‹ Du traitement de certaines affections chroniques par la bactériothérapieChapitre 3 sur 14 · INFECTION, IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

INFECTION, IMMUNITÉ

Vaccination préventive et sérumthérapie.

ANAPHYLAXIE

VizLemN, Laënnec, TROCSSEAU, parmi les grands cliniciens

de l'École fhhngaie SRE soupçonné le microbe infectant.

Mais c'est Pasreur qui, par ses découvertes fondamentales

sur l'origine des fermentations, devait mettre les chercheurs

sur la voie.

Après nous avoir mis sous les yeux l'origine honte des maladies infectieuses, ses travaux continués par un grand nombre de savants, parmi lesquels, pour he citer que les plus illustres, on relève les noms de E. Roux, Boucarn,

Mercanixorr, BEurié, AL. Wricnr, CH. Ricmer, etc., ont

démontré le ton de De permettant de lutter victorieusement contre l'infection.

L'introduction de bactéries ou de cellules d’une espèce étrangère dans l'organisme d’un animal y détermine l’apparition de substances qui réunissent ces bactéries ou ces cellules en amas, les agglutinant ou les dissolvant plus ou moins complètement.

Les expériences de PPEIPFER, Mercunixorr, Borper (‘), ont

1, Annales de l'Institul Pasteur, 1895.

\ montré par exemple qu’une forte dose de vibrion cholérique

virulent, injectée dans le péritoine d'un cobaye provoque une péritonite mortelle. Mais prend-on le soin de n'injecter qu’une faible dose du même microbe atténué ou stérilisé, l'animal n'éprouve qu’une indisposition légère ou nulle, el ensuite on peut lui injecter une dose mortelle pour un animal témoin, il résiste parfaitement.

L’exsudat péritonéal et le sang du cobaye ont acquis la propriété d’agglutiner et de dissoudre in vitro et in vivo les vibrions cholériques. Une substance nouvelle, ou plutôt un

excès d’une substance que le cobaye produit normalement

en quantité bien faible est apparue dans ses humeurs. Cette substance est spécifique, elle se fixe sur le RAGrPE et provoque sa destruction.

La propriété nouvelle acquise par le sang du cobaye et qui se traduit par une aptitude plus grande à dissoudre les cellules étrangères, est due à la production en plus grande abondance d’une substance qui existe normalement dans son organisme en faible quantité, que l’on nomme anticorps.

On donne le nom d’antigène au corps étranger qui provoque.

l'apparition de l’anticorps.

Ce que l’on observe avec les vibrions cholériques peut se répéter pour d'autres microbes; l'organisme peut acquérir ainsi la propriété de détruire les agents d'infection auxquels il ne résisterait normalement que difficilement. Get état de résistance accrue et désigné sous le nom d’immunité, est dû à la présence des anticorps spécifiques qui se combinant avec le microbe pathogène ou ses sécrétions toxiques en neutralisent l’action pathogène.

L'immunité peut être naturelle. On sait par exemple que le rat est réfractaire à la maladie du choléra.

Mais elle peut être acquise par des injections appropriées.

En effet, les cultures microbiennes n’ont pas une toxicité

lixe, ainsi une culture de charbon chauffée devient incapable, inoculée au mouton, de le tuer, mais elle lui confère l’'immunité. L'animal est vacciné,

AN Ne Re

De même,.les produits solubles sécrétés par le microbe injectés à un animal lui confèrent l’immunité (sérum antidiphtérique, sérum antitétanique).

Ainsi sont nées la vaccination préventive et l’immunisation antitoxique qui a donné elle-même naissance à la sérumthérapie.

Vaccination préventive et sérumthérapie visent donc à conférer l’immunité, la première en incitant l'organisme à fabriquer des anticorps; la seconde en lui apportant ces anticorps déjà tout préparés.

On considère l’immunité acquise par la première méthode comme active. la seconde est dite passive.

L'une et l’autre devaient concourir heureusement à la lutte contre l'infection, ouvrant de nouveaux horizons aux hommes de laboratoire, faisant naître un nouvel espoir chez: le praticien.

Dans le cours des recherches entreprises à la suite, on a découvert un autre phénomène, un autre mode de réaction de l'organisme. À

En 1902, Cu. Ricuer et P. Porrier opérant avec une substance extraite des tentacules d’actinies en dissolution dans de la glycérine, et cherchant à déterminer la dose toxique de ce liquide, constatèrent le fait suivant :

«.Un chien exceptionnellement vigoureux et bien portant

avait reçu d’abord, 0,1 de liquide glycériné sans être malade. Vingt-deux jours après, comme il était en excellente santé, on lui injecte la même dose, 0,1. Aussitôt, quelques secondes après que l'injection a été terminée, il est extrêmement malade ; la respiration devient angoissée, haletante. Il peut à peine se traîner, se couche sur le flanc, est pris de diarrhée et de vomissements sanguignolents. La sensibilité est abolie et il meurt en vingt-cinq minutes. »

Ainsi donc, au lieu de créer un état de résistance accrue, d'’immunité, la première injection, a déterminé au contraire, une hypersensibilité au poison ; les choses se passent même

comme si l’on avait injecté un poison à effets différents de ceux antérieurement produits.

Ch. Richet donna à cette réaction de l'organisme caractérisée par une sensibilité accrue le nom d’anaphylarie, créant les termes : préparïante pour désigner la première injection qui met en quelque sorte l'organisme en état d'anaphylaxie, et déchaînante pour désigner la seconde injection qui provoque la crise anaphylactique.

Entre les deux ‘injections doit s'écouler un certain temps, une période d'incubation pour que la crise puisse se manifester à la seconde injection.

Mais il n’y a pas que les poisons des actinies qui sont susceptibles de, provoquer l’anaphylaxie. Les injections de sérum de cheval la produisent aussi (Arthus) et quantité d’autres substances normalement inoffensives sont dans le même cas.

Enfin tout comme il y a une immunité passive, il y a une anaphylaxie passive; le sérum d’un animal anaphylactisé injecté à un autre animal n'est pas toxique, mais si ce dernier reçoit ensuite une dose de poison non toxique pour un animal témoin, il ne résiste pas à cette dose.

; ° : CHAPITRE Il

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