‹ Du traitement de certaines affections chroniques par la bactériothérapieChapitre 5 sur 14 · PATHOGÉNIE DE LA CHRONICITÉ · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE DE LA CHRONICITÉ

Chronicité expérimentale et chronicite clinique.

Ainsi donc un organisme immunisé n'est plus un organisme normal, il est en état d'anaphylaxie latente et nous assistons à cetle double évolution en apparence contradictoire de notre organisme : au fur et à mesure qu'un individu avance en âge, qu'il acquiert une immunité de plus en plus diverse c’est-à-dire vis-à-vis d’un plus grand nombre d’infections, simultanément augmentent ses risques anaphylactiques.

Mais ce n'est pas tout.

« Si on injecte à un lapin du sérum de cheval à petites doses, dit M. Daxysz, et qu’on répète cette opération tous les jours pendant vingt à trente Jours, on n’observe jamais de crise anaphylactique bien que dès le quinzième jour son sérum est précipitant. » Si alors on le laisse à lui-même, après la série d’injections qui n’ont donné lieu à aucun incident notable, au bout de deux ou trois mois, il présentera des troubles variés caractérisant précisément la chronicité. « Sur une douzaine de lapins aiusi traités, on constate au bout de trois mois que certains présenteront par exemple des accidents nerveux (parésie), d’autres des dermatoses avec alopécie, d’autres des rhumatismes et si aucune maladie infectieuse accidentelle ne vient troubler l'expérience, il ne

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restera au bout d’un an qu'un ou deux lapins survivants et d’ailleursdans un pitoyable état de déchéance. Tous les autres atteints de maladies chroniques plus ou moins caractérisées ou de cachexie auront succombé. »

Chez les chevaux de laboratoire immunisés de façon intensive pour la production de sérums antitoxiques ou antimicrobiens on observe des phénomènes analogues. La plupart en effet commencent par devenir moins vifs et moins vigoureux et succombent souvent à des hémorragies internes par rupture du foie. A l’autopsie d'animaux ainsi immunisés pendant un à deux ans, A. Perir et G. Loiseau ont trôuvé les lésions suivantes : « modifications profondes au niveau des organes hémolymphatiques (rate et moelle osseuse) qui sont le siège d’une hyperplasie accrue; les glandes endocrines offrent des signes manifestes d'hyper-

sécrétion, tandis que le foie et le rein surtout présentent des lésions marquées. »

Il est @ifficile, sinon impossible d’altribuer uniquement à l’action toxique des bouillons de culture ces états morbides, car dès les premières injections peu ou pas pathogènes il y a dans le sérum sanguin de ces animaux une quantité d'anticorps bien plus grande qu’il n’en faut pour neutraliser les doses de poison microbien injecté. D'ailleurs, pour les lapins de notre expérience, soumis aux injections subintrantes de sérum de cheval, la chose est hors de doute, attendu que le sérum de cheval n’est pas un poison à proprement parler. :

Voici donc un ensemble d'états morbides produits à brève échéance chez des animaux de laboratoire et qui rappellent absolument les troubles fonctionnels constituant ce que l’on appelle la chronicité.

Quelle en est La cause?

C'est bien un antigène qui est à l’origine de cette déchéance prématurée, mais il n’agit pas par sa toxicité. Il faut penser que les maladies provoquées expérimentalement sort le résultat des réactions de l'organisme.

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Or, les lésions constalées à l’autopsie des animaux immunisés contre les toxines décèlent un fonctionnement intense des organes, ce qui indique une hyperactivité fonctionnelle des cellules dont le but est précisément la production d’anticorps. Et la cellule appelée incessamment à produire ces anticorps est constamment en état de fatigue. Nous dirons avec M. Danysz que :

« La surproduction d'anticorps doit avoir pour conséquence une activité plus grande et un surmenage des cellules chargées d’un travail qu'elles n’ont pas à effectuer normalement et qui les empêche plus ou moins de remplir leurs fonctions normales. Es

« Le surmenage fonctionnel entraînera l’hypertrophie de l'organe, d'où appel d’une plus grande quantité de liquide nécessaire aux échanges devenus plus actifs et de là, ædématisation des tissus et en définitive formation d’un processus inflammatoire qui crée la lésion. »

Tel est le mécanisme de la chronicité expérimeñtale qui nous apparaît dès lors comme une maladie cellulaire dont la cause est une production d'anticorps en excès.

Chez l'homme la production des anticorps ne se fait qu’au fur et à mesure de la pénétration des antigènes dans l'organisme; ceux-ci se trouvent constamment à La porte d'entrée sous la forme de microbes, hôtes habituels ou accidentels de notre tube digestif, de débris alimentaires albuminoïdes incomplètement transformés.

Qu'un trouble même minime de l'intégrité physiologique de la muqueuse intestinale survienne et ils envahissent l'organisme en quantité variable. Au premier choc les tissus résistent, il y a immunité active; la période d'incubation commence, puis l'état d'anaphylaxie latente s'établit pour un temps plus ou moins long. À la seconde attaque la crise anaphylactique sera déchaînée, se manifestant plus ou moins vivement. FeÉ

Ses manifestations ne sont pas nécessairement d'emblée décelables cliniquement; l’état de mal qu’elles constituent

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