L .. âgée de 41 ans, habitant le département du Morbihan
Opérée à l’âge de 39 ans d’une tumeur maligne du sein droit de nature inconnue. La région malade fut extirpée en totalité.
* Quatre mois après l'opération la malade devint enceinte et sa grossesse se termina heureusement.
Depuis ce temps elle souffre d’une gêne dans le côté droit du cou, qui gagne l’épaule droite en arrière.
On constate une chaîne de ganglions cervicaux et sus-claviculaires nombreux et volumineux, surtout en arrière de l’angle droit delà mâchoire.
Rien n’est survenu du côté du sein opéré.
Le sein gauche et le côté gauche du cou sont indemnes.
Observation XVII.
Carcinome du sein gauche. Tumeur cle la cinquième zone. Lnvaliissemenl des ganglions éloignés. Généralisation .
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I)..., âgée de 41 ans, entrée le 10 février 1884, à l’hôpital delà Pitié, service de M. le professeur Verneuil et couchée salle Lisfranc, n° 10.
Débat il y a quatre ans par une petite grosseur du sein gauche qui augmenta peu à peu, sans douleurs vives, sauf à l’époque des règles.
Etat actuel. — A la partie supérieure du sein gauche existe une tumeur du volume d’une mandarine, bosselée, de consistance inégale ; fluctuante ou très dure par places. La tumeur glisse encore sur la profondeur, mais la peau est très adhérente et présente le caractère peau d’orange sur une assez grande étendue autour de la tumeur. Le mamelon est rétracté vers le haut. Pas de tumeur dans l’autre sein.
Il existe un engorgement ganglionnaire dans les deux aisselles et on trouve des ganglions dans les deux régions sus-claviculaires également.
Outre ces phénomènes objectifs, la malade accuse des douleurs hépatiques vives qui durent, dit-elle, depuis quelque temps. Le foie est sensible et un peu augmenté de volume. Il n’existe pas d’ascite.
La malade souffre encore d’une toux quinteuse, incessante, et l’examen de la poitrine fait reconnaître à droite une diminution dans l’intensité du murmure vésiculaire et la présence de quelques frottements sous la clavicule. Des crachats blanchâtres et filants examinés avec la méthode convenable n’ontpas présenté de bacilles de la tuberculose.
Il existe donc une dissémination néoplasique très étendue dans les ganglions et une généralisation très probable au foie, à la plèvre et au poumon.
L’indication est de ne pas opérer.
Calmants; soins palliatifs appropriés aux douleurs hépatiques et aux phénomènes thoraciques.
Observation XVIII.
Carcinome du sein droit . Tumeur de la cinquième zône. Envahissement ganglionnaire éloigné. Généralisation.
Femme de 50 ans. Offre au sein droit une tumeur assez volumineuse non ulcérée occupant la totalité de la mamelle.
11 existe une infiltration de noyaux cancéreux dans les téguments de toute la moitié droite du thorax.
Adénopathie axillaire et cervicale du même côté.
A droite également, l’auscultation de la poitrine révèle l’existence d’une pleurésie probablement secondaire qui maintient la malade dans un état constant de fièvre et amène rapidement la cachexie. Inopérable.
Observation XIX.
Épithèlioma sudoripare de la région mammaire.
R... (Augusta), âgée de 56 ans, entre le 30 avril 1884, dans le service de M. le professeur Verneuil, salle Lisfranc, n° 16.
Cette malade arthritique, eczémateuse et sujette à des accidents cardio-pulmonaires répétés, a vu depuis quatorze ans s’établir à la peau du sein gauche en haut et en dehors une petite grosseur indurée du volume d’une lentille.
Actuellement on trouve en ce point une petite excavation sèche,
encroûtée et entourée d’une aréole irrégulière et très dure, de l’é—
tendue d’une pièce de 2 francs.
Cette petite ulcération cutanée n’est pas adhérente à la profondeur, elle siège en dehors de la région de la glande mammaire et ne peut avoir aucun rapport avec celle-ci.
Cette production d’une dureté ligneuse semble incluse dans
l’épaisseur de la peau.
Aucun engorgement ganglionnaire.
Extirpation après anesthésie locale.
L'examen histologique montra que de la face profonde des papilles partaient des traînées de cellules épithéliales disposées en boyaux continus et terminées en culs-de-sacs. Entre ces tractus épithéliaux sont interposés des trousseaux de tissu fibreux qui comprennent, dans leur intérieur, quelques amas de cellules épithéliales irrégulièrement disposées.
