‹ Du Traitement Chirurgical De L'HydrocephalieChapitre 4 sur 20 · I. — Hydrocéphalies chroniques à causes mal déterminées · texte numérisé non relu

I. — Hydrocéphalies chroniques à causes mal déterminées

Robert Whytt avait soutenu l'opinion que toutes les Hydrocéphalies n'étant que des hydropisies localisées à l’encéphale devaient participer de la cause de toutes les hydropisies en général, la stase veineuse suivie d’exsudation.

Qu'on invoque cette étiologie dans les cas d'Hydrocéphalie dus à des tumeurs, rien de plus juste. Mais dans toutes les Hydrocéphalies à origine mal connue, c’est impossible.

Force-est, alors, d'admettre une influence chronique bien rarement constatée de l’épendyme, ayant débuté dans la vie fœtale, ou après la naissance, à moins de s'expliquer l’épanchement comme consécutif aux arrêts de développement fœtaux (fréquemment rencontrés), et l’on n’entrevoit plus alors très bien la liaison qui réunit directe

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— 14 — | ment ces deux faits : Hydrocéphalie et vice de développement embryonnaire. |

Toujours est-il qu’il se fait dans les ventricules cérébraux principalement, et, aussi, dans les espaces sous-arachnoïdiens de l’encéphale une accumulation de liquide séreux. Celle-ci peut exister déjà au moment de la naissance, auquel cas on dit que l'Hydrocéphalie est congénitale, ou bien se déclarer après elle; elle est alors acquise.

A la présence de ce liquide dont la quantité va toujours croissant seront dus tous les symptômes morbides qui vont caractériser. la maladie. |

Son action va évidemment s'exercer d’abord sur l’encéphale qu'il va distendre et comprimer; ensuite, par son intermédiaire, sur la boîte cranienne elle-même. |

Les phénomènes réactionnels cérébraux sont très peu marqués au début, surtout quañd l’augmentation du liquide est régulièrement progressive. Quand elle se fait par poussées, on observe des crises convulsives plus ou moins fréquentes et prononcées qui accusent chaque pas fait en avant par l’épanchement.

Petit à petit la dilatation ventriculaire gagne au point de faire disparaître et de réduire à une mince paroi la substance cérébrale.

Si, quand elle a débuté, l'éducation ou l'habitude ont donné quelques facultés à l'enfant, il les garde à l’état de réflexe; sinon il est le plus souvent inintelligent.

Nous ne nous étendrons pas sur les différents troubles moteurs et sensoriels (cécité, surdité, etc.), que la compression exercée sur les éléments nerveux entraîne à sa suite.

L'enfant succombe quelquefois aux progrès extrêmement rapides de l'Hydrocéphalie qui par son action intense sur le cerveau amène le coma final. La circulation au niveau des centres respiratoires est entravée et le patient meurt dans l’asphyxie. Si l’épanchement est moins considérable il n’entraine pas moins un ralentissement très

marqué de la nutrition (Voir Bourneville) qui produit la cachexie ou

à — 15 — une prédisposition telle aux maladies environnantes que le plus souvent les malades meurent de broncho-pneumonie ou de méningite entre trois et six ans. Il est exceptionnel que les Hydrocéphales dépassent cet âge. |

Le liquide céphalo-rachidien en excès exerce rapidement son influence sur le crâne et y amène des déformations caractéristiques. L'augmentation de volume du crâne n’est pas un phénomëne forcément constant; on rencontre des cas où — ossifié dès la naissance — il reste petit malgré l'accroissement du liquide. Toutefois, ce ne sont là que de rares exceptions.

Ordinairement les ventricules distendus réagissent sur la conformation générale de la tête; les sutures sont disjointes, Possification des fontanelles s'arrête.

Les parents sont étonnés de ne pouvoir plus mettre aux enfants leur bonnet; l’enfant ne peut plus maintenir la tête verticale; il la laissé tomber soit en avant, soit en arrière, souvent même sur un côté. La circonférence du crâne est considérablement augmentée : on l’a vue atteindre 91 centimètres (cas du Musée des chirurgiens dé Londres), alors que, selon M. Topinard, elle mesure au maximum chez l’européen 54 centimètres et demi.

En somme, dans l’Hydrocéphalie à causes mal déterminées, les symptômes fonctionnels et physiques sont dus à l'augmentation du liquide. Il y a donc, théoriquement, tout intérêt à en amener

l'écoulement.

II. — Hydrocéphalie chronique symptomatique de tumeurs cérébrales ou cérébelleuses.

Ici, la cause déterminante est bien, comme le voulait Whytt, toute mécanique.

La compression des vaisseaux de la base, des veines ventriculaires

LE AGE de Gallien, des sinus même (mais exceptionnellement), soit directement, soit à travers la substance nerveuse, amène une production de liquide plus rapide que dans les cas précédents, accompagnée d’une disjonction des sutures remarquable. Tandis que les symptômes réellement propres à la tumeur sont inconstants et dus à une action purement locale, tels l’aphasie motrice (verbale ou graphique), sensorielle (auditive ou visuelle), les convulsions localisées, le vertige auriculaire, les paralysies oculaire ou bulbaire; les symptômes généraux et constants sont dus à l’hypersécrétion du liquide céphalorachidien agissant sur les méninges pour produire la céphalalgie, sur le cerveau pour causer les convulsions généralisées, l’affaissement intellectuel, les vomissements, les paralysies.

Le traitement vraiment curatif consiste évidemment à enlever a tumeur; on supprime ainsi à la fois les phénomènes directs et indirects qu’elle détermine. Mais dans les cas ou l’extirpation ne peut être pratiquée, on peut, sinon amener la guérison, du moins une amélioration considérable par l'évacuation du liquide dont la présence produit des phénomènes si nombreux et si importants.

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| HYDROCÉPHALIES AIGUES

Les Hydrocéphalies aiguës peuvent être groupées sous trois chefs ;

I. — Hydrocéphalie aiguë ess’ ntielle; IL. — Hydrocéphalie aiquë de la méningite;

IT. — Hydrocéphalie aiguë de la paralysie générale.

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