‹ Du traitement de certaines affections chroniques par la bactériothérapieChapitre 2 sur 14 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis les travaux de Pasteur nous savons qu’à l’origine de la maladie se trouve la pénétration, puis le développement dans nos tissus de germes pathogènes venus du dehors ou bien quoique préexislants et restés apparemment inoffensifs dans notre organisme ÿ acquièrent subilement, à la faveur d’une cause variable, souvent banale, une virulence spéciale.

D'où Ia notion actuelle d'infection. Dès que le dérangement constaté dans l’ordre matériel de l'organisme, chaque fois que le concours des phénomènes pathologiques caractérisant une maladie le permet, on la fait rentrer dans le cadre des maladies infectieuses : c’est-à-dire à germes pathogènes spécifiques, microbes déterminés provoquant dès l’invasion de l'organisme une succession de réactions constantes et identiques dans tous les cas pour un même microbe, avec seulement quelques modalités tenant uniquement à l’état actuel de l'organisme attaqué, et dont on peut prévoir le cycle évolutif à l'avance.

Si celui-ci demande un temps très court on dit que la maladie est aiguë. Par contre s’il se poursuit durant de longues années, revètant un caractère d’incurabilité et entraînant une déchéance prématurée, on dit que la maladie est chronique. C’est le cas de la tuberculose, de la syphilis, du cancer, etc.

Mais il est certaines affections du tube digestif, de l’arbre

respiratoire, de l'appareil circulatoire, du système nerveux, de la peau : troubles gastro-intestinaux, asthme, emphysème, artério-sclérose, asthénie, dermatoses, etc., qui, sans mettre d’une façon immédiate la vie en danger, la rendent particulièrement désagréable. Leur ensemble concourt à amener l'impotence fonctionnelle, aboutissant aussi bien à la déchéance prématurée. ù

Ces affections n'ont pas nécessairement à leur origine un micro-organisme pathogène; on n'a su jusqu'à ce jour découvrir le microbe du rhumatisme, de l’asthme ou du psoriasis. Mais on a vu une poussée d’urticaire succéder à une crise rhumatismale, un état asthmatique, disparaître pour faire place à une poussée de psoriasis et inversement; il existe une corrélation évidente entre l’état gastrique et l’état de nervosisme de certains individus.

Il est donc assez logique de considérer ces affections comme des manifestations interférentes d’une même maladie, dont la caractéristique est précisément la lenteur de son évolution et son incurabilité et que l’on désigne sous le nom de cronicuté.

L'intercurrence entre les différentes affections chroniques envisagées indique nettement la présence d’une entité causale identique dans tous les cas, qui se trouve à l’origine de la chronicité comme le microbe se trouve à l'origine de l'infection.

De la nature, du mode d'action de cette entité pathogène découle nécessairement son traitement, par conséquent le traitement des affections chroniques.

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