‹ Du traitement chirurgical des néoplasmes mamamiresChapitre 15 sur 20 · OPERATIONS PALLIATIVES · texte numérisé non relu

OPERATIONS PALLIATIVES

C’est alors, pour des récidives éloignées, aussi bien que pour des néoplasmes non opérés trop étendus, qu on sera peut-être conduit à intervenir chirurgicalement, non plus dans le dessein de guérir la malade, mais pour apporter de P amélioration à son état.

En un mot, nous parlerons en terminant des opérations palliatives, qui constituent une pratique des meilleures et des plus recommandables, toutes les fois qu elles sont mises à leur place et qu’on ne perd pas de temps à les employer, alors qu’une opération radicale eut pu utilement être faite.

Que faire, en effet, lorsque 1 étendue du mal s oppose à toute tentative d’extirpation et que cependant la malade porte une tumeur ulcérée, source constante de résorption septique et d’épuisement du fait des hémorrhagies?

Que faire encore à ces tumeurs non ulcérées, mais d’une dureté ligneuse, qui emprisonnent la poitrine dans un étau serré et avec une continuité atroce dans les douleurs ?

N’y a-t-il pas enfin des malades qui réclament l’opération avec une instance telle, qu'il est préférable de les tromper par un simulacre opératoire que de leur laisser

la certitude de leur incurabilité?

En présence de ces cas divers, nous conseillons donc

de ne pas hésiter, et après avoir prévenu, sagement les membres de la famille de l’effet purement palliatif qu’il faudra attendre de l’intervention, le devoir sera de tenter de faire quelque chose pour soulager du moins, s’il est impossible de guérir.

L’application de caustiques et surtout des caustiques liquides (acide chromiquej est d’un effet généralement excellent dans les tumeurs ulcérées, molles et friables. Ces applications caustiques tarissent l’écoulement et empêchent la production des hémorrhagies ; on ne devra donc pas les ménager.

Dans les tumeurs dures non ulcérées, mais très douloureuses, dans le squirrhe par exemple, on se trouvera bien d’imiter la conduite des charlatans qui contentent les malades en pratiquant des cautérisations de la tumeur. Ces cautérisations, faites avec des caustiques solides généralement (caustique de Vienne, pâte de Canquoin), provoquent une sorte de débridement de l’induration néoplasique, qui fait disparaître les douleurs ; il faut donc savoir ce fait et sans chercher à se faire illusion sur le succès final de cette thérapeutique, il convient dans nombre de cas de la mettre en pratique.

Enfin, à la période ultime des cancers de la mamelle, alors que toutes les parties de l’aisselle et de la région mammaire sont étreintes par le néoplasme, on pourrait peut-être tenter, pour remédier aux douleurs locales, de fendre l’aisselle afin d’aller sectionner le plexus brachial.

Cette opération serait en tous cas moins grave, plus faisable et. pour ces raisons, plus acceptable que la désarticulation de l’épaule qui a été proposée.,

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