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je m’exposais à faire une laparotomie inutile pour de vieilles lésions endormies, sans toucher à la vraie cause du mal.
Les signes de la métrite sautaient aux yeux : les douleurs hypogastriques n'étaient pas localisées à la région des ovaires : tout compte fait, l’état morbide de l’utérus paraissait dominer la situation. J’appelai en consultation Terrier qui n’hésita pas à me conseiller le traitement chirurgical de la métrite, me disant qu'on pourrait toujours aller plus loin, si la guérison n’était pas obtenue d'emblée : et Landouzy, qui fit un examen médical approfondi et me donna carte blanche.
L'opération décidée, je “commençai par dilater l’utérus pendant quelques jours avec des tiges de laminaire iodoformée. La dilatation iente n’est pas toujours nécessaire, mais elle amène un relâchement des tissus, une détente favorable et elle commence l’antisepsie utérine. Ma malade n’avait pas eu à se louer, comme on l’a vu, d’un curage fait au pied levé, sans préparation.
La dilatation fut interrompue par les règles, venues prématurément et le curage de l'utérus eut lieu le 20 juin. Je ne décrirai pas l’opération ; badigeonnage de la cavité avec la glycérine créosotée, action prolongée de la curette sur tous les points. La muqueuse fut grattée longuement, avec une certaine vigueur ; je m’arrêtai quand je vis que la curette ramenait, non plus des fongosités ou des lambeaux muqueux, mais des parcelles de tissu musculaire. C’est alors seulement que je fis un dernier badigeonnage et que je laissai un crayon d’iodoforme.
Vu l'ancienneté de la maladie, je trouvai utile de diminuer l'épaisseur du col dont le tissu sclérosé pouvait avoir sa part dans les symptômes. La congestion, d’ailleurs, avait bien diminué depuis la dilatation. Je fis, à droite, et à gauche, une petite résection oblique de chacune des deux lèvres, comme on les fait pour aviver les déchirures latérales dans le procédé d’Emmet et en respectant la muqueuse du canal cervical pour éviter l’atrésie ultérieure. Chaque plaie latérale fut réunie par deux fils de catgut. Si je ne fis pas la résection anaplastique du col par le procédé de Schræder, que je préfère d’une façon générale, c’est qu’elle est beaucoup plus difficile à exécuter quand l'utérus ne veut pas descendre.
La malade resta au lit quinze jours, sans fièvre, sans douleur d’aucune sorte. Elle se leva et fut tout étonnée de ne pas souffrir ; elle se mit à marcher, elle reçut des visites et le mal ne revenait pas. On trouvait alors au spéculum un col toujours attiré vers la gauche par la vieille
di ‘Lit ot
adhérence, mais rose et congestionné, sans trace de catarrhe. Mme W..., est partie pour Biarritz en parfait état, ayant bon appétit, bon sommeil, heureuse et délivrée.
IT. — Galvano-caustique chimique intra-utérine
Le D' Apostoli est l’auteur du traitement de l’endométrite chronique par la galvano-caustique chimique intra-utérine. Au Congrès de Nancy (séance du 13 août 1886), il rend compte des résultats qu’il a obtenus en suivant cette méthode. Depuis quatre ans, il applique la galvano-caustique chimique au traitement des fibromes utérins: depuis la même époque, il l’emploie avec le même avantage et un égal succès à la cure de l’inflammation chronique de la muqueuse utérine.
Aux procédés de raclage, de cautérisation, il préfère le traitement électrique qui est dosable, localisable, que les femmes supportent bien. L'action chimique immédiate consiste dans une destruction de la muqueuse, destruction bientôt suivie d’un processus de régression et de désintégration qui favorise la résorption des exsudats et des hyperplasies de nouvelle formation.
Puis il décrit l'outillage nécessaire à l’opération: nous n’en parlerons pas et nous dirons seulement que, pour l’endométrite à forme hémorragique, il met en contact avec l'utérus le pôle positif qui est doué de propriétés hémostatiques, tandis que dans les autres formes d’endométrite, il introduit dans
LS oder l’utérus le pôle négatif auquel est dévolu surtout le pouvoir
caustique.
Il faudra généralement plusieurs séances pour obtenir un résultat satisfaisant : on augmentera progressivement l’intensité du courant jusqu’à atteindre 200 milliampères.
Ce traitement poursuit le même but que le curettage : c’est.
un raclage moléculaire provoquant la formation d’une nouvelle muqueuse: sa valeur à été discutée au sein de plusieurs sociétés savantes. Drage et Gibbons (1) rapportent de nombreux cas de métrites guéries par la méthode d’Apostoli.
Nous publions une observation où ce mode de traitement a été couronné d’un plein succès : M. le professeur agrégé Vautrin l’a également employé (observ. XVT), après curettage de l’utérus : résultat très heureux.
OBSERVATION XXII Communiquée par M. le professeur agrégé Vautrin
Endométrile chronique. — Eleclrolyse. — Guérison
Marie K..., âgée de 30 ans, vient à l’hôpital se plaignant d’éprouver depuis son dernier accouchement des pertes de sang très fortes à chaque époque.
Dernier accouchement il y a dix-huit mois.
La menstruation autrefois si régulière chez elle est devenue plus fréquente et les règles durent chaque fois dix jours, de sorte que l'intervalle entre les pertes est très court. Pas de leucorrhée appréciable: le ventre n’est pas douloureux à la palpation: la matrice est volumineuse.
A lexamen au spéculum, on trouve un col gros, congestionné, fendu des deux côtés, peu sensible. Je n’ai pas examiné la cavité utérine: pas de déplacement de l’organe.
(1) Société obstétricale de Londres, Séance du 6 juin 1888.