‹ Du traitement de certaines affections chroniques par la bactériothérapieChapitre 8 sur 14 · HIDE · texte numérisé non relu

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organe un phénomène analogue ne se traduisant que par des malaises légers, pASSagers auxquels on ne prête aucune attention.

Pour que dans le procédé antianaphylactique de Besrepka on puisse éviter ce choc anaphylaciique par la simple injection d'une faible dose de l’antigène, il faut admettre que les anticorps préexistants en excès et produits à la suite de l’injection préparante pendant l’incubation se trouvent neutralisés par la faible quantité d’antigène de la petite injection.

Ce qui se passe dans l'organisme humain est de même nature, l’anaphylaxie latente clinique ne se distingue de l'anaphylaxie latente expérimentale que par les moyens employés à la réaliser.

Toute question d’immunisation artificielle mise à part, l’anaphylaxie chez l'homme et les animaux prend son origine dans l'excès des anticorps produits par la pénétration naturelle d’antigènes dans l'organisme. Il y a une pénétration préparante suivie d’incubation et le déchaïnement des accidents est à chaque instant imminent.

Il importe donc de déterminer l’origine et la nature des antigènes susceptibles de provoquer l’anaphylaxie.

Les microbes des téguments n’ont qu’une importance bien secondaire, la peau ne se laissant pas franchir.

Bien autrement important est le rôle des microbes qui pullulent dans notre tube digestif.

Sans vouloir remonter aux « humeurs peccantes » de nos aïieux, nous rappellerons les expériences de Kuxuca déterminant des accidents aigüs tels que vomissements, convulsions, contractures musculaires chez les animaux en leur injectant des sécrétions des microbes de la flore intestinale recueillis dans Les cas d’occlusion intestinale.

De tout temps on a cherché à lutter contre ce que l’on désigne sous le nom d’auto-intoxications intestinales. Bou- CHARD avait recours au 8 naphtol, SrErN, STRASSBURGER, orien- tèrent leurs recherches dans le même sens. Haveu s'adressa le premier à l'acide lactique, Mercanixorr au bacille-ferment

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lactique. AzLex, S. Marsais, BerrHeLor et BERTRAND poursuivirent le même but par la bactériothérap.e procédant de la vaccinothérapie de Az. WRriGx1.

Sous l'influence des différents procédés employés on vit, en effet, les symptômes généraux diminuer d'importance ou disparaître tout à fait.

Néanmoins ces améliorations n'étaient pas constantes et ce qui mieux est, la flore intestinale, ainsi que l'a constaté M. Danysz, se trouvait peu ou pas modifiée quel queifüt le traitement employé. On retrouvait toujours, — peut-être en quantité moindre, — les mêmes microbes dans les fèces.

C'est qu'aussi bien il ne faut pas perdre de vue que les accidents provoqués prennent leur origine non seulement dans les microbes et leurs toxines, mais aussi dans les substances albuminoïdes d’origine alimentaire incomplètement transformées par le suc digestif et qui, lors d’un trouble fonctionnel quelconque de la muqueuse intestinale peuvent pénétrer dans l'organisme y agissant ensuite comme antigènes. De là ces susceptibilités extraordinaires de certains individus vis-à-vis de la chair de poisson, du lait, des œufs étudiées par Saerrigzn, CasraIGNe et Gouraup, LEesne, et tant d'autres, qui tiennent moins à la nature des antigènes qu'à la façon dont l'intestin digère et assimile.

Quoi qu'il en soit, microbes, sécrétions microbiennes, substances albuminoïdes d’origine alimentaire incomplètement transformées : polypeptides, albumoses ou peptones vont agir comme antigènes provoquer et entretenir la formation d'anticorps d’une façon incessante, si rien ne vient y mettre obstacle.

L'organisme se trouve naturellement en état d'immunité constante vis-à-vis des microbes, hôtes habituels du tube digestif, et rien d'étonnant à ce qu'ils ne soient pas nocifs, puisque de ce fait ils ne peuvent se développer dans nos tissus.

Cette immunilé s'accompagne invariablement d’un état d'anaphylaxie latente chronique vis-à-vis des mêmes microbes et de leurs toxines.

