‹ Du Traitement de la Cataracte Molle Par La Méthode De L'AspirationChapitre 8 sur 29 · LE D · texte numérisé non relu

LE D

OBsERvATION (Blanchet, Gaz. méd. n° 34, 4847). — Monsieur X..., affecté depuis quinze jours d’une cataracte molle, opéré le 7 juillet 4847. La pupille ayant été préalablement dilatée par la belladone, je fis une ponction à la cornée avec une aiguille à cataracte sur la limite de cette dilatation, afin que la tache légère qui résulte de cette plaie ne puisse se trouver plus tard dans le champ de la pupille. Dans un deuxième temps j’introduisis par l’incision faite à la cornée et jusque dans le cristallin, un tube qui ressemble à celui d’une seringue d’Anel, mais dont il diffère par son diamètre qui est plus grand et par son extrémité qui est taillée en bec deflûte. Dans un troisième temps j'ai produit l'aspiration.

Le jour où le malade est présenté à l’Académie, il a la pupille très nette, la vision est bien rétablie. Il ne s'est déclaré à la suite de l’opération aucun incident qui ait pu lempêcher de venir journellement à ma clinique.

En 1853, dans sa thèse de concours pour l’agrégation, voici comment s'exprime le docteur Richard au sujet de la méthode de Laugier : « L'expérience n’a sans doute point encore assez parlé pour que le jugement soit définitif sur la méthode par aspiration. Mais on ne peut s'empêcher de dire qu’elle s’offre tout naturellement comme le mode opératoire par excellence des cataractes molles complètes. »

La même année nous trouvons dans la Revue de thérapeutique du Midi, que le docteur Desmartis, de Bordeaux, fut amené à pratiquer la succion dans les circonstances suivantes :

Entrain depratiquer, au moyen de l'aiguille, une opération de cataracte chez un vieillard de soixante-dix ans, le docteur Desmartis s'aperçoit au moment où il déchire la cristalloïde que son instrument se trouve dans un fluide; 11 avait

sous la main une cataracte liquide. Craignant, s’il pratique le broiement ou la simple dilacération, que l’absorption lente chez un vieillard faible et anémique n’ait point facilement raison des débris flottants et n’amène plus tard une cataracte secondaire, fort embarrassé pour obtenir un bon résultat, il a recours au procédé suivant : « Tout à coup, dit-il, j’aperçois sur la cheminée plusieurs tubes de verre et une idée subite traversa mon esprit. Je retire mon aiguille de l’œii; j’effile sur des charbons ardents un de ces tubes, en me servant d’un autre en guise de chalumeau. Quand j'ai amené l’extrémité à peu près à la grosseur d’une aiguille à cataracte, je courbe le tube à angle droit. J’introduis alors l'extrémité effilée dans l’œil par l'ouverture au’avait pratiquée l'aiguille. Arrivé au cristallin, j’aspire à plusieurs reprises : le liquide cristallinien passe dans le tube et l’œil devient parfaitement transparent; seulement la périphérie est frangée de quelques masses opaques que j'aspire également. »

Encouragé par ce succès, le docteur Desmartis fait faire cet instrument en acier : le corps est un tube en acier, du calibre du tuyau d’une plume à écrire, ayant une extrémité libre pour aspirer et l’autre terminée par une aiguille fistuleuse destinée à pénétrer dans l’œil. À une certaine hauteur du tube existe une voussure inférieure et demi-sphérique qui se visse et sert de récipient. Au bas de ce récipient est un petit trou que l’opérateur peut boucher avec le doigt et que l’on obture quand on aspire, en sorte que lorsque le liquide est aspiré, il monte dans le tube, tombe dans le récipient, d’où il s'écoule quand on lève le doigt. Il n'y a ainsi aucun risque que le liquide arrive jusqu'aux lèvres de l’opérateur; ce que d’ailleurs on évite infaillible-

mn 14e ment en mettant près de l’embouchure du tube un petit cône perforé et renversé.

Après Laugier, Blanchet, Desmartis, cette méthode est abandonnée par les chirurgiens français qui dans les cataractes molles emploient à peu près exclusivement la discision ou l’extraction linéaire.

