‹ Du Traitement de la Péritonite appendiculaire « Péritoine fermé, paroi ouverte »Chapitre 6 sur 44 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Depuis soixante ans à peine que les chirurgiens connaissent et opèrent l’appendicite, combien de travaux le traitement de sa crise aiguë n’a-t-il pas suscités? Mais même quand le sujet semble rebattu et qu’il paraît impossible qu’il puisse soulever quelqu’intérêt nouveau, même quand on peut penser que tout a été dit sur la question, on peut toujours la voir rebondir. Témoin la longue discussion soulevée en 1931, à la Société de Chirurgie, par la communication de Pierre Duvaz et AMELINE. Cela peut excuser, peut-être, une nouvelle contribution à la thérapeutique chirurgicale de l’appendicite aiguë. |

En pareille matière, il ne peut plus y avoir discussion sur l’opportunité de l’intervention précoce, sur la règle de l’ablation indispensable — et en totalité — de l’organe enflammé. Mais comment terminer l’opération?

Drainage? ou fermeture complète, sans drainage?

On sait si le sujet a été débattu. Il suffit de rappeler jes publications d'OMBREDANNE en faveur de la fermeture systématique et les rapports sur le drainage de Capenar et Parer, au Congrès français de Chirurgie de 1927. D’année en année, les deux écoles sont de part et d’autre soutenues par des champions d’égale bonne foi. Parmi les thèses récentes, voici par exemple, celle de

SFR

Werquix, prônant la fermeture, favorisée par l’emploi de la vaccinothérapie locale, et celle de OHARBONNIER, qui milite en faveur de la non fermeture et du large drainage du péritoine et de la paroi.

Une aussi flagrante opposition laisse penser que les auteurs ne parlent pas toujours la même langue et traitent de cas non superposables.

Il est délicat de prétendre catégoriser les faits, alors qu’il existe d’insensibles formes de passage. On peut pourtant reconnaître deux grandes classes d’appendicites aiguës :

1° L’inflammation, reconnue à son début, opérée sans retard, est encore au stade d’endo-appendicite, avec réaction à peine ébauchée de la séreuse: l’organe enlevé, le ventre refermé, la guérison s’effectuera, comme pour une appendicite à froid.

2° L'’infection a dépassé les limites de l’organe, il y, a péritonite appendiculaire. C’est ici que la logique et la prudence poussent l’opérateur à ces larges drainages, que recommandent tous les livres.

La conduite à tenir serait donc assez nette: fermer sans drainage les endo-appendicites, sans réaction importante du péritoine; laisser ouverte la paroi et drainer largement la fosse ïliaque, dans les péritonites appendiculaires évidentes. Maïs les choses ne sont point aussi simples.

Les lésions ne sont point toujours faciles à apprécier, l’évolution de la réaction péritonéale demeure l’inconnue; de sorte que, dans la pratique, des chirurgiens également qualifiés ont des lignes de conduite très différentes. Tel opérateur, venant d’enlever un appendice apparemment peu malade, draîne néanmoins, en raison

de

de la présence de sérosité louche; tel autre referme de

propos délibéré, même si l’appendice était gangrené, avec des fausses membranes fibrineuses alentour; et combien d’autres, en pareïlle occurence, ont l’habitude de recourir à un moyen terme, en suturant la paroi, mais en laissant dans le péritoine un drain, dit de sécuité.

Faut-il ainsi toujours être hanté par la péritonite possible? Ou redouter toujours des accidents imputables à la béance de la paroi, lorsque l’abdomen n’a pas été refermé? Une autre ligne de conduite n’est-elle pas possible ?

C’est ce que, dans ce travail, nous tenterons d’examiner, en nous fondant sur treize observations inédites qu’a bien voulu nous confier notre. maître, Monsieur le Professeur Moureue-Morines. |

Après avoir brièvement rappelé les reproches dont est passible le drainage péritonéal; après avoir examiiné les dangers auxquels expose la fermeture plus ou moins complète de la paroi abdominale, nous nous efforcerons de montrer qu’il est possible de concilier ces méthodes opposées, d'éviter les risques que l’une et l’autre présentent, d’emprunter à chacune ses avantages, en ayant pour conduite habituelle de traiter la péritonite appendiculaire, péritoine fermé — paroi ouverte.

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