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L'organisme est également en état d’anaphylaxie latente vis-à-vis des substances albuminoïdes insolubles qui se trouvent immanquablement dans notre tube digestif, ou tout au moins il peut le devenir et doit le devenir fatalement puisque ces albuminoïdes peuvent pénétrer dans l’organisme. +

Donc, que l’un ou l’autre, — l’un n'empèchant pas l'autre, — de ces antigènes pénètre dans l'organisme et l’état d'anaphylaxie est créé. Par le même processus le même antigène peut y pénétrer de nouveau en quantité variable, et la crise anaphylactique éclate, avec une intensité proportionnée; les manifestations pouvant être intercurrentes ou concomitantes.

Si rien ne vient y mettre obstacle, la pénétration des antigènes se renouvellera incessamment, la production: d’anticorps se fera indéfiniment et nous assistons ici, comme chez les animaux de laboratoire, à un surmenage cellulaire, avec toutes ses conséquences précoces ou tardives suivant sa fréquence.

Tel étant le mécanisme de l’anaphylaxie latente ou chronicité clinique, celle-ci est universelle, en tout cas, ses causes le sont :

Insuffisance ou incapacité digestive permanente ou tem-

poraire de la muqueuse gastro-intestinale favorisant la pénétration dans l'organisme d’antigènes, hôtes habituels du tube digestif.

Un mode de traitement pourra avoir pour but le renforcement de la puissance digestive et assimilatrice du tube digestif. C’est une question de diète et d'hygiène alimentaire.

Le traitement curatif s’attaquant à la cause réelle, sera un traitement antianaphylactique. Il y a surproduction d’anticorps provoquée par des antigènes microbiens ou alimenmentaires existant inévitablement dans Le tube digestif. On en neutralisera les effets nocifs par l'administration d’antigènes appropriés.

Ce sont les idées dont s’est inspiré M. Danysz pour entre-

prendre avec le concours de ses collaborateurs de l'Institut Pasteur et un certain nombre de cliniciens, lapplication systématique d’une méthode thérapeutique dont les résultats sont exposés plus loin.

La méthode antianaphylactique procède de la bactériothérapie. Il est évident que les troubles anaphylactiques chroniques ressortissent pour le plus grand nombre aux micro-organismes de la flore intestinale.

En outre, on ignore jusqu’à quel point, ceux-ci entravent, par leur développement et leurs sécrétions, l’action du suc digestif sur les aliments, concourant ainsi de façon importante à diminuer la puissance digestive et assimilatrice de l'instestin. |

En s'adressant à eux pour neutraliser les anticorps en excès dans nos tissus, non seulement on en atteindra le plus grand nombre, quérissant ainsi le plus grand nombre de ces affections chroniques si désagréables, mais en mème temps on vient en aide au tube digestif en lui permettant de mener à bien le métabolisme dont il est chargé.

Ceci explique peut-être aussi pourquoi au cours de l’expérimentation faite dans ce sens, M. Danysz est arrivé à cette conclusion que « le traitement n’a pas toujours besoin d'être rigoureusement spécifique pour donner des résultats satisfaisants ». k se

En effet, 15 cas de psoriasis (parmi les 159 cas d’affections chroniques traitées par M. Danysz et ses collaborateurs), ont été traités par les procédés antianaphylactiques, mais avec des antigènes différents : 6 par des préparations microbiennes autogènes, # par des préparations hétérogènes polyvalentes, 2 par de la moelle de lapin, 3 par des injections de luargol. Dans 14 cas sur les 15, les résultats ont été iden-

tiques : disparition des plaques psoriasiques en trois à six

semaines.

Dans la plupart des cas de troubles gastro-intestinaux, les

préparations hétérogènes se sont montrées aussi actives que les préparations aulogènes.

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Le traitement a toujours donné des améliorations sensibles pre les cas d'épilepsie, les crises Fragen moins fré- quentes et moins graves.

Les cas d'asthme guéris sont nombreux.

12% Urticaire, prurit, rhumalismes ne résistent pas au traitement. . ' Étant donné l’universalité de l’action 1e antigènes microbiens de la flore intestinale, il est logique de faire le plus plus grand crédit à la bactériothérapie pour le traitement antianaphylactique des affections chroniques.

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