ORIGINE COMMUNE DE L'IMMUNITÉ ET DE L’'ANAPHYLAXIE
ANTIANAPHYLAXIE
Ils’ensuit donc, qu’à côté des anticorps immunisants qui neutralisent les antigènes et leurs toxines, se produisent des anticorps anaphylactisants qui rendent toxiques les substances normalement les plus inoffensives.
Or ces deux réactions contraires peuvent être provoquées par les mêmes substances. Autrement dit tel antigène spécifique auquel on a demandé la production d'anticorps en : vue de conférer à l'organisme l’immunité pour certaine infection, provoque dans ce même organisme un état d’anaphylaxie. Etat qui n'apparaît qu'après un certain temps d'incubation, mais peut persister pendant des mois el des années. Et ceci explique le fait maintes fois constaté aux armées au cours de cette guerre, lors de l'application systématique de la vaccination anti-typhoïdique à des millions de soldats, que les sujets ayant été précédemment malades de la fièvre typhoide étaient bien plus sensibles que les sujets normaux. FR
Deux individus, du même âge, également bien constitués, l'examen clinique-ne révèle pas la moindre tare organique. L'un a déjà eu la fièvre lyphoïde. On les vaccine. Dès la
première injection, alors que son camarade ne manifeste aucun trouble, le typhique ancien présente toute une série
de troubles notables dont la gravité peut être très grande,
allant de la simple nausée aux vomissements, la tempéra- Lure peut varier entre un écart de 1° à 3° en même temps que le malade accuse de la céphalée, de la courbature générale. Un peu de repos au lit, diète ou alimentation très légère, au bout de deux où trois jours tout rentre dans l'ordre dans les cas bénins, dans les cas graves l’indisposition peut durer fort longtemps.
Or la première fièvre typhoïde avait conféré une immunité comme cela est démontré depuis longtemps. Mais pour que le vaccin ait déterminé les troubles anaphylactiques cités plus haut il était nécessaire qu’en même temps que cet état d’immunité existât un état d’anaphylaxie latente, déchaînée ensuite par une inoculation spécifique.
On observe les mêmes phénomènes dans presque tous les
cas d’immunité acquise soit naturellement à la suite de maladies guéries, soit artificiellement à la, suite d’ injections de vaccins ou de sérums.
Cela nous amène à conclure que tout état d'immunité, quelle qu'en soit l’origine peut s'accompagner d’un état d’anaphylaxie. L’anticorps immunisant est le même que
l’anticorps anaphylactisant, puisque dans le cas de la vacci--
nation antityphique l’antigène était le même microbe, tout comme dans les cas de maladies du sérum le sérum immunisant est le même que le sérum anaphylactisant.
Dans l’un comme dans l’autre cas la présence des anticorps dans l'organisme est indubitable. Mais pour qu'il y ait choc anaphelactique il faut que les antigènes soient apportés brutalement en doses suffisantes. Cela a été parfaitement mis en évidence par les travaux les plus récents, notamment ceux de J. Daxysz, confirmés par ceux de Novy et Keurrr, E. Zuxe, M. Lœwir, qui ont démontré que l’anaphylaxie ou plutôt la crise anaphylactique expérimentale n’est en réalité qu'une manifestation pathologique provoquée par une inter-
er le
vention trop brutale dans un organisme immunisé. En d'autres termes, il y a réaction intravasculaire et intracellulaire trop violente entre l’anticorps de l'organisme immunisé et le produit pour lequel il est immunisé; et celte réaction ne devient visible, se manifeste cliniquement seulement lorsqu'elle est provoquée par une dose trop forte. Cela est si vrai que, si au lieu d’injecter au sujet hypersensible la même dose qu'au sujet normal, on lui injecte une dose assez faible, il la supporte sans réaction notable, et il se trouve vacciné en quelques minutes contre une dose normalement pathogène. | |
L'anlianaphylarie de Srenmaror et BEsREDKA consistera à faire précéder l'injection qui devrait être déchaïnanie d’une injection très faible du même antigène. Au bout d’un temps, variable avec le mode d'injection choisi (vingt minutes pour la voie intraveineuse), on peut faire sans danger l'injection d’une dose plus forte que la dose normalement mortelle, le sujet ne ressent aucun trouble.