‹ Du Traitement de la Coxalgie: Curettage Suivi de PlombageChapitre 12 sur 22 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Soins consécutifs. — Immobilisation. — Attitude du membre. — Soins éloignés.

Pendant les pansements, un aide doit maintenir la cuisse en bonne position, de façon à éviter une secousse qui pourrait produire une fracture.

Avant l'opération, dans les jours qui précèdent, on a placé une botte plàtrée remortant au-dessus du genou et à laquelle sont fixées deux bandes, au moyen desquelles on fera une traction continue. Après le premier pansement, on applique par-dessus une bonne attelle plâtrée antérieure ea T ; la branche verticale de l’attelle descendant jusqu’au genou, de facon à recouvrir la partie supérieure de la botte plätrée. Puis l'enfant est porté dans son lit et mis en traction, le membre étant placé en légère abduction.

Au bout de 15 jours ou un mois, l'appareil plâtré définitif est mis en place. Pour cela il suffit de rouler des bandes plâtrées par dessus la botte et l’attelle.

Les deux pièces sont ainsi rendues solidaires. Puis l'enfant est envoyé à la campagne et ramené après cinq ou six mois. Pendant tout ce temps, il est inutile de faire des pansements.

Soëns éloignés. — Après six mois de grand plâtre et d’immobilisation complète, l'enfant est laissé au lit, dépourvu de tout appareil pendant quelques jours. Il est envoyé au bain, quelques frictions alcooliques sont faites sur le membre malade, puis on fait une culotte plâtrée, prenant solidement le bassin et descendant jusqu'au genou et l'enfant est de nouveau renvoyé. Mais cette fois l'immobilisation n'est que relative, l'enfant peut marcher avec des béquilles et prendre un peu d'exercice.

C'est là un des principaux avantages de la méthode. Tandis qu'avec les soins ordinaires, le malade est condamné à près de deux ans en moyenne d'immobilité, soit par la traction continue, soit par le plâtre. Par notre méthode, cette période d'immobilisation ne dure que six mois. L'enfant peut bénéficier d'un peu d'exercice et du grand air ; il est mieux à même de refaire ses forces et de lutter contre la tuberculose et nous croyons que les résultats de la méthode tiennent en partie à cette immobilisation de peu de durée.

Il nous semble difficile et imprudent de traiter les coxalgiques ordinaires en leur permettant la marche, même avec un appareil plâtré et nous tirons argument, en faveur du curage de la hanche, de limmobilisation relativement courte qu’il nécessite. Nous nignorons pas que dans certains traitements

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conservateurs, en particulier dans le traitement de Lorenz, on laisse assez précocement marcher l’enfant avec une simple culotte plâtrée et à l’aide d'une canne ou une béquille, qui n'empêche pas le pied malade d'appuyer sur le sol. Lorenz prétend que le frottement des extrémités articulaires aide à la réaction osseuse et à la production plus rapide de l’ankylose.

Ceci paraît paradoxal et contraire à ce que nous apprend l’évolution de toutes les tuberculoses ostéoarticulaires, dans lesquelles l’ulcération de pression semble jouer un rôle considérable et jusqu'ici incontesté.

A la suite de voyages à Vienne, M. Vignard a essayé dans trois cas la méthode qu'il avait entendu préconiser par Lorenz lui-mème. [1 permit, au bout de quelques mois, la marche à quelques coxalgies d’ailleurs peu douloureuses et qu'il avait eu soin d'immobiliser dans une culotte plâtrée, prolongée par un tuteur métallique allant jusqu’au pied. Un de ces cas est précisément celui de l'enfant D..., qu'il fut obligé ensuite de réséquer pour des lésions désespérées et qui en mourut. Le deuxième fut celui d'une jeune fille de 13 ans, chez laquelle on assista à l'ascension du fémur, à la production d'un gros abcès, et finalement à des phénomènes d'infection tuberculeuse, avec albumine et œdème des jambes, qui entrainèrent la mort de la malade après dix-huit mois environ.

Le troisième cas est celui d’un garçon de 12 ans, présentant un état général excellent, avec énorme

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embompoint. Chez celui-ci la tête fémorale glisse sur une cavité cotyloïde évasée, évidée par en haut, et actuellement, le malade présente un racourcissement de 6cm, la hanche est fixée, son état général est resté parfait, mais on a l'impression que l’exercice lui a été funeste au point de vue orthopédique et fonctionnel.

La méthode de Lorenz peut donner des résultats dans les cas de coxalgie légère, souvent douteuse et chez lesquelles, une immobilisation rigoureuse de quatre à six mois, a amené une amélioration qui ressemble déjà à une guérison.

{Influence sur l’état général. — W est surprenant de voir l’influence de cette opération sur l'état général des petits malades. Il n'y a ici rien de comparable aux suites d'une résection de la hanche ordinaire. Tandis que dans les résections anciennes, les enfants faisaient à grand peine les frais d’une suppuration interminable, avec le curettage suivi de plombage, on voit tout de suite l'état général se relever, Certains enfants ont été opérés, qui avaient de la fièvre, et des oscillations atteignant chaque soir 39°, dès les quinze jours, qui suivaient l’opération, on voyait l’état général s'améliorer et les enfants reprendre de l’embonpoint. Cet heureux résultat reconnaît plusieurs causes. Il est dû en partie à l'évacuation des produits tuberculeux, en partie peutétre à l'influence de l’iodoforme. En somme, il est impossible de comparer les suites opératoires de la résection ordinaire avec les suites opératoires du curettage suivi de plombage.

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