‹ Du Traitement Chirurgical de la Maladie de BasedowChapitre 97 sur 110 · II. —— LES AMÉLIORATIONS · texte numérisé non relu

II. —— LES AMÉLIORATIONS

C'est le résultat final le plus fréquemment observé mais qui comprend une infinité de degrés.

Certaines grandes améliorations malgré la persistance de quelques signes résiduels sont compatibles avec une vie entièrement normale. Ces cas sont très fréquents (35 à 40 % dans notre statistique) et sont rangés par beaucoup et non sans logique dans la catégorie des guérisons.

Dans les améliorations légères, les Symptômes ont été atténués par la thyroïdectomie mais persistent ; le fond de l’intoxication basedowienne reste et ces sujets nerveux et fragiles sont encore incapables de mener une vie active ef assujettis à un traitement médical.

Nous avons montré que le degré d'amélioration est conditionné en grande partie par la largeur de la résection thyroïdectomies : il sera donc souvent possible de compléter une cure par une opération complémentaire.

Quoi qu’il en soit, ef malgré la persistance de quelques symplômes on peut estimer aux trois quarts le nombre des opérés rendus à la vie normale de façon durable. Ces excellents résultats justifient pleinement la chirurgie du Basedow,

IIT. — LES RÉCIDIVES.

Il s’agit de malades qui après une période d'accalmie ayant succédé à une première intervention voient les troubles reprendre leur intensité primitive ; ce sont le plus souvent des continualions de la maladie plus que des récidives vraies car la phase d'amélioration est rarement un élat de guérison complète.

Les récidives sont en général précoces, de 6 mois à 1 an après la première intervention (obs. 86, 37 et 38) mais il y a des récidives tardives e£ nous rapportons deux cas où elle est survenue 5 à 6 ans après l'intervention (obs. 11 et 25). Nous avons même vu revenir dans le service de M. le Professeur Bérard une malade opérée il y a 18 ans par Jaboulay pour un syndrome basedowien et qui depuis un an avait vu réapparaître des troubles analogues (celte malade à qui l’on fit une thyroïdectomie subtotale ne figure pas dans celte stalistique car nous n'avons retrouvé aucun détail sur la première intervention et le résultat de la seconde est encore trop récent).

Au point de vue clinique, la récidive est toujours marquée par l’aggravation progressive des troubles basedowiens (lachycardie, excitation nerveuse, troubles vaso-moteurs), et, fait important, nous l'avons toujours vu s'accompagner parallèlement d'une récidive locale : le tissu thyroïdien Jaisé en place s’hypertrophie et quand la malade revient consulter, on trouve un lobe plus volumineux qu'il ne l'était après la première intervention.

L'influence du type opératoire sur la fréquence de la

récidive est manifeste. Nous n'en avons encore jamais vu après les thyroïdectomies sublotales et les cinq cas qui figurent dans la statistique de M. le Professeur Bérard ont succédé à une hémithyroïdectomie (Obs. IT, 25, 36, 37, 38). Il serait donc téméraire de croire que le tissu restant subit une régression après une résection partielle et la pratique d'opérations larges abaissera certainement le pourcentage de ces récidives que Delore, Alamartine, Liebig fixent entre 10 et 15 %. (18 % dans notre statistique). |

Ces récidives sont capables d'atteindre à la gravité première de l'affection et puisqu'elles sont toujours liées à une hypertrophie nouvelle du lobe laissé, le traitement chirurgical s'impose comme pour le goitre exophtalmique au début et doit s'inspirer des mêmes directives. La ligature des artères du lobe restant est insuffisante. C’est à une résection itérative qu'il faut avoir recours et la faire large afin de supprimer tout tissu ayant subi une poussée hyperplasique récente. Ces thyroïdectomies secondaires sont d’ailleurs de technique difficile ; malgré l’excision des tissus cicatricic's, on trouve une glande adhérente à la face profonde des muscles et au paquet carotidien ; ces adhérences parfois sous forme de bloc fibreux rendent très difficile la ligature préventive des artères thyroïdiennes et obligent à faire une hémoslase de proche en proche ce qui rend l'opération laborieuse, atypique.

Les résultats de ces résections ilératives sont en général excellents el se jugent par une augmentation de poids rapide, une amélioration des troubles subjectifs, une transformation des malades qui redeviennent ap-

tes au travail (voir obs. 36, 37, 38) ; faites assez larges, elles empêchent loute nouvelle récidive et nous ne voyons plus actuellement ces récidives en série analogues au Cas où Jaboulay pratiqua cinq interventions successives (deux exothyropexies el trois excisions partielles) et qui le poussa à substituer la sympathectomie aux opérations glandulaires.

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