I. — Ponction. — Trépanoponction
La ponction ventriculaire est la première opération qu’on s’est hasardé à pratiquer dans l'Hydrocéphalie. On en fait généralement remonter l'invention à Dean Swift en 1744. |
Essayée bien des fois depuis, elle a toujours consisté à enfoncer une aiguille à travers les espaces non ossifiés du crâne. On a ainsi traversé la fontanelle antérieure, la suture sagittale, la fontanelle postérieure; mais outre qu'on s'expose par cette méthode à blesser le sinus longitudinal supérieur, on est obligé de traverser obliquement une grande épaisseur de substance cérébrale et de plus, la canule est défavorablement placée pour l’écoulement du liquide, si elle est en avant, elle oblige le malade à garder une position fatigante, si elle est en arrière.
La suture fronto-pariétale a bientôt eu la préférence. En la ponctionnant à 1 centimètre 1/2 au-dessus du rebord orbitaire, on n’a rien à craindre de la méningée moyenne ni des sinus, la canule est dirigée horizontalement et n’a jamais plus de #4 centimètres de substance cérébrale à traverser, l’enfant peut reposer sur l’occiput ou sur la tempe du côté opposé.
Toutefois, ce n’est pas encore là le siège optimum d’une ponction, il est d’autres points qui sy préteraient mieux, mais où le crâne est ossifié. Ce désavantage de la ponction simple n'est pas le seul. Comment la pratiquer dans les cas où le crâne est totalement ossifié ?
Comment l’appliquer aux cas d’Hydrocéphalie aiguë qui, le plus souvent, paraissent à un âge où ce crâne n'offre plus d’espaces membraneux accèssibles ?
Pour toutes ces raisons, la ponction simple, directe, était un
moyen réellement insuffisant.
De
Aussi, en 1881, Wernicke proposait la trépanation préalable dans
la ponction des ventricules cérébraux. Le principe de ce mode
opératoire fut généralement accepté. Un nouveau champ d’études était donc ouvert, à savoir :
4° Faire une topographie ventriculo-corticale exacte;
2° La compléter par la détermination des points les plus avantageux pour la ponction;
30 Lui adjoindre les procédés de topographie crânio-encéphalique, ce qui devait permettre d'aborder facilement les ventricules dans les points de choix.
Il faut arriver à ces dernières années pour trouver cette étude faite d’une façon complète.
Pendant longtemps, en effet, considérant que le carrefour ventriculaire et ses environs étaient de beaucoup la meilleure région pour la ponction, on s’est contenté de déterminer sur le crâne une zone fixe qui lui correspondit à peu près.
Dans ce but, Keen, Morton, Broca, trépanent à 3 centimères en arrière et en haut du méat auditif. La ponction est ensuite faite en enfonçant l'aiguille obliquement en visant au-dessus du méat auditif du côté opposé, à une faible hauteur pour les chirurgiens précités, à 7 centimètres et demi pour Thiriar. R
En réalité, c’est certainement là un procédé bien assez exact dans les cas d'Hydrocéphalie chronique à grand développement. Il n’est, en aucune façon, besoin d'aborder juste tel endroit précis du cerveau; les ventricules sont tellement dilatés qu’on les atteint très facilement dans leur partie la plus vaste. Vouloir, sous prétexte d'éviter la blessure des zones corticales motrices, opérer avec plus de précision serait illusoire; il n’est pas possible, en effet, que le cerveau se distende assez régulièrement pour que chacune de ses ci rconvolutions garde encore avec les diverses régions du crâne dui aussi dilaté, le même rapport constant.
Mais dans les cas rares d’'Hydrocéphalie chronique où la tête est
EU restée petite, dans les diverses Hydrocéphalies aiguës surtout, on
peut et l’on doit prétendre à plus d’exactitude, et l'étude dont nous
parlions est indispensable.
$ I. — Topographie ventriculo-corticale.
Les ventricules latéraux du cerveau comprennent chacun un carrefour d’où partent une corne antérieure, une corne postérieure, un
prolongement sphénoïidal.
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