INTRODUCTION
Depuis le début du siècle, l’ozène a été l’objet d’études particulièrement approfondies dans le but de déterminer son étiologie et par cela même d’instituer un traitement efficace de cette terrible infirmité.
Malheureusement les résultats n’ont pu être définitifs; les théories les plus diverses ont été émises, les traitements les plus variés ont été essayés sans qu'aucun d’eux n’ait apporté de résultats parfaits dans le traitement de la rhinite atrophique ozèneuse.
Il semble cependant que durant ces dernières années, la théorie inflammatoire a rallié le plus de suffrage et a reçu confirmation de l’épreuve théra peutique par les vaccins et sérums établis avec les agents pathogènes auxquels on attribue la responsabilité de l’ozène.
BACTÉRIOLOGIE DE L'OZÊNE
La flore microbienne des sécrétions ozéneuses est particulièrement abondante. Cependant, parmi les nombreux éléments qu’elle comprend, trois seulement présente un intérêt particulier et méritent une description spéciale : le cocco-bacille de Perez-Hofer, le diplocoque de Loewenberg-Abel et le bacille de Belfanti et Della Vedona. .
Le bacille de Perez ne se rencontre que dans des cas tout à fait rare. Il est aérobie ou anaérobie facultatif, à la température de l’étuve il pousse sur tous les milieux, en bouillon peptoné il pousse lentement et au bout de 24 heures on observe la formation d’un dépôt filamenteux, assez abondant, le liquide qui surnage ce dépôt est louche. Sur gélose il donne une culture épaisse, abondante à bords transparents, il pousse également sur la pomme de terre et ne coagule
pas le lait.
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Ce bacille ne prend pas le gram, mais est coloré par toutes les couleurs d’aniline. Il ne présente enfin
aucun mouvement de translation.
Si on l’inocule à des lapins, ceux-ci succombent environ 3 jours après d’une septicémie grave.
Le bacillus mucosus ozenæœ découvert en 1884 par Loewenberg se rencontre au contraire d’une façon à
peu pr.s constante dans les croûtes d’ozéneux.
Il se présente sous la forme äe bâtonnets courts, immobiles, encapsulés et à extrémités arrondies. Il se cultive sur les milieux employés habituellement en bactériologie et en particulier sur la gelose où on observe rapidement une culture abondante, visqueuse et blanchâtre. Il fait fermenter la saccharose.
Ce bacille est gram négatif mais se colore par toutes les couleurs de l’aniline.
Inoculé à la souris en très faible quantité, il tue cet animal en 48 heures.
Ce germe est absolument identique au germe découvert par Friedlander deux ans plus tôt sous le nom de pneumobacille. |
Le bacille de Belfanti et Della Vedona enfin a été trouvé par ces auteurs en 1896 d’une façon constante dans 63 cas d’ozène par eux observés.
Üne préparation microscopique de la sécrétion nasale d’un ozéneux montre ce bacille sous la forme de grands bâtonnets légèrement recourbés présentant
presque toujours à l’une ou aux deux extrémités de leurs corps faiblement colorés des petites granulations sombres. Ce bacille se rapproche beaucoup du bacille
de Loeffler.
Cultivé sur gélose, si l’ensemencement n’est pas gêné par des cultures du bacille de Loewenberg, on observe après un séjour de 24 heures à l’étuve, une grande quantité de colonies arrondies ou ovalaires, à bords transparents et centre surélevé, de coloration
jaune brun.
Dans les cultures sur gélose, gélatine ou pomme de terre, le bacille para-diphtérique présente absolument les mêmes caractères, si ce n’est qu’il n’est pres-
que jamais incurvé.
Ce bacille pousse également à 37° dans le sérum sanguin. Îl est gram positif, immobile, et acidife fortement le bouillon.
Beaucoup moins toxique que le bacille de Loeffler, il peut être inoculé à la souris blanche ou au cobaye sans qu’on observe chez ceux-ci de troubles graves. C’est cette toxicité moins grande seule qui sépare le
bacille de Belfanti de celui de Loeffler.
Il se différencie par contre assez facilement du bacille pseudo-diphtérique d’Hoffmann qui conserve dans tous les milieux nutritifs sa forme courte et trapue caractéristique et qui n’acidifie jamais le bouillon.