Pour être complet nous devons dire cependant que, le 27 mars 1860, Mathieu soumet à l’Académie de médecine une curette pour opérer l’exträction du cristallin dans la kératotomie linéaire, mais cet instrument n’a pas uniqutment pour but d’aspirer les cataractes molles, il'est sur. tout destiné à extraire la cataracte dure.

Cette curette est creuse et commünique avec une tig: tubulée ainsi que le manche qui la porte. A l'extrémité & : ce manche est fixé un tube en caoutchouc que l’opératett place dans sa bouche et par lequel il aspire avec plus 01 moins de force pour faire le vide. Ainsi, d’après Mathiet. lorsque le cristallin est dur, 1] suffit après la section d’ap pliquer la curette sur Le cristallin, faire une aspiration, e: le corps vient s'appliquer contre la curette où il adhère assez fortement pour pouvoir être entraîné dans l'instrument: ce qui en effet aurait eu lieu dans une opération faite à Saint-Antoine par le docteurFoucher.

Nous avouons qu’il nous paraît fort difficile que cet instrument donne de bons résultats dans l'extraction des cataractes dures.

Si en France la méthode de l’aspiration a été délaissée, en Angleterre au contraire elle a été pratiquée souvent et avec succès par un grand nombre de chirurgiens, parmi lesquels nous citerons Bowman, Teale Samuel Hey, Hueke, Bader, Carter, etc... Nous aurons à revenir dans

le courant de ce travail sur les modifications que ces chi- Ausset, 3

LR = rurgiens ont fait subir aux instruments et sur les résul-

tats qu'ils ont obtenus.

Pour bien montrer la faveur dont jouit cette opération de l’autre côté de la Manche, nous rapportonslastatistique des personnes opérces de cataracte pendant l'année 1879 à

l'hôpital Saint Georges à Londres.

Ser 48 personnes opérées de cataracte, 18 l'ont été par la succion (1).

SEXE CAUSES DATE. et YEUX de — AGE, opérés, l'opération.

3 janvier. F. 8ans, O.D.0.G. Cataracteszonulaires, les cris-

tailins avaient été discisés une semaine avant la succion,

31 janvier. F. 8.ans. 0. G. Succion faite de nouveau pour quelques masses corticales res= tant après une 18 succion, faite le 4 janvier.

28 février. F. 16 ans, O. D Cataracte molle,

21 mars, H. 10 ans. ONG Cataracte traumatique.

21 mars H. 25 ans. O. D. Cataracte développée à la suite d'une ponction de la sclérotique faite pour un décollement de ia rétine.

28 mars. H. 27 ans. 0. G. Cataracte survenue à la suite

: d’une fièvre contractée dans l'Inde. Auparavant discision.

5 avril. H. 14 ans. O0. G. Cataracte traumatique. Discission 14 jours avant l’aspiration,

9 mai. F. 9ans. O, D. O0.G, Cataracteszonulaires discisées lar;ement une semaine avant la succion.

16 mai. H,30 ans. 0. G. Cataracte traumatique. Iridectomie deux semaines avant la succion.

26 mai. F.14 mois. 0. G.

(4) St-Georges hospital Reports, vol. X, p. 338.

80 mai.

6 juin.

41 juillet.

25 juillet.

29 août.

42 septembre.

3 octobre.

41 octobre.

5 décembre, 5 decembre.

F. 59 ans.

F, 39 ans.

F. 39 ans.

H.10 ans.

F. 40 ans.

Masses corticales restées dans l'aire de la pupille après une extraction avec iridectomie faite trois semaines auparavant.

Cataracte traumatique datant de cinq semaines.

Cataracte molle secondaire,

Cataracte survenue à la suite d'une iridectomie taite deux se= maines auparavant.

Masses corticales restées dans l'aire de la pupille à la suite d'une extraction avec iridectomie,

Une discision avait été faite le 26 sept. pour uüe cataracte striée pas encore mûre.

La discision avait été faite le 3 octobre.

O.D.0.G, Cataractes zonulaires.

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