LES INTERVENTIONS SUR LE THYMUS
Née en Allemagne, la théorie thymique de l’origine de la maladie de Basedow se rattache à l’observation déjà ancienne qu’il est fréquent de trouver à l’autopsie un
thymus, anormalement gros associé à une hypertrophie
de l'appareil lymphatique (status thymo-lymphaticus). De cetle théorie est née l’idée d'intervenir sur le thymus, et Rehn, puis Garré (1911), Sauerbruch, Von Haberer (1914), en ont pratiqué l’extirpation avec résultat favorable soit isolément, soit en association avec une résection thyroïdienne. Mais celle intervention, qui n’a jamais rencontré de partisans ailleurs qu’en Allemagne, y est actuellement jugée de façon sévère et Melchior (1924) à dressé contre elle un réquisitoire où il résume l'opinion admise aujourd'hui par tous: la thymectomie est une opération illogique et illégitime dans son principe, car le thymus n'est pas la glande cause
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de la maladie et on à beaucoup exagéré la fréquence de Son hypertrophie qui est un fait relativement rare dans le Basedow; la thymectomie est une opération difficile el grave, donnant une grosse mortalité et dont les résullats ne justifient pas l'emploi, car une résection thymique isolée est sans effet el, associée à une opération thyroïdienne, elle n'en améliore pas les résultats définitifs. La majorité des chirurgions allemands y ont renoncé, même ceux qui avaient été les premiers à l’employer (Hildebrand, Capelle). La radiothérapie du thymus, qui à été la dernière tentative pour défendre la théorie thymique du Basedow, est de plus en plus abandonnée, car ses résultats n’ont rien de probant. La conclusion que donnait Lenormant en 1913 doit rester inchangée: « La présence d’un gros thymus ne doit en rien modifier les règles habituelles des indications et de la technique ».
Il ne reste à l'heure actuelle que trois méthodes opé-
ratoires que nous étudierons successivement : 1° Les interventions sur le sympathique cervical.
2° Les ligatures artérielles ou opérations thyroïdiennes indirectes faites dans le but d’atrophier le parenchyme glandulaire.
3° Les thyroïdectomies ou opérations directes réséquant une portion plus ou moins large de la glande altérée. |
En somme, depuis 1910, aucune méthode nouvelle n’a vu le jour. Dans la thèse d’Alamartine ct les rapports de Delore et Lenormant, ce sont les mêmes opérations que l’on retrouve, déjà en partie fixées dans leur but, leur technique, leurs indications, et étudiées dans
leurs résultats. Les conclusions à cette époque étaient les suivantes :
a) Les opérations sur le sympathique sont discutées: rejetées par beaucoup, défendues par l'autorité de chirurgiens éminents, l'accord n’était pas fait à leur sujet.
b) Même indécision en ce qui concerne les ligatures: préconisées à titre palliatif seulement par ceux qui les jugeaient impuissantes à agir de façon active sur la sécrétion thyroïdienne, elles sont considérées par d’autres comme une méthode véritablement curative.
c) La thyroïdectomie était déjà à cette époque réputée comme l'opération de choix, mais l'étendue à donner à la résection glandulaire restait une question en litige. Si quelques rares auteurs préconisaient les larges exérèses et la thyroïdectomie subtotale, la majorité se ralliaient au principe de l’hémithyroïdectomie qui est restée longtemps l’opération classique.
d) Enfin, à la suite de Kocher, le principe des opérations sériées était considéré par beaucoup comme une nécessité.
Ces rapides conclusions nous permettront de juger des progrès accomplis et des modifications apportées aux directives générales de la thérapeutique chirurgicale du Basedow depuis 1910. Durant ces quinze dernières années, une évolution s’est faite qui permet de donner actuellement des conclusions plus précises sur ‘e jugement de la valeur des opérations sur le sympathique et des ligatures, sur l'étendue à donner à la thyroïdectomie afin d'obtenir le maximum d'efficacité,