I. — G. 11 ans, ayant depu:s douze mois une otite
suppurée droite. Vers le 15 mars 1891, emphàtement audessous des deux oreilles, surtout à droite; le 4‘avril, vomissements, délire. Le 7 avril il était pâle, faible, restait les yeux fermés et criait au moindré contact ; devant et au dessous des deux oreilles, large empàtement fluctuant, plus étendu à droite, et dont la compression faisait sortir une grande quantité de pus par le conduit anditif droit. Le soir, en arrière de l'oreille, incision qui donne issue à une grande quan-' tité de pus; forage de l'apophyse mastoïde, ‘et mise à nu sur une surfa’e d'au moins un pouce de la dure mère couverte de granulations; sinus impossible à reconnaître. Une incision faite au cou pour découvrir la jugulaire tomba d'abord sur un gros ganglion, qui fut enlevé, puis dans une cavité d’abcès où lon reconnut bien la carotide et le pneumogastrique, mais non la
SR, 7 ia veine ; du reste une sonde longeant le paquet vasculaire arrivait jusqu'à la base du crâne. La plaie fut suturée et drainée. La tumeur du côté gauche fut également ouverte mais sans qu'on allàt plus loin. I y eut un collapsus post-opératoire prolongé. Le 8 avril, on nota de la névrite optique double, plus marquée à droite. A partir de ce jour l'amélioration fut extré- mement rapide; à la fin du mois les plaies étaient fermées et dès le 20 avril, il n'y avait plus de névrite optique. RTE pe \
(es Femme de 27 ans, ayant depuis son enfance un écoulement par l'oreille g gauche. Vers le 10 mars 1891, elle ressentit des douleurs dans Je côté gauche de la tête et de la Re et le 17 eut des vom ssements et un frisson. Le 18, jour de l’adinission, sensibilité à la pression de la mastoïde gauche avec surdité absolue de. ce côté ; le 19 et le 20, pendant la nuit, frisson. Le 20 au soir, trépanation de la mastoïde gauche dure et résistante, sans trace d’antre, à un demi-pouce en arrière du méat auditif. A la partie postéro- -inférieure de la couronne du trépan, une petite partie du sinus est mise à nu. Une large communication est assurée avec l'oreille moyenne etun drain placé dans la plaie. Crachats abondants sans signes d° infarctus pulmonaire. Pendant six Jours, la température se maintint au-delà de 100 Fahrenheïit, avec un frisson tous les soirs : le 26, la communication entre la perforation mastoïdienne et oreille moyenne est élargie et le sinus exploré fut trouvé bleuâtre, mou, animé de battements, non entouré
ee, | line de produits inflammatoires. Il est protégé par un pansement antiseptique et la communication mastoïdoauriculaire largement assurée. Malgré tout, la température resta la même, et les frissons revinrent; du reste aucun symptôme de métastatique ou de névrite optique. Le 28, une large couronne de trépan est appliquée au-dessus de l'ouverture déjà faite, sans que l'exploration du toit de la cavité tympanique fasse découvrir rien d'’anormal. Le sinus paraissant gris et ne battant pas, la jugulaire, qu'on trouva remplie de sang, fut liée et coupée entre deux ligatures, puis la paroi sinusienne peu à peu detruite ; pendant ces manœuvres il s'écoula par Ja partie supérieure de l'ouverture une petite quantité de pus. Le sinus ouvert contenait un caillot, mais se mit cependant à saigner, surtout par son bord supérieur, hemmorrhagie facilement arrêtée par un tamponnement à la gaze bichlorurée ; un drain fit communiquer la cavité mastoïdienne et le conduit auditif externe, et huit heures après l'opération le tamponnement put être supprimé sans retour de l'hémorrhagie. Depuis l'état du malade s'améliora rapidement ; la température resta encore élevée quelques jours, il. y eut quelques signes fugitifs de névrite optique doublé; le 26 avril un fragment osseux nécrosé fut retiré de la plaie et le drain mastoïdo-auriculaire laissé jusqu'au début du mois de mai.
RS Po
OBSERVATION XVIII (Clutton)
A succesful case of ligature of internal jugular vein and trephininq lateral sinus in an ear case, whilst the symploms of pyæmia were well pronounced. — The British medical Jorvrnal, 18992, Le pr 807.
G..., 10 ans, ayant eu au mois de mai un écoulement de l'oreille droite, à la suite de l’influenza, fut pris, le 27 novembre 1891, d'une vive douleur dans cette oreille et dans la tête. Le 2 décembre, crise épileptiforme, suivie au bout de quelques heures d'un frisson avec température de 105°, frisson qui se répéta les jours suivants. Apparition et augmentation d'une tumeur au niveau de l'angle du maxillaire, à droite. Douleurs persistantes dans l'oreille droite et dans la tête, de ce côté. Le 7 décembre, au soir, on découvre un empâtement profond et douloureux au niveau du cubitus gauche. Ce même jour, on met à nu la jugulaire, qui est à vide à parois épaisses; on la sectionne entre deux ligatures au tendon de Kanguroo, et le bout supérieur est ainené à l'angle de la plaie cutanée. Ce bout incisé contenait l'extrémité mobile d'un caillot adhérent plus haut. Etant donnée la faiblesse du patient, on remet à plus tard les temps ultérieurs de l'opération; et, le 10 décembre, une couronne detrépan. fut appliquée à un pouce en arrière et à 1/4 de pouce au-dessus du centre du conduit auditif externe; du
LEP RES pus s'écoula de l'ouverture de l'os. Le sinus latéral, à nu, fut piqué avec un trocart, et trouvé plein de pus. On l’ouvrit alors largement ; on y introduisit l’extrémité d'une seringue et-J'on balaya d'un courant anltiseptique tout le trajet sinuso-jugulaire, après ablation de la ligature placée sur le bout supérieur de la veine. Incision de la tuméfaction inflammatoire siégeant autour de l'extrémité supérieure du cubitus. Dès l'intervention, les douleurs et la température cessèrent, mais pour reparaître dans la nuit du 12 décembre, en rela- {ion avec une arthrite du cou-de-pied gauche, qui, apparue depuis quelques jours, arrivait à suppuration, et fut largement ouverte. De ce jour, la guérison marcha régulièrement. Il ne reste plus qu'une légère suppuration de l'oreille droite, en rapport avec des granulations qui seront enlevées sans difficulté.