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CHAPITRE III

POURSUITE DES RECIDIVES.

i Les récidives, on le sait, sont fréquentes ; elles sont plus fréquentes, cela est facile à comprendre, dans les tumeurs étendues et s’accompagnant d’engorgement ganglionnaires^ue dans les néoplasmes simples, bien limités. Nous avons de plus cherché à établir que, à malignité égale, la non-réunion devait mettre davantage à l’abri de la récidive (l’opération étant plus largement faite) que la réunion.

Enfin, si la récidive doit survenir fatalement, nous avons montré encore que le pansement ouvert donnant la facilité de surveiller quotidiennement la plaie, de guetter cette récidive, permet par conséquent de pouvoir y remédier plus tôt et plus efficacement.

Nous devrons donc agir contre ces récidives aussitôt qu’elles apparaissent.

Celles-ci pourront être de deux sortes et le traitement sera différent pour chacune d’elles.

1° Il peut y avoir récidive dans la plaie ou au pourtour de la plaie dans la cicatrice. C'est une repullulation du néoplasme, soit dans une partie du tissu morbide laissé en place, soit dans un ou plusieurs grains glandulaires oubliés à la périphérie.

C'est une continuation du mal in situ .

2° Il peut y avoir récidive dans des ganglions plus ou moins éloignés, qui ne semblaient pas malades au moment de l’opération.

C’est une récidive à distance.

Les récidives de la première catégorie, qui apparaissent dans la plaie sous forme de bourgeons suspects ou dans la cicatrice sous l’aspect de nodosités indurées, seront poursuivies énergiquement dès leur apparition. On les attaquera soit avec les caustiques, soit mieux

encore avec le thermocautère, jusqu’àleur entière et large

destruction.

L’expérience a démontré que ces petites opérations secondaires donnaient souvent de très bons résultats. 11 Il n’y a donc pas lieu de désespérer de ce qu’une malade aura" présenté même à plusieurs reprises de ces repullulations locales, et celles-ci devront toujours être pour-

suivies avec ténacité et espoir.

Nous trouvons dans les statistiques allemandes plus d’un cas de guérison radicale après plusieurs de ces opérations secondaires et nous voyons Gross (1), dans la troisième conclusion de son mémoire au Congrès de Londres exprimer ainsi son opinion encourageante.

« Les reproductions locales de carcinome et de sarcc corne ne compromettront pas la guérison radicale si « on les extirpe largement à leur apparition. »

De notre côté, à l’appui du consed que nous donnons d’exciser largement chacun des nouveaux foyers de re-

pullulation sans jamais désespérer du succès, nous cite-

(1) Gross. Loc. cit.

rons l’obs. XV, qui nous montre la malade sortant guérie après deux opérations successives de récidive. Cette malade, depuis ce temps, n’est pas revenue à 1 hôpital de la Pitié et tout porte à croire que rien de nouveau n’est survenu chez elle.

Les récidives du deuxième ordre qui se font dans les ganglions non enlevés pendant l’opération sont plus redoutables et la thérapeutique chirurgicale a moins de prise sur elles.

On pourra encore extirper les ganglions ainsi engorgés, si ceux-ci sont situés dans l’aisselle près de la cicatrice. L’opération devra être faite alors, aussi large quelle l’eût été, si la première fois l’aisselle eût été ouverte. Ce sera une opération analogue à celle qui complète l’amputation du sein et que nous avons décrite avec suffisamment de soin.

Si par hasard il n’existait qu’un ou deux de ces ganglions engorgés et que ce fussent ces petits ganglions péri-mammaires signalés par M. Kirmisson, on pourrait se dispenser de vider aussi complètement le creux de l’aisselle. Il suffirait d’extirper largement le ganglion avec la région intermédiaire à celui-ci et à la cicatrice.

L’opération pourrait être faite alors avec le couteau du thermocautère.

Enfin, si la récidive existe dans des ganglions éloignés, sus-claviculaires, cervicaux, etc., on ne devra guère espérer pouvoir pratiquer aucune opération radicale.

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