueuse utérine, c’est à un épithélioma que l’on s’adresse, l'intervention par le curettage sera avantageuse, celui-ci ayant été préconisé contre les cancers utérins. C’est ainsi que Fraipont au commencement de l’année 1887 publie 8 observations de traitement palliatif du cancer utérin par le raclage. Terrillon a beaucoup insisté sur ce mode de traitement. Mélik (Thèse de Paris, 1887) en est également partisan. Dans notre observation XX où il s’agit d’un épithélioma du corps de l’utérus, l'amélioration a été très notable.