INTRODUCTION
Les travaux de Nicolle et Blaizot viennent de donner à la vaccination antigonococcique un intérêt tout nouveau et ont permis d'espérer la cure rapide d’une affection terrible par ses complications.
Une des plus redoutables, la conjonctivite purulente gonococcique, est différemment traitée, avec des chances diverses, par les maîtres de l’oculistique. Ceux-ci, prétendant qu'il faut avant tout éviter de maltraiter la cornée, se permettent tout au plus de nettoyer le cul-de-sac conjonctival avec du sérum physiologique. Ceux-là voient dans le nitrate d'argent un remède merveilleux etindispensable, alors que d’autres le considèrent comme un médicament dangereux. Certains croient atteindre sûrement le microbe par des injections sous-conjonctivales antiseptiques et, tout récemment encore, on a proposé de le détruire en faisant supporter à la conjonctive une température de 40°.
Toutes ces méthodes, entre des mains habiles, ont donné d'excellents résultats. Elles ont eu aussi leur part d’insuccès et l'on peut dire que, là comme ailleurs, la diversité des médicalions proposées, leur grand nombre qu'augmentent sans cesse des tentatives nouvelles, montrent combien elles sont peu süres.
Quelle que soit la thérapeutique choisie, la conjonctivite purulente gonococcique reste une affection des plus graves, dont il faut réserver le pronostic.
Que vaut le traitement de Nicolle et Blaizot ? Le vaccin antigonococcique atoxique est-il vraiment une arme qu'il faille ajouter à notre arsenal thérapeutique ? Est-il digne de supplanter les moyens empiriques qui l'ont précédé ou doit-il seulement leur être associé ? C’est ce que nous nous proposons de rechercher.
Notre travail comprendra donc quatre chapitres :
Dans le premier, nous exposerons rapidement l'historique de la question, historique fort court, puisque le vaccin de Nicolle et Blaizot est né d'hier.
Le second chapitre sera consacré à l'étude du vaccin, à la technique qu’on doit adopter pour son emploi.
Le troisième chapitre contiendra le résumé des observations déjà publiées par différents auteurs et le détail de nos observations personnelles.
Dans le quatrième, nous analyserons ces observations, nous discuterons les résultats obtenus, Cette analyse minutieuse nous permettra de discerner si le vatcin a été utile aux malades traités el dans quelle mesure il l’a été.