ECHECS DU TRAITEMENT PAR LE BISMUTH
Aussi puissant que soit un médicament, il est des cas où l’organisme résiste à son action. Ainsi pour le mercure, ainsi pour l’arsenic, et le bismuth suit ses aînés, de loin, dans cette voie. |
D’après ce que nous avons pu remarquer dans les observations VII, VIIL et IX, et d’après les auteurs, ces échecs auraient lieu surtout dans les manifestations tertiaires et quaternaires de la syphils.
M. Clément-Simon signale, en effet, un cas de syphilome recto-vulvaire qui, entre les mains de plusieurs syphiligraphes, à résisté à tous les traitements possibles et qu’il n’a guère modifié avec le bismuth.
Il cite également un échec dans un cas de douleurs angineuses, dans la leucoplasie linguale et dans un cas d’épilepsie, chez un garçon de 10 ans, avec stigmates de syphilis héréditaire.
Les périodes jeunes de la syphilis ne sont pas cependant à l’abri de cette résistance au bismuth, car MM. Lortat- Jacob et Roberti donnent l’observation d’une malade soignée par un traitement imtense à l’hydroxyde de bismuth, pour syphilis secondaire, chez laquelle des plaques muqueuses apparurent en cours de traitement. Après sept
LASRET
injections de 2 centimètres cubes, soit 1 gr. 12 de bismuth en vingt jours, la malade était couverte de plaques muqueuses. -
M. Clément-Simon rapporte deux autres cas en ces termes :
(Une malade soignée à cause d’une réaction de Bordet- Wassermann positive, sans manifestations cliniques autres qu’une leucomélanodermie du cou, présenta, après la onzième injection une névrite optique suraiguë qui aboutit à une atrophie définitive à droite, tandis que les lésions de l’œil gauche, beaucoup moïns violentes, s’atténuaient pour disparaître bientôt.
Chez une autre malade, atteinte de roséole syphilitique, nous vimes se développer, au cours du traitement bismuthique, une méningomyélite syphilitique qui, malgré l’emploi consécutif du novarsénice, se termina par la mort.
Pour ces deux malades, qui avaient été traitées par l’hydroxyde de bismuth à raison de 0 gr. 10, deux fois par semaine, la question d’accidents toxiques provoqués par le bismuth fut posée et la discussion conclut à de véritables accidents syphilitiques évoluant malgré le traitement. »)