SERRE
vu un bon nombre qui ne s’accompagnaient point d’abcès cérébraux. :
Il est du reste de règle que ces deux dernières complications, abcès encéphalique et phlébite des sinus ne surviennent que secondairement à une pachyméninge externe, intermédiaire à peu près obligé entre eux et la lésion causale.
Lorsque la pachyméningite externe s’accompagne de phlébite des sinus, celle-ci n'en devient pas moins l'élément principal, capital du pronoslic.
Entrevue par Abercombie, André, par Lancereaux, Sentex, Brouardel, la phlébite des sinus est, à la suite de lésion auriculaire infectieuse, un peu moins fréquente que l’abcès encéphalique, sans qu'on puisse bien préciser la quotité et les causes de cette différence. En Angleterre, elle paraît singulièrement commune: Newton Att dit que de 1870 à 1890, on a fait à Guy’s Hospital 57 autopsies d'individus morts à la suite de complications d’otites ; 22 avaient de la phlébite du sinus latéral. Les annales de l'hôpital Saint- Thomas contiennent l'histoire de 3 cas de phlébite du sinus latéral, en 1889 ; en 1890, l’histoire de 7 cas. À Saint-Bartholomew’s Hospital, sir Dyce Duckworth en a soigné plusieurs en 1889 ; en 1889 également, trois ont été observés au West London Hospital. Tous ces faits, plus une vingtaine de cas opérés, et que lon trouvera plus loin, ont été observés à Londres pendant ces trois dernières
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années. Ballance n'hésite pas à attribuer à cette affection, dans celte ville, un décès par semaine. Il est bien peu probable que cette proportion soit la même dans les autres grandes villes. En Allemagne, on rencontre encore dans les périodiques quelques observations de phlébile des sinus; en France, les journaux spéciaux n’en contiennent que peu ou pas. Est-ce parce que cette complication y est particulièrement rare.
Est-ce plutôl parce qu'on la considère comme thérapeutiquement peu intéressante et au dessus des ressources de l’art : en tout cas, les seules observations récemment publiées, à notre connaissance, sont celles de M. Chauvel, terminées par la guérison singulfèrement exceptionnelle à la suite de phlébite des sinus. Jusqu'à ces dernières années même, on considérait comme illusoire tout espoir de terminaison heureuse (thèse de Sentex, 1865 : thèse de Marty, 1873), lorsque la phlébite était manifeste. La transformation du caillot en tissu conjonctif n’est, en effet, guère à espérer et l’on peut dire que malgré les sangsues et tous les révulsifs, les cas qui guérissaient n'étaient point pour la plupart des cas de phlébite proprement dite, mais de pyohémie sans phlébite, où la dose d’agent infectieux pénétrée dans les veines était beaucoup moindre, et ne se mullipliait pas si, vour une raison ou pour une autre, le pus produit par la nécrose osseuse trouvait à s'écouler, soit par le conduit auditif, soit par une fistule mastoïdienne,
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