‹ Du Traitement de la Coxalgie: Curettage Suivi de PlombageChapitre 6 sur 22 · AT DR · texte numérisé non relu

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moteur de la méthode. L'heure n'était pas encore venue des résections hâtives. Une asepsie trop imparfaite rendait dangereuses les suites opératoires. On gardait une vaste plaie articulaire béante, qui mettait des mois et des années à se cicatriser, lorsqu'elle y parvenait. On ne pouvait empêcher la repullulation fougueuse et on gardait dans un milieu hospitalier des enfants qui avaient besoin de grand air. Des enfants opérés avec un état général relativement bon ne tardaient pas à s’affaiblir sous l'influence de la suppuration. De plus, ils restaient exposés aux généralisations viscérales.

La réaction fut excessive. On en arriva à proscrire à peu près complètement la résection dans la coxalgie, et à rejeter une grande partie des indications posées par Ollier. Ce revirement fut favorisé par l'apparition des injections modificatrices préconisées par Lannelongue, puis récemment par Calot. On espéra étouffer les produits tuberculeux avec quelques injections. Les résultats restèrent médiocres. Comment guérir avec des injections un malade por-. teur d'un séquestre ? Cette thérapeutique était insuffisante, le traitement de la coxalgie gardait de grosses imperfections.

Récemment, Ménard essayait de faire bénéficier la coxalgie des perfections récentes de l’asepsie et il tentait le curettage précoce dans la coxalgie. L'opération fut pratiquée dix-huit fois. Les résultats n'encouragèrent pas l’auteur à persévérer dans cette voie : « En présence des graves conséquences de la fistulation dans la coxalgie, il nous avait paru oppor-

tun de chercher par tous les moyens, même au prix d'une opération, à éviter ce danger ; ce fut l'origine du curettage intégral de la hanche que j'ai, depuis, à peu près abandonné. La fréquence des fistules ou des abcès consécutifs à cette opération hâtive nous a montré trop peu de différence entre les suites de l'opération suivie de réunion et de l'opération suivie du drainage large ».

Ces constatations contiennent un enseignement précieux. Malgré tous les soins que l’on apporte à une résection, la réunion per primam reste aléatoire et exceptionnelle. C’est que l’hémostase est difficile, la tranche osseuse suinte toujours plus ou moins abondamment, il se forme des hématomes qu'il faut évacuer. De plus, le curettage de la hanche entraîne la formation de cavités que rien ne vient combler et au niveau desquelles se fait un suintement sérohématique. Les pansements nécessités par ce suintement exposent à des infections secondaires presque fatales et l'on arrive ainsi aux accidents mêmes que l’on voulait éviter par l'opération.

Aussi l’année dernière, à la Société de Chirurgie de Lyon, M. Vignard, en présentant un cas d'arthrite tibio-tarsienne, guéri par la résection de l’astragale suivie de plombage, faisait remarquer que « le drainage était destiné dans les arthrites tuberculeuses, moins à éliminer les produits tuberculeux qu'à permettre l'écoulement des liquides sécrétés par les cavités ainsi créées. En outre, la nécessité de nombreux pansements rendait Inévitables les infections secondaires, et pour cette raison encore le drainage était indispensable ».

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