‹ Du Traitement de la Conjonctivite Purulente GonococciqueChapitre 11 sur 15 · IL. — Observations personnelles · texte numérisé non relu

IL. — Observations personnelles

OBSERvATION

Ophtalmie purulente gonococcique double. Cinq injections de vaccin.

Guérison.

(A fait l’objet d'une communication de M. le Professeur Lagrange à la Société de médecine de Bordeaux.)

X..., vingt et un ans, a eu plusieurs urétrites gonococciques. La dernière, mal guérie, remonte à quelques mois. L’écoulementredevient très abondant après les excès de table ou les excès génésiques.

Les premiers symptômes oculaires datent du 29 avril 1914. Le soir, l’œil gauche est un peu injecté; pas de douleurs pourtant ni même de photophobie, mais une légère gêne oculaire que X... constate sans savoir à quoi l’attribuer. Le 30, au réveil, la paupière supérieure gauche est un peu œdématiée. X.. se lave avec une infusion de camomille tiède. Il vient consulter le 4° mai. Les deux yeux sont atteints. Les paupières sont œdématiées, le chémosis commence. Les culs-de-sac conjonctivaux renferment un peu de muco-pus. Les cornées sont intactes. |

La culture sur gélose au sang et les frottis montrent qu'il s’agit bien de gonocoque pur.

La première injection de vaccin est pratiquée le 1° mai, à cinq heures du soir. On fait deux lavages au permanganate à 1/2.000 avec la poire de caoutchouc pendant la nuit. Ils sont suivis d’une instillation d’argyrol au 1/10. On maintient en même temps de la glace sur les paupières.

Le 2 mai, le chémosis est considérable, l'œdème des paupières est énorme, mais il n’y a que très peu de pus. On fait une émission sanguine abondante aux deux tempes sans que l’œdème diminue beaucoup.

Ces pet Dans la journée deux lavages seulement sont nécessaires. Deuxième injection de vaccin.

3 mai. Le chémosis et l'œdème des paupières restent considérables. La suppuration n’augmente pas. Troisième injection.

4 mai. Les phénomènes inflammatoires s’atténuent rapidement; les paupières s'ouvrent d’elles-mêmes. Il y a juste assez de sécrétion conjonctivale pour agglutiner les cils. Deux petits lavages du bord ciliaire avec un tampon de coton suffisent. Quatrième injection.

8 mai. L'état oculaire est excellent. Suppression de la glace. Une cinquième injection de vaccin est faite bien que l’état soit très satisfaisant. La pression sur le canal de l’urètre, trois heures après la miction, n’amène au méat qu’une goutte de mucus. Mais il faut noter que c’est là l'état habituel; la suppuration n’est abondante que transitoirement. Le repos au lit et le régime suffisent pour expliquer sa disparition.

6 mai. Le malade ouvre les yeux sans difficulté. Il n’y a pas trace de pus dans la eonjonctive. Le chémosis a entièrement disparu. On continue à instiller de l’argyrol matin et soir. X... peut être considéré comme guéri.

Le 9 mai il pouvait quitter la clinique. Les conjonctives sont seulement encore un peu rouges. L'absence de sécrétion, la disparition du chémosis et de l’œdème palpébral font considérer la guérison comme ‘un fait accompli.

OBSERVATION Il

Conjonctivite purulente gonococcique double. Cing injections de vaccin.

Guérison.

(A été présentée par M. le Professeur Lagrange à la Société de médecine de Bordeaux.)

C..., vingt-sept ans, est atteint d'une conjonctivite purulente double qui remonte à dix jours environ. Il est porteur depuis le mois de janvier d’une urétrite qu’il n’a pas soignée.

Il a été traité dès le début de son affection oculaire par son médecin . qui lui fait des lavages au permanganate faible (deux fois par jour) et des instillations de nitrate d'argent. Malgré cela l’état de l'œil droit

| resle stationnaire et l’œil gauche se prénd à son tour au bout de huit

jours, le 6 mars. Le même traitement est institué, mais comme la suppuration reste très abondante le médecin dirige son malade sur l'hôpital le 10 mars.

L'étude des frottis faits avec le pus urétral et conjonctival ne permet pas de douter de l’origine gonococcique, bien que les diplocoques soient peu nombreux. On obtient sur gélose au sang une belle culture pure de gonocoques.

L'œdème des paupières n’est pas énorme, le chémosis est léger; les cornées sont entièrement dépolies, surtout dans leur moitié inférieure. Du côté droit on note de petites érosions de l’épithélium cornéen qui assombrissent le pronostic.

