‹ Du Traitement chirurgical de la perforation intestinale typhiqueChapitre 13 sur 276 · AR · texte numérisé non relu

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Un homme présente à la troisième semaine d'une fièvre Lyphoïde grave des symptômes typiques de perforation intestinale. Il refuse l'opération. Le cinquante-huitième jour de maladie, des signes de perforation apparaissent de nouveau. On l’opère. Et l'on trouve,en même temps que deux perforations récentes, une: cicatrice sur l’iléon, qui était la signature de la première perforalion qui avait guéri. On trouverait d’autres faits prouvant que la perforation intestinale peut guérir spontanément.

Mais, en réalité, il s’agit là de curiosités anatomiques. IL s’est formé une adhérence avec une autre anse intestinale, ou encore: avec la paroi abdominale. L’épiploon est venu boucher le trou creusé par la perforation ; comme dans la pièce anatomique que M. Chantemesse présentait à la Société de Chirurgie, le 6 mai 1908. Ou encore, plus rarement, il se forme un anus artificiel réparable : ainsi, le cas survenu à la clinique du professeur Zimmermann, de Bâle, reproduit par Hægler-Passavant, et dans la Semaine médicale du 30 septembre 1896. Il s'agissait d’une femme de trente-cinq ans, présentant une éventration consécutive à une laparotomie faite sept ans auparavant, el qui, au quatrième septénaire d'une fièvre typhoïde, fut prise brusquement de douleurs au niveau de sa hernie.

Après ulcération de celle-ci, on vit par l’ouverture l'intestin perforé en plusieurs points ; les malières sortaient presque en totalité par cet anus contre nature. La malade guérit.

Nous ne nous arrêterons pas à des faits si exceptionnels. On ne se base pas sur le hasard quand une vie humaine est en jeu!

I. — Fausses perforations. — EL si d'ailleurs il est possible, dans quelques cas, de constater anatomiquement des guérisons spontanées de perforations, n'est-on pas autorisé à suspecter bien des exemples de ces soi-disant guérisons, basés uniquement sur les indications de la clinique, quand le traitement chirurgical vient nous démontrer l'existence de « fausses perforations » ? Il s’agit de malades présentant toute la symptomatologie attribuée à la perforation intestinale. Le chirurgien opère : il n’y a ni perforation ni péritonite. La thèse de Blaire,

celle plus récente de Chauveau, les discussions de la Société de Chirurgie ont apporté un certain nombre de ces faits : cas de Rochard, Delorme, Alglave et Boisseau, Demoulin, Courtois- Suffit, Morestin, Mauclaire ; les dix-neuf cas de la statistique de Mitchell, de Philadelphie (Pennsylvania Medical Journal, janvier 1908), etc. Si la malade de Mauclaire mourut de collapsus six heures après l'intervention, si, sur les dix-neuf opérés de Mitchell, onze moururent (soit une proportion de 57 0/0, et qui parait être une série bien désastreuse), les autres guérirent. Peut-on cependant refuser à un typhique dont l'intestin est perforé la seule chance de vie qui lui reste sous le prétexte que, malgré les signes cliniques, il peut ne pas avoir de perforation, et qu'alors l'opération lui fait courir des risques ? Il est si facile de compter les quelques cas de fausses perforalions !

L'intervention chirurgicale reste la seule planche de salut pour des malades qui, abandonnés à eux-mêmes, meurent, dit Murchison, 95 fois sur 100. Et il est certainement au-dessous de l'effroyable vérité.

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