‹ Du traitement de la syphilis par le bismuth: Quelques Observations et Résumé de l'État actuel de la QuestionChapitre 7 sur 31 · À — SYPHILIS PRIMAIRE · texte numérisé non relu

À — SYPHILIS PRIMAIRE

Dans leur cas de syphilis primaire, MM. Sazerac et Levaditi ont remarqué la rapidité d’action du bismuth sur les tréponèmes et la cicatrisation du chancre: un chancre de douze jours, traité par le tartrobismuthate de K et Na insoluble en suspension huileuse fut cicatrisé en cinq Jours.

Nous ne pouvons apporter d’observation en confirmation de ces effets heureux du bismuth dans la syphilis primaire, car tous nos malades à cette période furent traités soit par le mercure, soit par l’arsenic, médicaments qui ont fait leurs preuves, mais nous citerons les faits les plus démonstratifs des auteurs qui ont étudié l’action du traitement sur un nombre de malades assez important et contribué à en parfaire l’application.

MM. L. Fournier et Guénot, chez plus de deux cents malades traités, les uns au citrate de bismuth en injections intra-musculaires de 0 gr. 20 tous les deux jours, lés autres au tartrobismuthate de K et Na insoluble en suspension huileuse, en injections intra-musculaires de

a ce

0 gr. 20 à 0 gr. 30 tous les trois jours, par série de dix injections, ont obtenu en général:

1° La disparition des tréponèmes de la surface du chancre vingt-quatre heures après la première injection, au plus tard après la denxième injection;

2° La cicatrisation des chancres érosifs en quelques jours, des chancres moyens en huit et quinze jours;

3° La disparition des ganglions plus rapide qu’avec tout autre traitement. ;

Des faits de même ordre sont rapportés dans les différentes thèses concernant le sujet : Smilyanitch (thèse) donne un cas de cicatrisation onze jours après le début du traitement, deux cas de cicatrisation treize jours après le début traitement; Wallon (thèse) cite un cas de cicatrisation en treize jours, un deuxième en six jours, un troisième en sept Jours.

Les résultats d’autres auteurs viennent confirmer les précédents: ainsi, M. Nicolas, à la clinique dermatologique de l’Antiquaille, obtint, avec le. trépol et l’émétique de bismuth, d’abord la disparition rapide des tréponèmes «et des cicatrisations en huit et douze jours.

M. Clément-Simon a constaté la disparition du tréponème après la première et après la deuxième injections, la cicatrisation après la quatrième injection.

De la concordance de ces faits, les auteurs ont tiré les conclusions suivantes que nous pouvons admettre:

1° La disparition des tréponèmes est généralement complète après la deuxième injection;

2° La cicatrisation du chancre se produit du huitième au quinzième jour après le début du traitement: varia-

#10 = tions en rapport avec l'étendue de l'érosion et le volumé de l’induration.

Après la guérison de l’accident primaire, quelle est l’évolution de la maladie, est-ce une guérison durable ou seulement un retard dans l’apparition des lésions secondaires ?

Il est difficile de savoir si cette guérison se maintiendra, car pour cela il faudrait suivre les malades traités pendant toute leur existence et, d’autre part, le traitement par le bismuth est trop récent pour que l’on puisse formuler rien de précis au sujet de son action sur l’avenir de la syphilis.

Cependant, nous devons prendre bonne note des constatations faites par Démelin et Smilyanitch, consignées dans leurs thèses, et de celles de MM. Fourcade, Jaloustre et Lemay: « Aucun des malades traités par le bismuth pour un accident primaire, dit Démelin, n’a présenté dans la suite d’accidents secondaires. L'évolution de la syphilis semble enrayée cliniquement. »

Dans un cas aucun accident secondaire n’a été remarqué au bout de trois mois d’observation après la guérison du chancre et, dans ün autre cas, aucune manifestation secondaire six mois après la guérison du chancre (Smilyanitch, thèse).

« Dans tous les cas que nous avons pu suivre dès la période du chancre, nous n’avons jamais observé l’apparition d'accidents secondaires, et cette constatation nous paraît d’une importance capitale, tant au point de vue de l'individu que de la prophylaxie sociale. » Telle est l’opinion de MM. Fourcade, Jaloustre et Lemay, qui résume, pensons-nous, celle de tous les auteurs quant à l’action favorable du bismuth sur la syphilis primaire.

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