Les lavages sont pratiqués à la poire de caoutchouc avec une solution très faible de permanganate (0 gr. 20/1.000) toutes les trois heures. On instille une goutte d’argyrol à 1/10 après chaque lavage.

La première injection de vaccin, le 10 mars, est suivie d’une diminution très notable de la suppuration. è

Après la deuxième injection, le 41, le malade peut ouvrir les yeux, l’œdème palpébral ayant disparu. On remarque en même temps que les cornées se clarifient. C’est le malade lui-même qui appelle notre attention sur ce fait, car il constate l'amélioration rapide de sa vision.

Le 13, le pus est si peu abondant que deux lavages par jour suilisent amplement. Néanmoins deux autres injections sont faites par précaution. Le 20, C..., complètement guéri, quitte la clinique ophtalmologique. Les cornées ont repris leur transparence normale.

L’urétrite a été traitée par la méthode de Janet et les injections d'airol dans l’urètre antérieur. Elle est guérie elle aussi.

OgservaTION III

Conjonctivite purulente gonococcique double. Trois injections de vaccin. Guérison.

D..., quinze ans, garçon épicier, est atteint depuis six jours d’une

ophtalmie purulente double lorsqu'il entre à la clinique, le 19 octobre 1944. IL n’a pas d’urétrite mais a pu être infecté par un camarade plus

Capéran. n)

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âgé que lui qui soigne par le mépris une violente chaudepisse. L’examen des frottis de pus conjonctival et la culture sur gélose au sang confirment le diagnostic. Le gonocoque est abondant et à l’état de pureté.

L’œdème palpébral et le chémosis sont peu accusés; la cornée de l'œil droit présente en bas une petite ulcération superficielle qui se colore par la fluorescéine. La cornée gauche est à peine louche; la suppuration est abondante.

Première injection le 19 octobre. Le lendemain, le pus ne coule plus sur la joue, il en reste seulement quelques filaments dans le cul-de-sac conjonctival.

Deuxième injection le 20. Après cette injection il n’y a plus trace de suppuration. L’œdème palpébral a disparu.

Une troisième injection est faite le lendemain. Les lavages au permanganate très faibles suivis d’instillation d’argyrol sont supprimés dès le second jour. L’ulcération de la cornée ne s’est pas aggravée; elle guérit rapidement et D... peut quitter la clinique pour reprendre son travail le 31 octobre.

OBservaTION IV

Conjonctivite purulente gonococcique de l'œil droit. Sept injections quotidiennes de vaccin produisent une amélioration mais n'amènent pas la quérison.

D..., dix-sept ans, a été inoculé par un camarade atteint de chaudepisse qu’il avait prié de lui extraire un corps étranger du cul-de-sac conjonctival. Le 30 mars, lorsqu'il entre à la clinique, le pus coule très abondamment depuis deux jours.

Les frottis renferment des gonocoques, mais aussi de très nombreuses espèces microbiennes (staphylocoques, pneumocoques, petits diplocoques, bâtonnets) plus nombreux que les gonocoques.

L’œdème palpébral et le chémosis sont très considérables, l’épithélium cornéen est déjà légèrement ulcéré en bas. L’œil gauche est indemne.

On commence les lavages au permanganate très faible toutes les trois

he 2 heures suivis d’instillations d’argyrol à 4/10, et l’on pratique en même temps les injections de vaccin.

Première injection le 6 avril. Le lendemain, l’œdème palpébral a diminué et la nature de la suppuration a été totalement modifiée. Le pus jaune et crémeux est remplacé par un liquide blanchâtre très Îluide, moins abondant.

Ces phénomènes s’accentuent après les injections suivantes, mais la suppression du pus n’est pas obtenue. Sept injections sont ainsi faites sans que l’état du malade s'améliore davantage. Au contraire, l’ulcération atteint les lames cornéennes et s'étend rapidement., Les frottis renferment toujours des gonocoques associés aux mêmes microbes.

. On se décide alors, n’osant dépasser la septième dose et l’ulcère s’aggravant, à revenir aux anciennes méthodes. Le malade est traité par les projections de vapeur chaude sur la conjonctive, thérapeutique qui nous à donné autrefois de très bons résultats mais qui a le tort d’être douloureuse. En quelques jours la guérison est obtenue. L’ulcère évolue ensuite normalement. D... guérit avec un leucome et sort le 10 mai.

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