La rétraction de l’ulcération et de la peau avoisinante est réalisée par le retrait du tissu fibreux qui compose la plus grande partie de la production morbide.
Observation XX.
Hystérie. Douleurs dans la cicatrice consécutive à l' extirpation d'un adénome radicalement guéri.
G..., âgée de 27 ans, entrée le 5 mai 1884, à l’hôpital de la Pitié, service de M. le professeur Yerneuil, salle Lisfranc, n° 5.
Née d’une mère nerveuse et ayant elle-même des enfants nerveux, cette jeune femme est sujette depuis son enfance à des attaques d’hystérie accompagnées de perte de connaissance. — Constitution arthritique évidente. — • Opérée il y a trois ans par une extirpation partielle de deux petits adénomes simples sans engorgement ganglionnaire,elle est demeurée guérie radicalement. On voit les deux cicatrices parfaitement normales et souples situées l’une au-dessus et l’autre au-dessous du mamelon.
Aujourd’hui la malade se présente à nous avec des phénomènes hystériques variés, qui consistent en une asphyxie locale du pied et du tiers inférieur de la jambe droite, et en douleurs névralgiques intenses siégeant dans la cicatrice du sein.
Ces douleurs dans la cicatrice avaient débuté six mois après l’opération, elles furent guéries assez facilement alors, par l’administration du sulfate de quinine.
Depuis deux mois et demi celles-ci sont revenues à l’occasion du développement de cette asphyxie locale du pied qui constitue le phénomène principal.
Ces douleurs, sous forme de crises, s’augmentent avec les attaques d’hystérie que présente la malade ; ces attaques surviennent assez fréquemment et à la moindre contrariété.
A l’époque des règles, surtout si elles sont abondantes, il se produit une recrudescence dans les phénomènes douloureux.
Les cicatrices du sein sont souples et normales.
Observation XXI.
Récidive de tumeur maligne après extirpation partielle .
Femme de 51 ans, d'une belle santé et d’une constitution robuste habitant le département de l’Ailier.
Il y a onze ans, cette malade présenta une tumeur à la périphérien du sein droit au niveau du bord libre du grand pectoral. On diaguostiqua une tumeur bénigne et l’extirpation partielle de la mamelle fut pratiquée.
Il y a un an, apparition d’une tumeur semblable et située au meme point, mais au sein gauche. Même mode d’extirpation.
L’opération sur le sein droit avait été suivie d’une pleine et entière guérison, mais après l’extirpation partielle de la seconde tumeur survint une récidive presque immédiate.
Le reste de la mamelle est envahi, les ganglions de l’aisselle à gauche sont très engorgés jusque sur les vaisseaux; il en est de même des ganglions sus-claviculaires.
Le mal a atteint la quatrième zone avec une intensité dans la malignité qui éloigne l’idée de toute intervention.
Observation XXII.
Récidive dans les ganglions éloignés et dans les viscères.
M... âgée de 54 ans, opérée le 3 décembre 1883 par M. Yerneuil pour un cancer du sein droit.
Opération très large , ablation totale delà mamelle, 'pansement ouvert.
Le 12 août 1884, la malade rentre à l’hôpital avec une dissémination de colonies secondaires dans les ganglions cervicaux, dans la peau de la région thoracique qui présente plusieurs noyaux du
côté droit.
Il existe une paraplégie complète qui dénote un envahissement de la colonne vertébrale.
La cicatrice du sein est souple, normale, non adhérente; il n’existe aucune trace de tissu pathologique dans l’interligne cicatriciel ni sur les bords. «
Mort le 17 octobre dans un état de cachexie extrême.
L'autopsie a confirmé les données de l’examen clinique. La cicatrice est parfaitement saine et souple, mais au-dessous d’elle et à son niveau deux côtes présentent des foyers de dégénérescence cancéreuse étendue.
Pleurésie cancéreuse à noyaux végétants disséminés à gauche. Noyaux sous-pleuraux à la surface et dans les scissures du poumon du même coté.
Noyaux nombreux et volumineux dans le foie.
Uu petit noyau dans la rate.
Noyaux cancéreux de la grosseur d’une noisette dans l’épaisseur du corps de la neuvième vertèbre dorsale. Ce foyer pathologique arrivait jusqu’à la face antérieure du corps vertébral, mais sans faire de saillie dans l’intérieur du canal médullaire.