DISCUSSION DES OBSERVATIONS
Si nous jetons un regard d’ensemble sur nos observations nous pouvons remarquer dans la presque totalité des cas la parfaite tolérance du traitement simultané. L’injection intramusculaire a été pour la grande majorité des malades supportée sans réactions locales.
Nous n’avons pas constaté d'accidents. Il est vrai que notre expérimentation est restée jusqu’à présent assez restreinte. Nous avons eu autrefois l’occasion de voir une crise nitritoïde à la suite d’une injection d’arsenic trivalent strictement intramusculaire.
Nous ne pouvons donc pas affirmer l’innocuité d’une telle thérapeutique. Mais il nous est possible dès à présent d’en affirmer l'efficacité.
Notons tout d’abord les avantages du traitement simultané. Nous avons rappelé déjà l’électivité de l’arsenic sur le foie, celle du bismuth sur le rein. Les accidents causés par l’arsenic et le bismuth ne sont pas superposables. La dépression que donne le bismuth
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est avantageusement combattue par l’action tonique de l’arsenic. Le bismuth est plus que l’arsenic dans la possibilité de filtrer à travers les méninges et attaque même les repères nerveux du tréponème.
Il est classique de dire que la gingivite bismuthique est améliorée par l’arsenic. Nous rappellerons à cette occasion le détail d’une de nos observations où ayant vu une malade faire une gingivite après 5 injections de bismuth, nous l’avons soumise au traitement arsenical pendant une semaine; après deux injections d’arsenic simple nous avons associé du bismuth; la gingivite n’a pas réapparu, et nous avons pu continuer sans ennui le traitement conjugué.
Il est une règle devenue générale disant que le traitement arséno-bismuthique n’a vraiment d'intérêt que s’il consiste dans l’administration simultanée de 914 et de bismuth aux mêmes doses que si chacun de ces médicaments était employé seul.
Nous avons pu voir chez nos malades des résultats aussi intéressants avec des doses isolément inférieures aux doses courantes maxima, mais avec un traitement continu en nous servant d’arsenomyl et de myobi. Au lieu de faire des doses de 13 à 15 cgr. de bismuth métal chaque fois, nous avons fait seulement 5 cgr. «1 bien qu’au total en trois mois nous avons injecté de 0 gr. 75 à 1 gr. 25 de Bi-métal alors qu'avec le
traitement classique mixte il est injecté une dose
totale en deux mois de 1 gr. 25 de bismuth suivi d’un mois de repos.
Si les doses totales de bismuth sont à peu près égales les doses d’arsenic ont pu devenir nettement supérit ures, c’est ainsi qu'en trois mois nous avons pu faire une dose totale de 10 à 12 gr. d’arsenic alors que le traitement classique au novar permet de faire de 6 à 7 gr. en deux mois suivi toujours du mois de repos.
En préférant la voie musculaire il nous semble que nous soumettons nos malades à une thérapeutique moins choquante. Nous n'injectons pas une dose supérieure à 0 gr. 70 alors que la dose maxima du novar est de 0 gr. 90 et même pour certains 1 gr. 05 chez des sujets résistants.
Avec le traitement classique on voit le Bordet- Wasserman devenir négatif une semaine après la première ou la deuxième série de novar-bismuth. Avec le traitement uniquement par voie intramusculaire nous avons obtenu des résultats superposables, mais nous semble-t-il un peu plus rapides.
A l'observation I nous voyons une négativation sérologique après un mois et demi de traitement ;
pour l’observation II, un mois ;
pour l’observation III, un mois et huit jours ;
pour l’observation IV, négativation à la fin du premier MOIS ;
pour l'observation V un mois. Ces observations